On ignore si Samuel Sanchez est superstitieux, ou s'il possède un chiffre porte-bonheur. S'il n'en avait pas, on lui suggère de choisir le 13. Le Basque de l'équipe Euskaltel avait signé la plus belle victoire de sa carrière l'an dernier, du côté de La Bien Aparecida. C'était la 13e étape, le 9 septembre 2005. Un an plus tard, quasiment jour pour jour, il a récidivé vendredi à Cuenca en signant son deuxième succès dans son tour national. Encore lors de la 13e étape...

Au-delà de ce clin d'oeil, il confirme son excellente saison, déjà émaillée de plusieurs succès, comme sur le Tour du Pays Basque (deux étapes), ou sur le Tour des Asturies. Samuel Sanchez avait également brillé au printemps, enchainant notamment une quatrième place sur Paris-Nice et une deuxième sur la Flèche Wallonne. Tout en haut du Mur de Huy, le natif d'Oviedo avait flirté avec sa première grande classique, ne butant que sur l'imbattable Alejandro Valverde. Cette fois, à Cuenca, même "El Imbatido", est resté derrière.

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Pour s'offrir cette très belle étape, Sanchez a filé en force dans la sinueuse descente de l'Alto del Castillo, à moins de dix kilomètres de l'arrivée. Un peu plus tôt, dans la montée, pentue et pavée, qui aurait presque méritée d'être classée au-delà de la 3e catégorie comme ce fut le cas, le peloton avait complètement explosé. Comme prévu, ce terrible raidard a donc joué son rôle de juge de paix. Le peloton avait d'ailleurs fait en sorte de gober les échappés (dont Davide Rebellin et Michael Boogerd) avant de l'aborder.

Valverde grignote

Danilo Di Luca, puis Alejandro Valverde en personne se sont alors chargés de dynamiter la course. Au sommet, dans la roue du maillot or, il ne restait plus que les très costauds, comme Carlos Sastre, Alexandre Vinokourov, Paolo Bettini... et Sanchez. D'autres, en revanche, auraient pu laisser des plumes dans l'affaire. On songe à Jose Angel Gomez Marchante, Janez Brajkovic ou même Andrey Kashechkin, qui n'avaient pu suivre le rythme. Heureusement pour eux, les 12 derniers kilomètres, tous en descente, et la mauvaise entente régnant devant (Vinokourov n'avait pas envie de rouler), leur ont permis d'opérer la jonction.

Sur la ligne d'arrivée, le peloton maillot or comptait ainsi une petite trentaine d'unités, dont tous les gros bras du classement général. Seul Sergio Paulinho, le coéquipier de Vino et Kashechkin chez Astana, n'a pu reprendre le bon wagon. Il concède plus d'une minute au final, mais n'avait de toute façon pas l'intention de peser sur les débats dans la dernière semaine. Peu concerné par ce type de préoccupation, Samuel Sanchez n'avait lui que l'étape en tête. Après une première tentative avortée de Luis Perez (Cofidis) dans la descente, il plaça l'accélération décisive. Avec moins de 10 secondes de marge sous la flamme rouge, le coup n'était pourtant pas gagné d'avance, mais Sanchez en avait gardé suffisamment sous la pédale pour le dernier petit faux-plat.

Dommage pour Thor Hushovd. Le Norvégien avait fait l'effort de revenir dans la descente. Il était, de loin, le meilleur sprinter du lot dans le groupe de tête. Il lui aura manqué moins d'une seconde pour enlever sa deuxième étape. Pour la quatrième fois depuis le départ de Malaga, le Norvégien du Crédit Agricole se contente de la deuxième place. Juste derrière lui, Valverde, troisième, nourrit nettement moins de regrets. En s'arrachant dans le sprint, le Murcien glane huit secondes de bonification, qui lui permettent de conforter son maillot or. Avant le chrono de samedi, exercice dans lequel il n'est pas toujours à l'aise, c'est toujours ça de pris...

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