Vuelta 2023 – Lenny Martinez, leader adoubé : "Beaucoup de grands coureurs sont venus me féliciter"

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A 20 ans, on a forcément des tas de choses à apprendre. Alors imaginez Lenny Martinez, plus jeune leader de l’histoire des Grands Tours. Le coureur de la Groupama-FDJ a passé une première journée en rouge paisible, malgré un final corsé où le vent et les ronds-points auraient pu lui jouer des tours. Finalement, le grimpeur a passé les embûches sans trembler, comme un vrai patron.

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Le deuxième passage de Lenny Martinez sur le podium de la Vuelta, maillot rouge sur le dos, n’a déjà plus rien à voir avec celui de la veille. Pas de regard hésitant ni de gestuelle raidie par l’instant solennel et la récompense unique d’un premier paletot de leader en Grand Tour en carrière. Vendredi, le grimpeur de poche a cette fois appréhendé le cérémonial avec un calme olympien, donnant l'impression d'être déjà habitué au déroulé du protocole.
A croire que ce statut de leader lui sied comme un gant. Son attitude, d’ailleurs, a traduit une sérénité épatante pour le benjamin de cette 78e édition (20 ans et 52 jours). Le profil du jour l’a bien aidé, résolument plat et battu par un fort vent de face. Au lendemain d’une journée pénible le vélo, le peloton a offert à son jeune potentat un début de règne paisible. "Ça fait du bien parce qu’hier c’était, je pense, une journée très difficile pour tout le monde," a rappelé Martinez à notre micro après l’étape.
Habitué aux apprentissages express, le natif de Cannes a débuté sa journée par recevoir une cascade de marques d'affection venant des pontes du peloton. Une sorte d'adoubement. "Beaucoup de grands coureurs sont venus me voir et me féliciter, rembobine le porteur du maillot rouge. Avec une petite tape sur le dos, c’est toujours sympa. Même au départ, ça fait un peu bizarre parce qu’on est un peu l’attraction."
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Vint alors la longue procession vers Valence, avant de bifurquer le long de la Costa Valencia. Truffé de pièges, le final pouvait encore briser le doux rêve d'une première tranquille du Français, attendu peu à l’aise avec un tel gabarit (1,68m, 52 kg). Parfaitement protégé par ses équipiers de la Groupama-FDJ, Martinez a étonné par sa faculté à rester aux avant-postes, quitte à frotter avec les grosses cuisses du paquet, le nez au vent. Une leçon, une de plus, intégrée par la pépite niçoise.

Capable de frotter avec les sprinteurs dans le final

"C’était une longue journée de 200 bornes quand même, retrace le Français après l’arrivée. Je suis content parce que j’étais bien placé dans le final grâce à mes équipiers. Je n’ai jamais été aussi proche dans un sprint (rires). Il fallait juste éviter les chutes, les cassures, parce qu’il y avait beaucoup de ronds-points dans le final. C’est chose faite." Concentré sur sa course, qu'il vit au jour le jour, Martinez en vient même à se prendre au jeu.
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Et ce n’est pas son manager, Marc Madiot, qui va s'enflammer vainement. "J’ai eu Marc Madiot au téléphone qui m’a félicité, pétille le grimpeur. Il m’a dit que les choses ne sont pas finies, qu’on a encore de belles choses à faire sur la Vuelta." Soudainement happé par les projecteurs, Lenny Martinez ne compte pas revenir dans l’ombre. Son potentiel suggérait une telle exposition. Elle est juste arrivée un peu plus tôt que prévue.
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