Grand départ de Monaco, Tour pas éreintant, égaler Vingegaard : Tadej Pogacar sur la Vuelta, pourquoi c'est le bon moment
Par Emile Pawlik
Mis à jour 04/08/2026 à 08:26 GMT+2
En décidant de participer au prochain Tour d'Espagne, Tadej Pogacar (UAE Emirates-XRG) n'a pas surpris grand-monde. Et pour cause, le quintuple vainqueur du Tour de France avait toutes les raisons de s'aligner au départ de Monaco le 22 août prochain pour rejoindre son rival Jonas Vingegaard dans le club des vainqueurs des trois Grands tours. Mais ce n'est pas l'unique raison. Analyse.
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Tadej Pogacar renoue avec le fil de son histoire. Déterminé à cocher toutes les cases avant de dire adieu au cyclisme, tôt ou tard, le Slovène a décidé lundi de s'aligner sur le Tour d'Espagne, après avoir remporté son cinquième Tour de France, il y a quelques jours. Ce n'était un secret pour personne depuis que le Prince Albert de Monaco avait quelque peu vendu la mèche en marge de la Grande Boucle : le glouton avait dans un coin de sa tête de revenir en Espagne pour la première fois depuis 2019. Les raisons sont nombreuses et tout portait à croire qu'il y retournerait, un jour ou l'autre.
"Je suis heureux de vous annoncer que je reviens sur La Vuelta. C'était mon premier Grand Tour en 2019 et une expérience incroyable. L'Espagne est un pays que j'adore visiter, y courir et je pense que le moment est venu de faire mon retour", a-t-il expliqué dans un communiqué transmis par son équipe. En 2019, Tadej Pogacar n'avait que 21 ans, courait déjà chez UAE Emirates-XRG et avait alors explosé à la face du monde entier avec trois victoires d'étape et un renversement au général lors de l'avant-dernière victoire d'étape pour grimper sur le podium, à la 3e place.
Vingo a son Giro, Pogi veut sa Vuelta
Si sa décision n'intervient que maintenant, c'est parce que "Pogi" est dans la forme de sa vie. Le double champion du monde sort d'un Tour de France sur lequel il n'a pas vraiment eu à forcer son talent et d'une saison où il n'a que très peu connu de couacs. Très attaché à son héritage et à battre des records, Tadej Pogacar a sûrement envie de rejoindre son meilleur ennemi Jonas Vingegaard dans le club très fermé des vainqueurs des trois Grands tours. En remportant le Giro cette année, le Danois a réussi cet exploit, pour le Slovène il ne manque donc plus que le Tour d'Espagne à sa collection pour marquer encore un petit peu plus l'histoire.
De plus, le Grand départ de Monaco a forcément participé à le motiver à prendre part à la course. En marge du Tour de France, le Prince Albert de Monaco a laissé entendre que le Slovène, résident monégasque, pourrait être de la partie. Ce à quoi le Slovène avait répondu : "si le Prince le dit, il y a effectivement de grandes chances". Son coéquipier Pavel Sivakov, de la partie également en Espagne, n'a pas non plus été surpris par la décision de son leader. "Je pensais quand même qu'il allait la faire. Il part de la maison à Monaco, il habite à côté donc c'était l'année idéale pour lui pour y aller", a-t-il opiné dans Bistrot Vélo, lundi soir.
Un enchaînement pas anodin
Il ne faut malgré tout pas banaliser la charge d'un enchaînement Tour-Vuelta. Dans l'histoire moderne, depuis que le Grand tour espagnol se court en août et non plus en avril, seul Christopher Froome a mené à bien cette entreprise, en 2017. Mais c'est l'année ou jamais pour Tadej Pogacar. D'autant plus que les concurrents annoncés ne sont pas les plus farouches, même si aujourd'hui difficile de dire qui pourrait remettre en cause la domination dictatoriale du Slovène. Felix Gall (Decathlon CMA CGM), Mattias Skjelmose (Lidl-Trek), Giulio Pellizzari ou encore Primoz Roglic (Red Bull BORA Hansgrohe) sont parmi les leaders annoncés au départ dans un peu moins de trois semaines.
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S'aligner au départ de la Vuelta signifie de faire une croix sur les deux courses canadiennes qui ont lieu en même temps que le dernier week-end de course. Malgré le fait que les Mondiaux se dérouleront sur le circuit du Grand Prix de Montréal, Tadej Pogacar n'a pas besoin d'y retourner pour savoir ce qui l'attend. Vainqueur deux fois de l'épreuve québécoise, le Slovène sait où il posera les roues. En cas de succès sur le Tour d'Espagne, le 13 septembre à Grenade, si tout se passe bien, il aurait alors deux semaines pour récupérer et arriver gonflé à bloc au Canada pour tenter la passe de trois maillots arc-en-ciel consécutifs. Seul Peter Sagan l'a réalisé entre 2015 et 2017, Pogacar entrerait alors là aussi dans le grand livre du cyclisme. Mais ça, c'est encore une autre histoire.
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