Alejandro Valverde avait fait un très beau triomphateur de la campagne de classiques ardennaises au printemps. Au crépuscule de l'été, il sait, aussi, se montrer beau perdant. Deuxième de la Vuelta, son meilleur résultat sur l'épreuve après sa troisième place en 2003 et sa quatrième un an plus tard, l'Espagnol a trouvé la force de sourire dimanche sur le podium, à Madrid. Il n'a pas oublié non plus de rendre hommage au seul homme capable de le devancer sur ces trois semaines de course, Alexandre Vinokorov. "Il faut le féliciter. C'est un très beau vainqueur".

Valverde ne fait pas non plus un vilain dauphin. Le duel entre les deux hommes aura pimenté cette édition 2006, au point d'en faire une des Vueltas les plus relevées de ces dernières années. Le Murcien avoue d'ailleurs avoir pris beaucoup de plaisir. "C'était un beau Tour d'Espagne il me semble, très excitant à disputer et, je l'espère, à regarder. Il y a eu beaucoup de rythme, d'attaques et de retournements de situation. Je crois que les fans ont aimé. Surtout, les médias n'ont enfin parlé que de cyclisme et ça fait du bien ."

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Cap sur Salzbourg

Reste que la star de l'équipe Caisse d'Epargne était venue pour gagner, histoire d'effacer les stigmates de sa déception du Tour de France. Comme Vinokourov, lui aussi avait une revanche à prendre sur le sort, pour des raisons différentes. Une victoire à Madrid lui aurait permis de mettre aux oubliettes sa fracture de la clavicule sur la Grande Boucle. Elle l'a, peut-être, privé d'un podium, voire mieux. Valverde a cependant affiché lors des trois dernières semaines certaines lacunes qui auraient sans doute été rédhibitoires au mois de juillet. Elles le furent en tout cas en septembre.

Comme en 2003 et 2004, il a fini moins fort la Vuelta qu'il ne l'avait débutée. Il réfute pourtant l'argument du fléchissement physique. "Je n'étais pas moins fort que lors des deux premières semaines, assure-t-il, sans forcément convaincre son auditoire. Si j'avais été moins fort, je n'aurais pas pu terminer quatrième à la Sierra de la Pandera." Selon lui, c'est Vinokourov qui, en montant considérablement en puissance au fil des jours, a pu donner l'impression que lui-même accusait le coup. "Au final, je ne suis pas loin de la victoire et je n'ai rien à regretter. Je ne pouvais rien faire de plu s."

Cette deuxième place, en dépit de la frustration légitime qu'elle peut susciter, augure tout de même d'un avenir intéressant. Quatrième et troisième des deux chronos individuels, Alejandro Valverde est en passe de faire une force ce qui fut longtemps sa grande faiblesse. Et à 26 ans, rien ne dit qu'il soit encore à son summum. Cette Vuelta qui le fuit, il peut donc espérer l'épingler un jour. D'ici là, il voit poindre une échéance bien plus proche, dans une semaine à peine, avec le Championnat du monde. Sur l'exigeant circuit autrichien de Salzbourg, il mènera l'équipe d'Espagne. "Je ne crois pas que je paierai les efforts consentis ici", espère le leader incontesté du pro Tour. En Autriche, il redeviendra peut-être El Imbatido.

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