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Avant Madrid, tout reste possible : Pourquoi Simon Yates n'a pas encore gagné la Vuelta

Pourquoi Yates n'a pas encore gagné la Vuelta

Le 15/09/2018 à 12:26Mis à jour Le 15/09/2018 à 12:28

TOUR D'ESPAGNE – A deux étapes de l'arrivée, Simon Yates est bien parti pour remporter cette Vuelta 2018. Au sommet de la Rabassa, vendredi, le Britannique de la Michelton-Scott n'a même jamais eu autant d'avance sur ses poursuivants. Pourtant, rien n'est encore fait. Car la 20e étape s'annonce monstrueuse. Et, après tout, Simon Yates n'est pas à l'abri d'une défaillance, comme lors du Giro.

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Un grand tour n'est jamais joué avant son terme. Oui, c'est un cliché mais, comme bon nombre de clichés, il renferme une part de vérité. Pourtant, au soir de la 19e étape du Tour d'Espagne, Simon Yates n'a jamais été aussi prêt de remporter une course de trois semaines. Jamais il n'avait porté le maillot de leader aussi tard (il avait craqué lors de la 18e étape sur le Giro en mai dernier), jamais il n'a compté autant d'avance de toute la Vuelta… Et pourtant, je ne m'aventurerai pas à dire que la Vuelta a d'ores et déjà délivré son vainqueur. Pas encore.

Peut-être – et même sûrement – que Simon Yates ramènera le maillot rouge à Madrid. C'est à l'heure où l'on parle le scénario le plus probable si l'on tient compte des jambes qu'avait le Britannique dans la montée finale de la Rabassa et celles de ces poursuivants. Mais la vérité d'un jour n'est pas toujours celle du lendemain, surtout sur deux terrains aussi différents. Si la 19e étape n'offrait qu'une seule ascension en 154km, la 20e en comptera six... en 97km. Pour l'actuel maillot rouge, c'est sans nul doute l'étape qu'il a le plus à craindre, celle où ses adversaires auront le moins à perdre et celle où les grandes manoeuvres pourront être lancées de loin.

Vidéo - Le profil de la 20e étape : Cinq cols pour un bouquet final dans les Pyrénées

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Vuelta 2015 et Giro 2018 dans toutes les têtes

Après tout, si cela n'est pas souvent le cas, il arrive qu'un grand tour soit renversé lors du dernier week-end. Rappelez-vous le dernier Tour d'Italie. En mai, alors qu'il avait dominé tout le monde pendant deux semaines, Simon Yates avait craqué d'un seul coup, à trois jours de l'arrivée, sur la route de Jafferau. Ne vous attendez pas pour autant à voir le Britannique répéter une telle défaillance. Depuis le début de la Vuelta, je trouve qu'il a retenu les leçons du printemps. Il en fait moins et court plus intelligemment. Ce vendredi, il s'est montré de loin pour la première fois pour établir de grosses différences. Des écarts toutefois pas encore définitifs à l'entame de cette terrible 20e étape et, ça, Simon Yates "ne le sais que trop bien. Tout peut changer en une journée".

Une étape encore plus difficile que la 20e de la Vuelta 2015 dont le schéma se rapprochait un peu de celui à venir ce samedi. Il y a trois ans, Fabio Aru avait alors déboulonné Tom Dumoulin, en lançant la grande bagarre de très loin. Une offensive en forme de "quitte ou double" que bon nombre de leaders vont sans doute tenter samedi. Je vois mal Miguel Angel Lopez (Astana) ne pas chercher à renverser la table, tout comme la Movistar. Si elle a beaucoup perdu ce vendredi, je n'imagine pas qu'il ne tente pas le tout pour le tout vers la Gallina. Pour l'instant, Alejandro Valverde est toujours sur le podium mais je doute que la formation espagnole mise tout sur une course d'attente jusqu'à la montée finale.

Alejandro Valverde, Vuelta a España 2018

Alejandro Valverde, Vuelta a España 2018Getty Images

Andorre, un enfer souvent humide

En alignant le trio Valverde-Landa-Quintana sur le Tour de France puis le duo Valverde-Quintana sur le Tour d'Espagne, la Movistar ne pouvait que viser la victoire finale. Or, pour l'heure, elle ne compte qu'une 2e place sur la Vuelta, fortement menacée à l'aube du dernier grand rendez-vous. Si elle ne peut se permettre de tout perdre, la formation espagnole ne peut pas non plus se contenter de si peu. Certes, 1'38'' de retard pour Valverde sur Yates semble être un écart impossible à combler. J'aurais d'ailleurs eu beaucoup de mal à envisager que le Murcien puisse reprendre autant au Britannique en une étape... si cela n'avait pas été sur celle-ci.

"Demain est un de ces jours où tout peut arriver", résume parfaitement Valverde. Globalement, les arrivées en Andorre font souvent beaucoup de dégâts ces dernières années sur la Vuelta. Je me rappelle des carnages lors de l'arrivée à la Gallina en 2013, un jour où Nibali et Horner avaient repoussé Valverde et Pinot à plus de quarante secondes, et celle de Cortals d'Encamps en 2015, où Aru avait repris 37'' à Rodriguez ou encore 1'37'' à Dumoulin et Chaves.

Bref, les écarts s'y comptent plus souvent en minutes qu'en secondes. Et, avec six ascensions au programme, la 20e étape s'annonce encore plus dantesque que d'habitude, d'autant que les coureurs auront moins de 100 bornes à parcourir. Si les orages et les pluies annoncés venaient, en plus, perturber la course, c'est un enfer qui attendra les coureurs. Un enfer susceptible de tout bouleverser, susceptible de déloger Simon Yates.

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