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Bataille royale

Bataille royale
Par Eurosport

Le 26/08/2006 à 10:45Mis à jour

Il y a longtemps que la Vuelta n'avait bénéficié d'un tel plateau. Tenant du titre, le Russe Denis Menchov fait face à une concurrence féroce, incarnée par les Espagnols Alejandro Valverde, Carlos Sastre, Oscar Pereiro, ou par le Kazakh Alexandre Vinokour

. LA COTE DES FAVORIS
5 étoiles: Valverde, Sastre
4 étoiles: Menchov, Vinokourov
3 étoiles: Pereiro, Kashechkin, Mayo
2 étoiles: Zubeldia, Fothen, Di Luca, Dessel, Contador, Rasmussen
1 étoile: Gomez Marchante, Kohl, Danielson, Karpets, Gusev, Rebellin, Perez, Beltran, Piepoli, Martin Perdiguero

Après sa déconvenue du Tour de France, Alejandro Valverde veut frapper un grand coup sur la Vuelta et démontrer qu'il n'est pas le leader du Pro Tour sans raison. Victime d'une fracture de la clavicule, l'Espagnol ne compte cependant que deux jours de course depuis sa reprise mi-août. Trop peu pour être en forme à temps? Pas sûr. Loin d'être à 100%, le Murcien a fait un retour encourageant à San Sebastian. 3e en 2003 et 4e en 2004, sa fraîcheur et un parcours semblant taillé sur mesure pourraient jouer en sa faveur.

Un vrai grand spécialiste des courses de trois semaines. Dauphin de Denis Menchov l'an dernier, Carlos Sastre reste surtout sur un Tour de France très convaincant, achevé à la quatrième place. L'Espagnol de l'équipe CSC a même été dans le coup pour la gagne dans les Alpes. Sans doute le meilleur grimpeur du lot. Il connait rarement de jour sans. Autre avantage, il possède un groupe solide pour l'épauler. Reste à connaitre son état de fraicheur physique, mais la remarque vaut également pour certains de ses rivaux.

Déclaré vainqueur de l'édition 2005 après la disqualification de Roberto Heras, le Russe vient défendre son titre. Sixième du dernier Tour de France, où il a été avant les Alpes, à la lutte pour la victoire, il est logiquement l'un des grands favoris. Il peut compter sur une équipe solide avec les deux Michael, Rasmussen et Boogerd, pour l'emmener en montagne. Denis Menchov aura surtout envie de remporter la Vuelta sur le terrain, cette fois. Mais le Russe se sent aussi moins fort que l'année dernière, physiquement et mentalement.

Alexandre Vinokourov avait fait du Tour de France son unique priorité cette saison. Son équipe Astana écartée après l'opération Puerto, le Kazakh s'est rabattu sur la Vuelta. Revanchard, Vino débarque en Espagne avec une équipe bâtie pour lui. A 32 ans, il court toujours après une victoire dans un grand Tour et tient sans doute là l'une de ses dernières opportunités. Cependant, en manque de compétition, il ne cache pas que la balade ibérique lui sert avant tout de mise en jambes avant les Mondiaux de Salzbourg.

Même si les deux hommes ont été officiellement nommés co-leaders de l'équipe, la présence d'Alejandro Valverde complique les choses pour un Oscar Pereiro qui avait fait de la Vuelta sa priorité de la saison. Après sa performance sur le Tour de France, qu'il remportera peut-être sur tapis vert, l'Espagnol a changé de statut. Mais il y a surtout laissé des forces et arrive fatigué au départ de Malaga. L'expérience et la confiance acquises cet été pourraient cependant lui être d'un très grand secours pour faire la différence.

Ecarté du Tour de France comme toute l'équipe Astana, Andrey Kashechkin arrive en forme pour ses premiers pas sur la Vuelta. Le jeune Kazakh reste sur deux podiums consécutifs en août dans des épreuves Pro Tour, lors du Tour d'Allemagne et sur la Clasica San Sebastian. S'il semble en mesure de jouer une place au général, il devra cependant se mettre avant tout au service de son leader, Alexandre Vinokourov. Intrinsèquement, il a toutefois largement les moyens de figurer dans le Top 10, voire mieux...

Iban Mayo, c'est une des énigmes de cette saison. Inexistant pendant plus d'un an, l'Espagnol a signé son retour au premier plan lors du critérium du Dauphiné Libéré avec une victoire sur l'étape-reine de la Toussuire. De bon augure avant le Tour de France... où il a finalement abandonné avant même les Pyrénées, lors de la 11e étape! L'air du pays, où il a remporté la majorité de ses succès, et cet arrêt prématuré pourrait lui servir sur cette Vuelta. Aidé par son équipier Haimar Zubeldia, Iban Mayo a une revanche à prendre. Sur lui-même, pour son équipe et pour son public.

Toujours placé, rarement gagnant. Cela pourrait être la devise de l'Espagnol. Sans coup d'éclats ni efforts, Zubeldia parvient toujours à suivre les meilleurs. C'est ce qui lui a permis de terminer 9e du dernier Tour de France. A priori, il devrait oeuvrer pour Iban Mayo sur cette Vuelta mais en cas de défaillance de son leader, il aura une carte à jouer. Bon grimpeur, c'est un candidat au Top 10, voire au podium, s'il ne connaît pas de défaillance lui-même. D'autant que les deux chronos sont courts et qu'il n'est pas mauvais rouleur...

Le grand espoir du cyclisme allemand a frôlé le maillot blanc du meilleur jeune sur le Tour de France, qu'il n'a abandonné qu'à trois jours de l'arrivée au profit de Damiano Cunego. Bon grimpeur, bon rouleur, Markus Fothen a le profil d'un futur candidat au podium sur le Tour. Pour sa première Vuelta, il affirme ne pas nourrir d'ambition particulière au classement général. Il vivra au jour le jour. Mais s'il tient le coup physiquement, le leader désigné de l'équipe Gerolsteiner pourrait avoir un coup à jouer.

Chef de file malgré lui sur le Tour de France, Cyril Dessel est bien cette fois le leader annoncé d'Ag2r sur le Tour d'Espagne. La dernière révélation du Tour de France (7e et meilleur Français) va devoir prouver qu'il est capable de briller hors de ses frontières. Il sera bien entouré pour cela par les Espagnols de l'équipe, Jose Luis Arrieta et Mikel Astarloza. Depuis le Tour, Dessel a poursuivi sur sa lancée de juillet en remportant haut la main le Tour de l'Ain avant de s'accorder un peu de repos. Sûrement bénéfique.

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