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Pour Higuita, demain c'est déjà aujourd'hui

Pour Higuita, demain c'est déjà aujourd'hui

Le 12/09/2019 à 19:44Mis à jour Le 12/09/2019 à 22:30

TOUR D'ESPAGNE - Arrivé sur la Vuelta après cinq mois seulement passé en World Tour, Sergio Higuita (Education-First) a remporté une victoire de grande classe sur la 18e étape jeudi. Un nouveau cap logique pour un talent qui vient ajouter son nom à la longue liste des jeunes coureurs qui secouent le peloton mondial depuis quelques mois.

Bernal, Evenepoel, Pogacar, Van Aert, Van der Poel. Difficile de se faire un nom parmi la vague qui déferle sur le cyclisme mondial. En remportant la 18e étape de la Vuelta, Sergio Higuita n'est pas tout à fait devenu l'égal de ces pépites au talent peut-être sans limite, mais à 22 ans, pour son premier Grand Tour, quatre mois après avoir découvert le World Tour, il a déjà levé les bras sur une course de trois semaines en résistant au retour de Valverde, Roglic ou encore Lopez. De quoi se faire, quand même, une place parmi la "NextGen" cycliste.

Vidéo - Higuita a résisté, Lopez a tenté, Bouchard a engrangé : les temps forts de la 18e étape

07:59

Venu sur la Vuelta pour aider Uran

En venant sur la Vuelta, Sergio Higuita pensait apprendre. Lancé dans le grand bain d'une course de trois semaines pour sa première saison en World Tour, le natif de Medelin devait travailler pour Rigoberto Uran, lequel comptait bien jouer un rôle dans la lutte pour le podium. Une chute sur la 6e étape mettait fin à cet espoir et envoyait valser tous les plans d'Education First.

Trois jours plus tard, Higuita prenait la 7e place de l'étape d'Andorre. Dans le même temps que Miguel Angel Lopez, une autre pépite colombienne qui, elle, tarde à passer un cap. Deux semaines plus tard, il triomphe sur l'étape-reine de la dernière semaine avec quatre cols de première catégorie et au terme d'un numéro en solitaire de plus de cinquante kilomètres. "Notre équipe a vécu un début de Vuelta très difficile, rappelle Higuita. Remporter cette victoire pour l'équipe et pour mes coéquipiers a été une source de motivation énorme dans les derniers kilomètres." De quoi valider la vision de Jonathan Vaughters, son manager chez EF, qui ne voulait pas laisser passer cet énième talent colombien.

Issu d'une famille très modeste de Medelin, Sergio Higuita a porté le maillot de sa formation actuelle pour la première fois… le 12 mai dernier. C'était sur le Tour de Californie, un coup de maître. Quelques mois plus tôt, Vaughters tombe d'accord avec le coureur pour qu'il rejoigne son équipe mais ce dernier, soucieux de ne pas brûler les étapes, demande à débuter la saison dans une équipe moins huppée. La Fondation Euskadi l'accueille et ne le regrette pas. Sixième du Trofeo Ses Salines, quatrième au Trofeo de Tramuntana, meilleur jeune du Tour de Valence, 7e de la Ruta Del Sol et enfin 3e au Grand Prix Miguel Indurain et 4e à la Klasika Primavera, Higuita bluffe son monde. Suffisant pour que Vaughters le rapatrie deux mois plus tôt que ce que le prêt d'une demi-saison prévoyait.

Né au Tour de Californie

Higuita va donc débuter sur le Tour de Californie, où Education First se présente avec un duo Uran-Van Garderen censé jouer la gagne face à Bennett (Jumbo-Visma) et Porte (Trek-Sagfredo). La semaine ne se passe pas tout à fait comme prévu puisque la nouvelle génération prend le pouvoir. Tadej Pogacar vainqueur à 20 ans devance Higuita et ses 21 printemps et Asgreen, 24 ans. Sergio Higuita s'est donc rapidement fait une place parmi ceux qu'on voit briller "demain".

Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) vainqueur de la 6e étape du Tour de Californie 2019 devant Sergio Andres Higuita Garcia (EF Education First)

Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) vainqueur de la 6e étape du Tour de Californie 2019 devant Sergio Andres Higuita Garcia (EF Education First)Getty Images

Demain, c'est aujourd'hui. Oui, le Colombien a profité d'une échappée pour se trouver en bonne position mais quand il a accéléré à 52 kilomètres du but sans autre soutien que ses jambes et son cœur avec seulement 1'40'' d'avance sur les favoris, le coup paraissait compliqué. "J'ai pris un risque et dans le dernier col j'avais vraiment de bonnes jambes, expliquait-il après l'étape. Quand je me suis retrouvé tout seul dans le final avec cet avantage, j'ai essayé de le maintenir au maximum. […] Je n'avais plus beaucoup d'énergie mais avec le cœur j'ai réussi à aller au bout." Avec le cœur et du talent, beaucoup de talent.

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