Un an après, Primoz Roglic remet ça. Déjà vainqueur du Tour d’Espagne 2019 devant Alejandro Valverde, le Slovène va très probablement s’offrir dimanche l’édition 2020. Mais contrairement à la saison dernière, le leader de la Jumbo-Visma a cette fois souffert jusqu’au bout. “C'est toujours mieux d'avoir un final excitant mais j'aimerais bien que ça tombe sur quelqu'un d'autre que moi”, se plaignait-il presque à l’arrivée. C’est vrai qu’en deux ans, Roglic a dû lutter jusqu'au dernier jour pour accrocher le podium du Giro 2019, avant de perdre le Tour à la veille des Champs-Elysées en septembre dernier. Le Slovène n’a cette fois pas perdu sa place de leader mais son avance sur Richard Carapaz s’est réduite encore un peu plus (24’’). Mais, si le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège 2020 souffre autant en fin de Grands Tours, c’est aussi parce qu’il construit ses succès sans écraser la concurrence.

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Plus rapide au sprint que tous ses adversaires directes, doté d’un punch supérieur, Primoz Roglic n’a jamais raté l’occasion d’aller gratter quelques secondes par-ci, par-là. Ses trois succès en ligne lui ont évidemment permis d’accumuler trente secondes, mais il est aussi allé en chercher lorsque la victoire d’étape n’était plus accessible, à l’image de l'étape de Lekunberri (2e). Au total, ce sont tout simplement 48 secondes que le Slovène de la Jumbo-Visma a glanées sur cette Vuelta. Soit le double du retard final de son dauphin, Richard Carapaz, qui n’en aura lui accumulé que 16 tout au long de ces trois semaines de course. Si les bonifications n’avaient pas existé, ce qui a par exemple été le cas sur le Tour de France entre 2008 et 2014, c’est un autre maillot rouge qui défilerait dimanche dans les rues de Madrid.

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Le chrono pour se donner de la marge

De la même manière, c’est bien Richard Carapaz qui figurerait au palmarès de ce Tour d’Espagne 2020 s’il n’y avait pas eu ce contre-la-montre entre Muros et le Mirador de Ézaro. Car si c’est bien dans le chrono que Primoz Roglic avait perdu le Tour de France en septembre dernier, le Slovène de la Jumbo-Visma reste l’un des meilleurs coureurs du monde dans l’exercice, surtout parmi ceux visant le classement général des Grands Tours. Avec un seul contre-la-montre au programme de cette Vuelta et des adversaires peu à l’aise face au chrono comme Carapaz et Carthy, Roglic n’avait pas le droit de se rater. Et il ne l’a pas fait en repoussant l’Equatorien à 49’’. Soit, là encore, plus du double de son avance au terme de la 17e étape sur le leader d’INEOS Grenadiers, qui aura pourtant réussi le meilleur chrono de sa carrière.

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Jumbo-Visma, moins souveraine mais toujours supérieure

Connaissant ses qualités, Richard Carapaz a d'ailleurs tout tenté en montagne, là où il se sera clairement montré supérieur à Primoz Roglic, pour tenter de renverser le Slovène. Mais, contrairement à Roglic, l’Equatorien n’aura jamais eu une équipe pour le seconder, chose assez rare chez les INEOS Grenadiers pour le souligner. A peine a-t-il pu compter sur Amador, et parfois Van Baarle, en montagne. Tout le contraire de Roglic. En plus des inamovibles Sepp Kuss, George Bennett et Robert Gesink, le Slovène a pu compter également sur Lennard Hofstede et Jonas Vingegaard, bluffants dans les cols.

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Une force collective qui a moins impressionné que sur les routes du dernier Tour de France mais si Roglic a réussi à ne pas couler en montagne face à Carthy et Carapaz, c’est en grande partie grâce à ses équipiers. Et le Slovène en est conscient. “Je n'ai pas vraiment douté, assurait-il au sommet de la Covatilla. Mais, à la fin, il y a toujours des moments où il faut garder le contrôle. Et, encore une fois, l'équipe a réalisé un très bon travail, ils ont roulé à toute allure dès le départ. Je voudrais vraiment remercier toute l'équipe”. Comme depuis un an, la formation Jumbo-Visma a impressionné par sa maitrise des évènements pour s’offrir un deuxième Grand Tour en un an. Et terminer une année 2020 si particulière de la plus belle des façons.

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