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"Une Vuelta pour le grand-père ?" : Valverde regarde devant mais surtout derrière

"Une Vuelta pour le grand-père ?" : Valverde regarde devant mais surtout derrière

Le 08/09/2019 à 23:13Mis à jour Le 09/09/2019 à 09:30

TOUR D’ESPAGNE - Seul favori à passer à l’attaque dimanche, Alejandro Valverde n’a pas réussi à décramponner Primoz Roglic, mais il a sans doute réussi l’entreprise qu’il cherchait : distancer ses concurrents pour consolider sa place de dauphin. A 39 ans, le Murcian est le plus fort derrière la Slovène sur cette Vuelta, mais peut-il sérieusement lui contester la victoire ?

Contre qui se bat Alejandro Valverde ? Contre un Primoz Roglic sans faille, insubmersible depuis deux semaines ? Ou contre tous ceux qui menacent sa deuxième place, Pogačar, Lopez et Quintana en tête ? A priori, le Murcian a choisi ses adversaires, et ils sont derrière lui au classement.

Interrogé à l’arrivée de la 15e étape, le vainqueur de la Vuelta 2009 ne semblait pas dépité de ne pas avoir su lâcher la sangsue rouge, qui a immédiatement sauté dans sa roue à 6 kilomètres de l’arrivée. “Si je n'avais rien pris, l’attaque aurait été inutile, mais 40 secondes sont de bonnes secondes. Je me suis bien entendu avec Roglic, nous avons creusé et pris un avantage certain sur nos rivaux”, s’est félicité Valverde. Comme s’il s’était déjà résigné à rattraper le maillot rouge, et qu’il ne regardait désormais que dans le rétroviseur.

Ambitieux mais pragmatique

Peut-on lui en vouloir ? Écrasant vainqueur du chrono, le Slovène n’a pour l’instant montré aucun signe de fatigue. Il reste peu d’étapes de haute montagne, et ses 2’25 d’avance sur son dauphin apparaissent chaque jour un peu plus comme un écart insurmontable. Valverde veut son podium, et il y tient : il faut remonter au Giro 2016 pour le retrouver sur la boite. Sur la Vuelta, il n’a plus connu ça depuis l’édition 2014.

Pragmatique, Valverde ? Sans doute, mais lucide aussi. A 39 ans, il se connaît par cœur et tient une des meilleures formes de ses dernières années. Vainqueur de la 7e étape devant… Roglic, il avait été avec Pogačar le meilleur sur le chrono derrière la fusée slovène. Quatrième en Andorre dimanche dernier et à Los Machucos vendredi, il laisse une impression presque irréelle : celle de monter en puissance au fur et à mesure de ce Tour d’Espagne, alors que ses jeunes poursuivants - Pogačar et Lopez en tête - semblent lui céder du terrain.

Vidéo - Première pour Kuss, Roglic insubmersible : les temps forts de la 15e étape

06:40

Chez Movistar, la hiérarchie est claire

Avec Quintana encore distancé au Sanctuaire del Acebo, Valverde a définitivement éteint une guerre interne qui tourne souvent à l’avantage du Colombien sur les grands tours : c’est lui le leader de Movistar. Avec 2’44’’ d’avance sur son coéquipier à l’aube de la troisième semaine, “El Imbatido” tient les reines de son équipe sur “sa” Vuelta, où il a remporté 14 de ses 127 victoire professionnelles.

Son âge avancé peut questionner mais il semble lui apporter aussi une certaine sagesse tactique. Certes, Valverde n’a pas encore dit son dernier mot pour la victoire finale : “Une Vuelta pour le grand-père ? Grand-père ne dit jamais son dernier mot", a-il lancé avec amusement. Mais il l’a aussi senti : Roglic est pour l’instant trop fort pour lui. A bientôt 40 ans, difficile de lui en vouloir d’assurer une place de dauphin, car à part lui, personne n’en est sans doute capable.

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