Tour d'Espagne - Tempête sur Roglic ou rien du tout : qu’attendre de la 15e étape vers El Barraco ?

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VUELTA 2021 – Avec quatre cols sans réelle vallée et une arrivée qui n’est pas au sommet, la 15e étape qui mènera les coureurs de Navalmoral de la Mata à El Barraco a tout sur le papier pour offrir une course de folie si les coureurs veulent bien y mettre du leur. Mais, à y regarder de plus près, il semble pourtant improbable qu’il se passe quoi que ce soit.

Primoz Roglic (Jumbo-Visma) devance Enric Mas (Movistar), Egan Bernal (INEOS Grenadiers) et Jack Haig (Bahrain-Victorious) au sommet du Pico Villuercas, sur la 14e étape de la Vuelta 2021

Crédit: Getty Images

Sur le Tour d’Espagne, la chose est plutôt rare. Un gros enchainement de cols n’est déjà pas si courant sur les routes du dernier Grand Tour de la saison, encore moins en dehors des Pyrénées et des Asturies, mais en voir un sans arrivée au sommet fait presque figure d’incongruité pour la Vuelta. Et pourtant, c’est le menu que les organisateurs ont concocté aux coureurs, avec quatre cols au programme mais un arrivée 5,4 kilomètres après le sommet de la dernière ascension du jour. De quoi conclure en beauté cette 2e semaine jusqu’ici riche en animations mais pas vraiment en écart au général. Et il est bien possible que cette 15e étape soit dans la droite lignée des précédentes.

Un seul col présente de vrais pourcentages…

Sur le papier, l’enchainement est pourtant des plus alléchants. Comme samedi, l’étape débutera par 70 kilomètres de plats qui devraient permettre à l’échappée du jour de se former. Il vaudrait mieux d’ailleurs qu’elle parte vite, comme lors de la 14e étape pour éviter une course de folie qui l’empêcherait d’aller au bout. Car la suite de l’étape sera bien plus compliquée. Tout commencera avec l’Alto de la Centenera (1re cat) et ses 15,1km à 5,5%. Rien de bien effrayant ? C’est pourtant le col le plus difficile de la journée, le seul à présenter de vrais pourcentages avec notamment 5km à 7% dans la deuxième partie de l’ascension. Une rampe de lancement qui aurait été idéale si l’on n’était pas à plus de 110 kilomètres de l’arrivée… C’est pourtant là qu’il faudra durcir, déjà, pour espérer mettre des leaders en danger par la suite.
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Stage 15 profile: Navalmoral de la Mata – El Barraco

Video credit: Eurosport

Des trois cols suivants, un seul atteint les 5% de moyenne, le Puerto de Mijares, et il les dépasse à peine avec ses 20,4km à 5,4%. La plus longue montée de la journée et sans doute, par son positionnement à 38km de l’arrivée, la seule susceptible de voir les favoris se lancer dans une offensive d’envergure. Mais sa pente ne dépasse jamais les 7%, exception faite du premier kilomètre, ce qui semble bien peu pour voir de véritables grimpeurs comme Enric Mas et Miguel Angel Lopez (Movistar) ou Egan Bernal et Adam Yates (INEOS Grenadiers) passer à l’attaque. Et ce ne sont pas le Puerto de Pedro Bernardo (2e cat, 9km à 4,2%) ou le Puerto San Juan de Nava (3e cat, 8,6km à 3,8%) qui leur offriront un meilleur terrain de jeu. Alors doit-on vraiment croire que l’on assistera à une grande bagarre dimanche, alors qu’il s’est passé si peu de choses samedi ? Peut-être.
Car, si l’on ne sera pas si le terrain le plus de cette Vuelta 2021 – on est bien d’accord – c’est parfois sur ce type de terrain que l’on assiste aux courses les plus folles et aux plus gros renversements de situation. On se rappellera ainsi qu’en 2015, Tom Dumoulin perd le Tour d’Espagne à la veille de l’arrivée sur une étape de ce genre, bien que plus difficile tout de même, sans gros pourcentages et où l’on ne pensait pas possible de le renverser. Nous ne sommes pas l’avant-dernier jour, Roglic n’est pas le Dumoulin d’alors et ce n’est pas la fatigue de l’étape de samedi qui pèsera dans les organismes. Mais la chaleur des jours précédents oui. Alors il conviendra, au minimum, d’être prudent. Surtout qu’il n’est pas impossible qu’une équipe tente sa chance malgré tout.
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Jack Haig sur la Vuelta 2021.

Crédit: Getty Images

"La clé c’est la Bahrain-Victorious, nous disait notre consultant Jacky Durand. Si elle veut mettre le bazar de loin, on ne sait jamais. Mais j’ai peur qu’on se concentre trop sur elle justement et que personne ne bouge. Et puis, est-ce que la Bahrain-Victorious voudra bouger ? Il faudrait pour cela que Jack Haig vise mieux que le top 5 dont il fait partie actuellement (4e virtuel des favoris, à 1’59’’ de Roglic) et je pense qu’il est déjà bien content d’être là. Si la Bahrain-Victorious venait à mettre le bazar, il faudra qu’il assume derrière". La Movistar aurait pu lui emprunter le pas, d’autant que Lopez comme Mas semblent en capacité d’attaquer, mais les forces vives manquent du côté des Espagnols après les abandons de Valverde et Jacobs et la blessure d’Oliveira. Chez INEOS Grenadiers, c’est presque l’inverse avec Yates et Bernal qui ne semblent pas au meilleur de leur forme. Dans ces conditions, il ne faudra pas s’étonner s’il ne se passe pas grand-chose une nouvelle fois dimanche. Mais, à force de retarder la grande bagarre et de toujours repousser la prise de risque au lendemain, les favoris font finir par s’en mordre les doigts. Sauf Roglic, bien sûr.
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