Vuelta 2024 | Primoz Roglic n’est pas en rouge, mais c’est tout comme après son coup de force sur la 13e étape

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A la faveur d’un coup de force de Primoz Roglic dans le Puerto de Ancares, juge de paix de la 13e étape de la Vuelta 2024, l’écart s’est réduit considérablement entre Ben O’Connor et son dauphin. L’Australien de Decathlon AG2R conserve le maillot rouge mais ses jours sont comptés. Le Slovène l’a démontré vendredi, le vrai patron, c’est lui. Le tout malgré un physique encore chancelant.

Alerte rouge pour O'Connor, distancé par Roglic

Video credit: Eurosport

Les masques sont tombés, violemment, sur le goudron délavé du Puerto de Ancares, juge de paix d’une 13e étape en forme de passation de pouvoir sur cette Vuelta 2024. Oui, Ben O’Connor (Decathlon AG2R) arbore toujours le maillot de rouge, comme il aime le souligner à chaque micro tendu. Mais le patron de cette 79e édition se nomme bien Primoz Roglic (Red Bull-BORA-Hansgrohe), au-dessus du lot vendredi. L’optimisme de façade ne comblera pas un écart de forme substantiel avec le triple vainqueur de l’épreuve.

Roglic en bourreau du suspense

La Vuelta ne cesse de jongler entre plusieurs décors et des scénarios tissés et défaits à l’envi. La faute à la Red Bull-BORA d’un certain Primoz Roglic, qui a laissé un grimpeur australien à la carte de visite fournie en grand Tour se carapater avec une valise pleine de minutes. Le Slovène, rattrapé par une certaine suffisance qui lui a déjà fait défaut (rappelez-vous notamment d’un chrono à la Planche des Belles Filles sur le Tour 2020), a alors tenté de réparer l’impair.
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Mas a voulu suivre Roglic… mal lui en a pris : l'analyse des RP

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Pas si simple, surtout avec un mal de dos persistant, et une forme sinusoïdale. Dominateur sur les rampes irrégulières du Pico Villuercas (4e étape), Roglic a vécu un passage tourmenté dans la Sierra Nevada (9e étape), donnant même l’impression d’être inférieur au maillot rouge en montagne. Ce n’est pas le raidillon du Puerto Cruxeiras (11e étape) qui allait confirmer une inversion nette du rapport de force. Il fallait attendre la première grande explication du week-end, sur le Puerto de Ancares (7,5 km à 9,3%), pour savoir.
Patiente, la formation allemande du Slovène a attendu le pied pour visser. Ils étaient encore trois autour de son dauphin, que Ben O’Connor n’apparaîssait déjà plus dans le paysage. L’Australien s’est appliqué à terminer à son rythme, mais le débours, salé (1’55’’), annonce des jours prochains pénibles. "J’étais cuit, j’étais vraiment à bout, a soufflé l’Australien après la ligne à l’organisation. J’ai perdu du temps mais je suis toujours en rouge."
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"J'étais cuit" : Cette fois, O'Connor en a bavé

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Le leader de Decathlon AG2R s’accroche à son rêve, qu’il prolonge d’une nuit, au moins, pour 1’21’’. Discours idéaliste, peut-être. Finalement peut-être pas tant que ça, à l’aune d’un Tour d’Espagne marqué par des trajectoires de forme imprévisibles. Sans évoquer un parcours source de terrains mouvants où le moindre siège peut être renversé. En face, Roglic n’est pas dupe. "J’ai toujours mal vous savez, a-t-il confié à Eurosport une fois l’arrivée franchie. Comme je l’ai déjà dit, parfois on gagne un peu, parfois on perd. Je suis content d’être du bon côté aujourd’hui (vendredi). La seule chose que je peux contrôler c’est moi. J’essaye de faire de mon mieux avec l’équipe. Aujourd’hui c’était suffisant."
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Dire que Roglic n'est "pas encore super confiant"

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Le Slovène le sait, chaque étape provoque son lot de surprises. La victoire d’un jour ne présume rien des suivants, bien qu’aucun de ses rivaux n’ait réussi à tenir sa roue vendredi. "Je ne sais pas ce qu’il se passera dimanche, a répondu Roglic à l’évocation de l’arrivée au sommet du terrible Cuitu Negru (18,9 km à 7,5%). Il faudra déjà savourer ça. C’est beau quand les choses se passent bien. Mais il y a encore de la souffrance. On fait au jour le jour. Je ne me sens peut-être pas encore super confiant, c’est pour ça qu’on a été un peu prudents, conservateurs aujourd’hui (vendredi)." Habitué à manier une rhétorique de défense, Roglic s’est redécouvert une âme d’attaquant sur cette Vuelta. De l’art de s’adapter.
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