Vuelta 2023 | Lenny Martinez (Groupama-FDJ), le grand vertige : "Le maillot rouge ? Ça fait presque peur"

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A 20 ans et bientôt deux mois, Lenny Martinez sera vendredi le deuxième coureur le jeune de l'histoire à porter le maillot de leader d'un grand tour. Devant lui, pas de Tadej Pogacar ou Remco Evenepoel mais Henri Cornet… en 1904. La portée historique de son exploit lui échappe peut-être mais le grimpeur de la Groupama-FDJ sait qu'il a fait quelque chose de grand.

Martinez et le maillot rouge : "Un rêve pour tout coureur"

Video credit: Eurosport

Lenny Martinez n'a que 20 printemps, pas beaucoup plus puisqu'il les a fêtés le 11 juillet dernier. En attendant de pouvoir s'offrir un très beau cadeau sur les routes du Tour de France dans les années à venir, le Cannois a célébré une sorte d'acte de naissance en Espagne ce jeudi sur la 6e étape. Jamais dans l'histoire du troisième grand tour de la saison, un gamin aussi jeune n'avait porté le maillot de leader. C'est l'histoire qu'il a écrit, celle de la Vuelta bien sûr, la sienne surtout.
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Martinez en rouge à 20 ans, gros coup des Jumbo, Evenepoel dans le dur : résumé de la 6e étape

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Martinez est-il un grand superstitieux comme le sont parfois les champions ? "Attends, on ne sait jamais !", a-t-il lancé à l'assistant de la Groupama-FDJ qui venait de lui dire qu'il était le nouveau leader du classement général après la deuxième arrivée au sommet, à Javalambre. "Putain, c'est incroyable, a immédiatement ajouté le gamin. Vuelta déjà réussie". Manque d'ambition ? Au contraire, extrême lucidité puisque oui, Lenny Martinez quittera quoiqu'il arrive la Vuelta avec un sacré bilan.

L'instinct de Martinez a tout changé

C'est drôle le hasard parfois. Au matin de cette deuxième étape montagneuse de la Vuelta, le grimpeur de poche de la Groupama-FDJ jurait ses grands dieux qu'il n'irait pas dans l'échappée. Pensait-il qu'avec 17 secondes de retard sur Remco Evenepoel, on ne lui laisserait pas de liberté ? Avait-il peur d'exploser ? Reste que la course en a décidé autrement. Puisque le Belge et son équipe criaient sur tous les toits que le maillot rouge, et par prolongement l'étape, étaient à prendre, ils furent une quarantaine à prendre la poudre d'escampette. Parmi eux, Lenny Martinez.
"C'est la première fois que je prends une échappée, je n'en prends jamais d'habitude, rappelait-il à notre micro comme hébété par son propre destin. J'ai bien fait. Je l'ai senti au début de la journée. Au fil de la course, j'ai vu que c'était dur de prendre l'échappée, que ça allait batailler et qu'un gros groupe allait sortir. J'ai vu un groupe au loin, j'ai fait le jump. Toute la journée, j'ai pensé que j'avais dit que je n'irai pas…". Et voilà comment flanqué de Rudy Molard, le papa de la classe biberon Groupama-FDJ version Vuelta 2023, et Michaël Storer, il s'est lancé dans l'aventure de son début de carrière.
"C'est incroyable, on ne s'attendait pas à ça ce matin, s'enflamme Molard. On savait qu'il y avait de bonnes chances pour que ce soit un gros groupe devant mais de là à aller chercher le rouge…". L'ancien leader de la Vuelta (2018 et 2022) a raison : prendre la bonne échappée était une chose, faire ce qu'il fallait pour être le nouveau leader en était une autre, d'autant que Marc Soler ou Sepp Kuss pouvaient être des adversaires redoutables pour cette quête.
D'ailleurs l'Américain a livré un nouveau récital dont il a le secret en montagne. Terminer à moins de 30 secondes de ce Kuss-là et devant Bardet, Soler ou Landa dit beaucoup du talent et du cran dont disposent déjà Martinez. "Lenny, deuxième de l'étape avec le maillot, on ne pouvait pas espérer mieux. On va profiter, poursuit Molard. Il est épatant.Quand on voit sa première saison… Honnêtement le niveau qu'il a en montagne… Il joue avec les meilleurs pour sa première Vuelta. Chapeau à lui".

"Fier" de rendre "fière" sa famille

"C'est incroyable, c'est un rêve pour tout coureur, confiait encore un Martinez tout sourire. On a mis toutes les choses en place, (Michaël) Storer et (Rudy) Molard ont sacrifié leurs chances de victoire pour moi. J'espère que je leur rends bien, c'est grâce à toute l'équipe ce maillot. Sur le podium j'ai pensé à la famille, ils me regardent à la TV, ils doivent être fiers. Je suis fier de les rendre fiers."
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Lenny Martinez en rouge : "La Vuelta est déjà réussie"

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Pour sûr, sa famille de champions - son père fut champion olympique de VTT en 2000, son grand-père double vainqueur d'étape sur le Tour et meilleur grimpeur en 1978 -, est fière de lui et on jurerait que devant sa télévision Marc Madiot fut au moins tout près de lâcher une petite larme face à la réussite d'un des bébés de la classe 2023 qui doit un peu plus encore amener la Groupama-FDJ vers l'idéal de formation de son créateur.
Et la suite alors ? Pas question pour Martinez d'évoquer le moindre objectif. Le seul mot d'ordre est de profiter de l'instant, d'en prendre plein les yeux et d'emmagasiner un max d'expérience dans une ou plusieurs journées qui le feront forcément grandir. "Il va falloir bien défendre le maillot, ça fait même presque peur d'avoir le maillot, c'est tellement grand… Je ne sais pas encore comment ça se passe". Il va bientôt le savoir.
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