Vincenzo Nibali l'a bien mérité. Attaqué comme on pouvait s'y attendre par le courageux Ezequiel Mosquera, le Sicilien n'a jamais paniqué et a su gérer son effort à la perfection pour finalement conserver assez facilement son maillot rouge de leader. Peu après le sommet du Puerto de Navacerrada, le leader de la formation Liquigas aurait pourtant pu tout perdre. Au moment d'obliquer sur la droite vers Bola del Mundo, Nibali et Mosquera étaient en effet comme seuls au monde. La concentration de l'Italien contrastait alors avec l'extrême motivation affichée par son rival espagnol apparemment bien décidé à tout tenter pour le faire craquer. Derrière eux, Peter Velits, Joaquin Rodriguez, Frank Schleck et Nicolas Roche s'expliquaient presque anonymement pour les accessits laissant ainsi le duel attendu sceller le sort d'une Vuelta passionnante.
Dès les premiers mètres de cette route d'un autre temps, inédite sur la Vuelta, le vétéran espagnol, qui avait déjà fait le forcing quelques hectomètres plus bas, s'est dressé sur les pédales et a accéléré au train. Rapidement, Vicenzo Nibali a cédé du terrain. A 2,5 kilomètres du terme de cette effrayante ascension, le maillot rouge comptait déjà 12" de retard sur le protégé d'Alvaro Pino. Un peu plus haut, il était repoussé à 20". A ce rythme, beaucoup s'imaginaient sans doute que le grimpeur galicien allait enfin être récompensé de sa persévérance et de son courage. C'était sans compter sur l'habileté d'un Nibali à gérer son ascension sans se mettre dans le rouge. Ayant apparemment tiré les enseignements de son coup de bambou de Cotobello, le maillot rouge a su conserver une allure soutenu sans pour autant se faire exploser.
Pas de regrets pour Mosquera
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Le triplé pour Moncoutié
18/09/2010 À 15:59
Avec en point de mire permanent un Mosquera s'échinant à effacer les pentes terribles qui se dressaient devant lui d'un coup de pédale volontaire, Vicenzo Nibali n'a jamais rompu. Mieux, il a profité des derniers hectomètres pour revenir sur son rival et finir, soulagé, dans son sillage. Plus de trois mois après avoir pris une prometteuse troisième place sur un Giro où il s'était dévoué pour Ivan Basso, le Sicilien s'impose donc dans cette Vuelta qu'il a couru comme un vieux briscard. S'il n'était ni le meilleur grimpeur, ni le meilleur rouleur de ce Tour d'Espagne, Nibali était à coup sûr le coureur le plus complet et le plus intelligent. A 24 ans, ce succès de prestige résonne comme la promesse d'une carrière riche qui devrait bientôt le voir croiser le fer contre Alberto Contador et Andy Schleck.
Son rival malheureux ne nourrira sans doute pas de regrets. Régulièrement à l'attaque lors des étapes de montagne, Ezequiel Mosquera montera dimanche à Madrid sur le podium de la Vuelta pour la première fois de sa carrière. Sa victoire au sommet du Bola del Mundo, sa première sur le Tour d'Espagne, vient également récompenser la générosité qu'il a affichée tout au long des trois semaines de course. Particulièrement montagneuse cette année, la course au maillot rouge a réservé cette son lot de surprises et de rebondissements. Peter Velits, qui n'a pas cessé de surprendre sur cette Vuelta, est parvenu à préserver sa troisième place devant Joaquin Rodriguez et Frank Schleck. Désormais presque comme chez lui sur la péninsule ibérique, David Moncoutié, encore à l'attaque au cours de cette 20e étape, sera sacré dimanche meilleur grimpeur pour la troisième fois consécutive. L'an prochain, le Lotois qui a prolongé avec Cofidis devrait être encore au départ de la Vuelta. Nibali, qui rêve maintenant du Tour de France qu'il a sacrifié cette saison, n'y sera pour sa part pas forcément. Mais chaque chose en son temps...
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