. TOUR D'ESPAGNE - 17e ETAPE

Quel coup de théâtre! Alexandre Vinokourov avait beau martelé ces derniers jours que la Vuelta n'était pas finie, que les occasions de mettre Alejandro Valverde en danger ne manquaient pas d'ici l'arrivée à Madrid, on avait du mal à abonder dans le sens du Kazakh. Tout cela sentait bon la méthode Coué. Le maillot or semblait solidement ancré sur les épaules du Murcien, intraitable leader dont la marge de manoeuvre (1'42") constituait un matelas plutôt confortable à ce stade de l'épreuve. On avait tort. Vino avait raison.

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Mercredi, sur la route de Grenade, il a complètement piégé Valverde, lui reprenant 1'39" sur la ligne d'arrivée. Avec les 12 secondes de bonification de sa deuxième place, le compte est bon. Pour neuf secondes, Vinokourov devient le nouveau patron de la Vuelta. Sidérant. Tout a basculé dans l'Alto de Monachil, col de première catégorie, dont le sommet était situé à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée. Une seule accélération, brutale, de Vinokourov a laissé Valverde, et accessoirement Carlos Sastre, sur place. Mais on était alors loin de s'imaginer que Valverde vivait ses dernières minutes aux commandes de ce Tour d'Espagne.

Le piège parfait

Devant lui, Vino a pu compter sur le soutien de son lieutenant de luxe et de choc, Andrey Kashechkin, qui avait attaqué un peu plus tôt, en compagnie de Gomez Marchante. Mais avait-il vraiment besoin de qui que ce soit? Le flamboyant leader de l'équipe Astana, dont on connaît le punch quand ses jambes tournent ronds, n'a jamais semblé aussi puissant. Pourtant, au sommet, au prix d'un effort d'une violence inouïe, Valverde avait quasiment opéré la jonction, basculant avec une poignée de secondes de retard. Le maillot or croyait avoir fait le plus dur. Erreur. Il venait de signer son arrêt de mort.

Dans la descente, une fois revenu sur Kashechkin et Gomez Marchante, Valverde eut la désagréable surprise de constater que Vinokourov n'était plus là. Il venait juste d'en remettre une couche. L'Espagnol, lui, n'avait plus rien dans le moteur. Kashechkin n'allait pas rouler avec lui. Evidemment. Gomez Marchante non plus, au grand dam de Valverde, privé de soutien. Le piège, parfait, venait de se refermer. Pour la première fois depuis près de trois semaines, on vit alors le Murcien s'agacer, perdre le contrôle de la situation. A 10 kilomètres de l'arrivée, l'écart grimpa jusqu'à la demi-minute.

Danielson, l'allié de rêve

Le final ne fut qu'un interminable chemin de croix pour Alejandro Valverde, alors que le groupe Sastre fondait sur le sien. Déchaîné, Vinokourov allait porter le coup de grâce en trouvant un nouvel allié de circonstance en la personne de Tom Danielson. L'Américain de chez Discovery, dernier rescapé de l'échappée fleuve du jour, a-t-il passé un pacte avec Vino? Possible. En tout cas, il a roulé comme un damné pour relayer ce dernier... qui ne lui a pas contesté la victoire d'étape. Tant mieux pour Danielson qui confirme à 28 ans qu'il a peut-être l'étoffe d'un grand leader.

La question ne se pose à l'évidence pas pour Vinokourov, auteur d'un des tours de force de la saison. Le constat est cruel pour le pauvre Valverde, incapable de chasser derrière Samuel Sanchez, parti chercher à deux bornes de la ligne les huit secondes de bonification de la troisième place. Déchu de son piédestal, aura-t-il les ressources, physiques et surtout mentales, pour renverser le cours d'une histoire bien mal embarquée? Après tout, il ne compte que neuf secondes de retard avant d'escalader la Sierra de la Pandera jeudi. Mais comment se relever aussi vite après un tel coup de massue?

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