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Vuelta 2023 | Geoffrey Soupe, vainqueur de la 7e étape, une vie de sacrifices récompensée
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Publié 01/09/2023 à 19:54 GMT+2
La victoire de Geoffrey Soupe ce vendredi sur la 7e étape de la Vuelta a ravi au-delà de son équipe TotalEnergies. Et pour cause, partout où il est passé, de la FDJ à Cofidis, le natif de l'Ain, s'est mis au service de ses leaders, des sprinteurs comme lui mais avec une pointe de talent supplémentaire et le caractère pour briller. Soupe a attendu mais il est enfin entré dans la lumière.
Soupe a pris les devants… et personne ne l'a rattrapé : son improbable succès en vidéo
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Les larmes de Fabien Doubey, coéquipier de Geoffrey Soupe, chez TotalEnergies disent tout. Le vainqueur du jour n'a ni levé les bras sur l'étape-reine de la Vuelta, pas plus qu'il n'a remporté Paris-Roubaix ou les Championnats du monde. "Geoff" n'a d'ailleurs même pas levé les bras, pensant à tort qu'il avait été finalement battu. Ce vendredi, Soupe a décroché la première victoire World Tour de sa carrière, la plus belle évidemment. Elle récompense une carrière de sacrifices qui touchera bientôt à sa fin.
Débloqué dès ses premiers tours de roues professionnels en 2011 sur La Tropicale Amissa Bongo, son palmarès n'a longtemps affiché que ce maigre succès. Et pour cause, s'il est arrivé chez les grands fort d'un titre de champion de France espoirs et d'une médaille d'argent sur le chrono aux championnats d'Europe, le pensionnaire de la FDJ s'est vite transformé en équipier, en poisson-pilote pour être précis.
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La palette : Comment Soupe a surpris son monde
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Ami et poisson-pilote de Bouhanni
Car Soupe jouit d'une belle pointe de vitesse mais il comprend que son salut passera par ce rôle de l'ombre ô combien important qui correspond parfaitement à son caractère. D'abord aux côtés d'Arnaud Démare, ensuite avec Nacer Bouhanni, devenu son grand copain, qu'il accompagnera d'ailleurs chez Cofidis quand celui-ci quittera le nid en 2015.
"On a gagné quelques étapes ici sur la Vuelta avec Nacer Bouhanni, rappelait d'ailleurs Soupe après son succès. C'était déjà une sensation extraordinaire, beaucoup d'adrénaline, de pouvoir l'emmener et le voir gagner." En 2014, le sprinteur vosgien doit en effet une partie de ses deux bouquets espagnols à son lanceur. Même chose en Catalogne, à Paris-Nice ou au Dauphiné les années suivantes.
S'écrit en creux l'histoire d'un mec qui ne manque pas de force mais qui n'est pas capable de briller pour lui-même. Pas le genre de la maison. "J'ai toujours essayé d'être très rigoureux dans toutes mes équipes, dans mon travail, dans mon rôle de lanceur, confie-t-il à Eurosport. J'ai été très bien dans ce rôle-là, c'est quelque chose qui me correspond par rapport à mon caractère, à ce que j'ai envie de donner pour les autres. le faire pour moi c'est différent, j'ai du mal."
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Soupe, "inespéré" jusqu'au bout : "Je pensais être 2e"
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Les larmes de Doubey
Sa présence continue dans les meilleures équipes françaises depuis 2011 (FDJ, Cofidis et TotalEnergies depuis 2020) prouve l'importance qui est la sienne dans un groupe. Les mots de Fabien Doubey, son coéquipier, dressent le portrait d'un équipier de luxe, mieux d'un mec en or :
"Il donne tout, tout le temps pour les autres. C'est un exemple, il est récompensé par une victoire sur la Vuelta. Ça me fait chialer… Je suis trop content pour lui, pour ses enfants, pour sa famille. Il est dévoué, il fait le métier à 100%, c'est un exemple. Putain, il vient de claquer une étape sur la Vuelta… C'est trop beau. La vie peut-être bien faite pour ces personnes-là. Il a toujours travaillé pour les autres et il est récompensé par une grosse étape sur un grand tour. C'est magique. Il peut paraître introverti derrière les écrans mais c'est un clown, il fait du bien au groupe."
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Doubey : "Ça me fait chialer, je suis trop content pour Soupe et sa famille"
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Doubey a raison, la vie est bien faite pour Geoffrey Soupe. Celui qui avait connu un sacré frisson en 2012 pour son premier Giro en manquant de battre Mark Cavendish alors que le sprinteur maison, Arnaud Démare, avait été enfermé, s'est servi de son expérience de poisson-pilote dans le final ce vendredi. "Je savais qu'il fallait prendre le dernier virage à l'intérieur, à chaque fois les mecs freinent au dernier moment et s'entassent sur l'extérieur, remet-il. J'ai fait mon petit sprint sur la gauche et j'ai freiné un peu plus que les autres pour avoir plus de vitesse en sortie de virage et ne pas me faire avoir."
L'immense bonheur de Soupe
Parfait tactiquement, Soupe a pris la longueur d'avance qu'il lui fallait. Restait à prier pour que les autres ne reviennent pas, ce qui n'est pas arrivé à son grand étonnement. Mais sur la ligne, le sprinteur de TotalEnergies a cru à l'immense désillusion : "je pensais réellement avoir fait deuxième avec la vitesse, le manque de lucidité… J'ai attendu qu'on me confirme, ça a été particulier d'exprimer sa joie dans un deuxième temps mais extraordinaire… Quelque chose comme ça est inespéré."
L'absence de joie individuelle aura marqué jusqu'à ce vendredi la carrière de Geoffrey Soupe. "J'ai la petite amertume de ne pas avoir pu lever les bras pour exprimer la joie", a-t-il souri. A l'aune de sa carrière, tout porte à croire qu'il ne revivra pas cette ivresse-là. Cette 7e étape de la Vuelta, personne ne lui enlèvera. Après avoir été content pour les autres, Geoffrey Soupe peut enfin être heureux pour lui.
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"Je me souviens de ce petit frisson" : Quand Soupe a flirté avec une grande victoire
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