"Putain, c’est mérité" : Bryan Coquard tient enfin sa délivrance après sa victoire sur la Vuelta

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Bryan Coquard (Cofidis) a triomphé lors du sprint qui a conclu la huitième étape de la Vuelta 2026 devant Mads Pedersen et Jordi Meeus. Le Français, jamais vainqueur en grand tour, tient son point d'orgue après treize ans d'attente peuplés de deuxièmes places sans triomphe. L'émotion de ce samedi restera comme le "plus beau moment" de sa carrière de cycliste, à 34 ans. 

Coquard : "Mon plus beau moment de vélo"

Video credit: Eurosport

La jouer fine. Trouver le bon boyau, finir en costaud pour convertir "l'objectif de gagner une étape sur cette Vuelta" en réussite hors du temps. Bryan Coquard connait ses gammes. A eu le temps de peaufiner la pratique, lui qui a participé à son premier grand tour en l'an 2014. Mais au bout de ses 34 ans, de belles émotions, voici la magnifique. LA victoire qui lui manquait, offerte par la ligne de Xeraco, au sprint, bien sûr, devant Mads Pedersen et Jordi Meeus, lors de cette folle huitième étape de la Vuelta 2026. 
Bryan Coquard, vainqueur en grand tour. Sonnerait-ce comme le plus beau moment d'une vie ? Presque, à l'entendre savourer pour Eurosport. "J'ai deux enfants, je suis marié… Ma femme ne va pas être contente si je dis ça ! On va dire de ma vie sportive." Ce sera déjà ça. 
Pas faute d'avoir vadrouillé, d'une saison à l'autre, d'une équipe française à la suivante, jusqu'au maillot de Cofidis qu'il a emmené sur le podium, samedi, en vainqueur du jour. "J'ai vécu beaucoup d'émotions : des deuxièmes places sur la Vuelta (2022), sur le Tour de France (2015, 2016), aux Jeux olympiques (2012, sur l’omnium). Mais gagner sur un grand tour, c'est quelque chose d'exceptionnel. C'est le summum du cyclisme sur route donc je pense que c'est mon plus beau moment de vélo, oui."

Travail d'équipe et finish à l'expérience

En bon spécialiste qu'il est, le sprinteur venu des pistes a su se placer pour triompher d'un panel d’ambitieux qui visaient son Graal, à lui. Matthew Brennan (Visma I Lease a Bike), double vainqueur d'étape et grand favori, n’a pas existé dans ce sprint marqué par une chute dans la dernière ligne droite. Il fallait suivre Jordi Meeus (RedBull-Bora-Hansgrohe), troisième à l'arrivée, parti le plus tôt à la conquête de la ligne, avec un Français de plus ou moins 1,70 m dans son sillage.
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Coquard l'a jouée roublarde, à la connaissance de ses adversaires. "A 500 mètres, j'ai regardé Jordi Meeus, décrivait-il aussi à Eurosport, et j'ai su qu'il était très rapide dans ce genre de final. J'ai attendu, j'ai attendu, je savais qu'il y avait un peu de vent de face, de côté aussi… J'ai produit mon effort au bon moment avec l'aspiration."
Ses coéquipiers, bien sûr, avaient œuvré pour le placer au mieux. Alexis Renard s'y est collé dans les dernières centaines de mètres. "On n'a pas forcément beaucoup de bons poissons-pilotes, mais j'avais Alexis avec moi, racontait Coquard. Et tous les grimpeurs ont essayé de me placer en bonne position des cinq kilomètres à l'arrivée." C'est avec Renard que le natif de Saint-Nazaire s'est amusé à soulever sa monture après la ligne, sur une piste de terre à la "Breaking Bad", bousculant une caméra au passage. Son bonheur débordait de toutes parts. 
Je suis rapide, je suis rapide à nouveau
Seul, dans le dernier effort d'un sprint décousu et emmené initialement par Wout van Aert et Christophe Laporte, Coquard a su faire preuve du bon "timing", selon ses propres dires, pour activer ses cannes et coiffer Mads Pedersen (2e, Lidl-Trek) ainsi que son autre poisson-pilote, involontaire celui-ci, Jordi Meeus (3e). 
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Dire que jusqu'ici, sa Vuelta prenait les airs d'un rendez-vous manqué, avec deux maigres quinzième et seizième places lors des 2e et 5e étapes. "J'avais la pression parce que, vous savez, quand vous ne faites pas un bon sprint, c'est une opportunité de moins, abondait-il à l'arrivée. Et il n'y a pas beaucoup d'opportunités pour les sprinteurs dans cette Vuelta. Je n'étais pas en bonne position lors des deux premiers sprints." Cette fois, le Français "savait' que ses jambes étaient "bonnes". Constat implacable à l'arrivée : "Je suis rapide, je suis rapide à nouveau". 
Au bout, le bonheur d'une vie de cycliste. "Fier", et "très heureux", Coquard a trouvé son point d'orgue, à 34 ans : "J'ai attendu très longtemps pour cette victoire, et j'ai aussi beaucoup travaillé. C'est un jour magnifique." Résumé par Paul Ourselin, le souffle encore coupé par l'effort, ou par la joie d'avoir vu le copain gagner : "Putain, c'est mérité !"
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