Vuelta 2022 - A qui correspond Las Praeres ? La QuickStep peut-elle être en difficulté ? La 9e étape en questions

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TOUR D’ESPAGNE 2022 – Un véritable voyage en enfer. Voilà ce qui sera proposé aux coureurs ce dimanche avec la terrible montée de Les Praeres. Une montée empruntée en 2018 mais encore assez méconnue du peloton. Mais qu’est-ce vraiment que cette ascension ? A qui ses pentes correspondent-elles ? Voici les six questions que l’on se pose avant cette étape dominicale.

La Vuelta Stage 9 profile and route map: Villaviciosa to Les Praeres

Video credit: Eurosport

Les Praeres, qu’est-ce que c’est exactement ?

Si vous connaissez le Tour d’Espagne, si vous avez l’habitude de regarder l’épreuve depuis une grosse dizaine d’années, vous ne serez pas trop dépaysés. Les Praeres, c’est une de ces ascensions si typiques de la Vuelta, avec des pourcentages indécents. Une horreur pour le peloton mais un régal pour les téléspectateurs. La montée asturienne, située sur les hauteurs de Nava, n’est longue "que" de 3,9 kilomètres mais présente une pente moyenne de … 12,9% !!
Pour donner un ordre d’idée, Les Praeres est aussi pentue que le Mur de Huy, sauf que c’est trois fois plus long et sur une route qui rend très mal. Et encore, heureusement qu’il y a environ 500m de replat avant la flamme rouge pour permettre aux coureurs de respirer un peu… Car le reste est indigeste. Pas de mise en bouche tranquille mais immédiatement des gros pourcentages avec un premier kilomètre à 13%, assez régulier, sans trop de rupture de pente. Ce sera bien le seul.
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Lopez (Astana) et Valverde (Movistar) dans le final bétonné de Les Praeres, sur la 14e étape de la Vuelta 2018

Crédit: Getty Images

Le second est peut-être le pire, avec une pente qui ne cesse de grimper au fil des mètres, de 14% à 17% à 1,5km de l’arrivée, avec un passage à 23%. Mais ce n’est même pas le passage le plus pentu. Dans le dernier kilomètre à 12%, on trouve une ultime rampe à 24%, à 800m de la délivrance, avant des derniers mètres d'abord bétonnés puis même pas goudronnés du tout. Un enfer de plus d’un quart d’heure. Comme dirait le maillot rouge Remco Evenepoel : "Si tu exploses, tu es fini sur une montée comme ça".

Qui s’y est déjà imposé ?

Les Praeres n’est pas un classique de la Vuelta comme les Lacs de Covadonga ou l’Angliru mais il a déjà été au programme du Tour d’Espagne, en 2018. Arrivée de la 14e étape, la montée asturienne avait alors vu la victoire de Simon Yates. Le Britannique, alors sous les couleurs de la Michelton-Scott et futur vainqueur de l’épreuve, avait alors distancé dans les derniers mètres Miguel Angel Lopez (Astana) et Alejandro Valverde (Movistar) pour s’emparer du maillot rouge de leader. A ce jour, c’est l’unique vainqueur au sommet de Las Praeres chez les professionnels.

Qu’en avaient pensé les acteurs de l’époque ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, certains n’avaient pas trouvé l'ascension aussi dure que prévu. Enfin, par rapport à ce qu’ils attendaient, sans doute. Cela avait notamment été le cas d’Alejandro Valverde, alors 3e de l’étape. "Je ne connaissais pas le final et on m'avait dit que ce serait plus dur que ça, avouait celui qui dispute en 2022 sa dernière saison. Du coup, j'ai fait mon effort trop tard dans le passage en terre".
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Valverde (Movistar) à l'attaque sur la 14e étape de la Vuelta 2018

Crédit: Getty Images

Quatrième de l’étape, Thibaut Pinot estimait – à juste titre – que ce n’était pas non plus le Zoncolan (10,5km à 11,5%) mais reconnaissait la difficulté de l’ascension, si typique de l’épreuve. "C’est raide, c’est sûr, racontait-il. C’est une montée comme on n’en trouve que sur la Vuelta ". Courte, ultra pentue, ultra explosive.

La QuickStep-AlphaVinyl peut-elle être mise à mal ?

"Mon équipe est très forte". Les mots viennent de Remco Evenepoel et on aurait tendance à être d’accord avec lui. Samedi, en direction du Collau Fancuaya, la formation belge a impressionné, en gérant parfaitement et toute seule la chasse derrière l’échappée avant d’écrémer le peloton dans la première partie de la montée finale. La 9e étape ressemblera dans un premier temps à celle de la veille avec quatre ascensions à franchir avant d’arrivée au pied de Les Praeres : l’Alto del Torno (7,6km à 6%), le Mirador del Fito (9km à 6%), l’Alto de Llama (7,1km à 5,1%) et la Campa (9,3km à 4,1%). Rien d’insurmontable pour les équipiers d’Evenepoel.
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Remco Evenepoel dans le sillage de ses équipiers de la Quick-Step Alpha Vinyl

Crédit: Getty Images

Et si la mise en route avait été compliquée sur la 8e étape, le départ de la 9e est un peu plus facile sur les 40 premiers kilomètres, même si l’on trouve plusieurs bosses non-répertoriées. Le tri dans l’échappée devrait être plus facile. Et vu le profil decresendo des ascensions proposées pendant l’étape et, avant tout, les pentes infernales de la montée finale, on voit mal qui que ce soit tenter un coup de force de loin, même à la veille d’un jour de repos. Tout se jouera dans Les Praeres, sur un effort de 15’ où l’importance des équipiers sera bien moindre, à part sur le plan moral. Evenepoel peut perdre son maillot rouge, c’est possible. Mais on ne voit pas comment une défaillance de son équipe pourrait en être la cause.

Pour quel favori cette 9e étape est-elle taillée ?

Vu la difficulté de la pente, aux plus costauds, tout simplement. Sauf grosse surprise, on retrouvera probablement aux avant-postes les trois mêmes qu’au Collau Fancuaya, à savoir Remco Evenepoel, Enric Mas et, sans doute, Primoz Roglic. Le Slovène est taillé pour cette montée mais sa forme et son état physique comportent trop d’interrogations pour l’ériger en favori absolu de l’étape. Vu sa démonstration au Pico Jano, le maillot rouge sur ses épaules et sa performance sur l’Erlaitz (4km à 10%) sur la Klasikoa, tout pousse à croire que ce statut échoue à Evenepoel. Et il l’assume.
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Remco Evenepoel, Enric Mas et Primoz Roglic sur la 8e étape de la Vuelta 2022

Crédit: Getty Images

"C'est une montée qui me convient très bien en termes de durée, donc je vais juste tout donner, explique t-il. On va essayer de garder le maillot et pourquoi pas viser une victoire d'étape, ce serait vraiment sympa". Très fort sur cette Vuelta, Enric Mas avait un peu plus souffert dans Les Praeres en 2018 (7e, à 19’’) mais il devrait être aux avant-postes. Enfin, difficile de ne pas évoquer Simon Yates. Le Britannique semble monter en puissance, a failli accrocher le trio au Collau Fancuaya et il connaît bien l’ascension, pour en être l’unique vainqueur chez les pros. Mais peut-il réellement réussir le doublé ? A la pédale, cela semble compliqué. Mais le vrai favori, comme samedi, sera probablement un échappé. Un échappé avec beaucoup, beaucoup de courage.
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