Le tour de force

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Roberto Heras a frappé d'entrée et tout le monde a mal. L'Espagnol s'est imposé en solitaire à l'occasion de la 6e étape jeudi à Aramon Valdelinares, lors de la première arrivée au sommet. Le tenant du titre endosse le maillot or de leader. Seul Denis Men

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Crédit: Eurosport

Et si Roberto Heras était à la Vuelta ce que Lance Armstrong fut, sept années durant, au Tour de France? Difficile en tout cas de ne pas établir la comparaison entre le grimpeur espagnol et son ancien leader après cette sixième étape. La manière dont Heras a étrillé la concurrence, écartant un à un ses principaux adversaires pour finalement assommer la course dès la première grande étape de montagne, rappelle inévitablement la méthode du Texan sur la Grande Boucle.
Parfaitement mis sur orbite par une équipe Liberty Seguros qui s'est comportée en patronne, le triple vainqueur de l'épreuve a produit une très forte impression dans la montée vers Aramon Valdelinares. Marcos Serrano, Joseba Beloki et Michele Scarponi se sont d'abord relayés pour dynamiter la course, laissant notamment sur le carreau Paolo Bettini, Santiago Botero, Leonardo Piepoli ou Oscar Sevilla.
Menchov y était presque
Lorsque Heras prit lui-même les choses en main, à moins de trois kilomètres du sommet, il ne restait plus autour de lui que Francisco Mancebo, Carlos Sastre, Denis Menchov, David Blanco et Carlos Garcia Quesada. Devant, le malheureux Jakob Piil, dernier survivant de la principale échappée du jour, où figura un long moment le Français Eric Leblacher (Crédit Agricole), s'apprêtait à voir passer la mobylette.
Sur une nouvelle accélération du patron, seul Menchov fut en mesure de suivre. Le Russe n'avait plus qu'à accompagner Heras jusqu'à l'arrivée pour retrouver le maillot or, qu'il n'avait conservé qu'une journée le week-end dernier après sa victoire dans le prologue. Malheureusement pour lui, le coureur de la Rabobank coinça à son tour peu avant la flamme rouge, ouvrant la porte à un magistral coup double de Roberto Heras: succès d'étape plus maillot de leader.
Premier succès depuis un an
Vu l'ahurissante succession de difficultés qui attend le peloton dans les deux semaines à venir, il serait osé d'affirmer que le Tour d'Espagne est déjà plié. A l'évidence, Heras s'affirme cependant plus que jamais comme l'immense favori. Lui qui n'avait plus connu le goût de la victoire depuis... la Vuelta 2004, il y a tout juste un an, semble transfiguré chaque fois qu'il retrouve sa course fétiche.
Son principal adversaire se nomme donc désormais Denis Menchov. L'ancien maillot blanc du Tour de France n'est qu'à six secondes au général, mais son aptitude à tenir la distance sur trois semaines reste incertaine. Derrière, les écarts sont déjà conséquents. Carlos Sastre, désormais troisième dans la hiérarchie, se trouve à plus d'une minute. Il a limité les pertes, tout comme Paco Mancebo, arrivé en même temps que lui.
McGee s'effondre
Pour tous les autres, le déficit cumulé est sans doute, déjà, trop important pour viser autre chose qu'une place d'honneur à Madrid. Mais il y a perdant et perdant. Si certains ont coincé, d'autres se sont noyés. On pense notamment aux Phonak. Venue avec de grandes ambitions, l'équipe suisse a perdu Floyd Landis. Epuisé mentalement, l'Américain a abandonné.
Oscar Pereiro et Santi Botero, les deux autres ténors de la maison jaune et verte, furent quant à eux parmi les premiers favoris distancés. Autre victime de ce grand ménage, Bradley McGee. L'Australien de la Française des Jeux ne se faisait guère d'illusions, il avait raison. Lâché dès l'Alto de San Rafael, avant même l'ultime col, il a rendu au final plus de cinq minutes en même temps que sa belle tunique. Pour lui comme pour tant d'autres, il est temps de revoir les objectifs à la baisse...
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