Tour d'Espagne 2026 | Deuxième du général derrière Pogačar, Enric Mas retrouve des couleurs sur son tour national
Par Titouan Aniesa
Mis à jour 28/08/2026 à 13:31 GMT+2
Après deux saisons en retrait, Enric Mas semble avoir retrouvé quelques-unes de ses vieilles certitudes sur la Vuelta. Le Majorquin a marqué les esprits jeudi en tenant tête à Tadej Pogacar dans le col de Bartolo, en profitant pour reprendre 46 secondes à ses principaux rivaux au classement général. Deuxième, le leader de la Movistar s’est surtout placé en candidat numéro dans la course au podium.
Concurrence et mauvais choix, Pogacar résiste à tout : le résumé de la 6e étape
Video credit: Eurosport
L’image était suffisamment saisissante pour attirer l’attention, jeudi. Dans les derniers hectomètres du col de Bartolo, Enric Mas est revenu sur Tadej Pogacar avec une facilité inattendue, avant de se permettre de dépasser le Slovène à l’approche du sommet. De quoi se demander ce qui aurait pu se passer si la montée avait duré 800 mètres de plus. On ne le saura jamais. Après une frayeur dans la descente, Pogacar a finalement remis les choses dans l’ordre dans le sprint, où il s’est imposé largement face au Majorquin.
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Grosse erreur de Pogacar qui rate un virage dans la descente finale !
Video credit: Eurosport
Mais l’essentiel était ailleurs pour le leader de la Movistar : Mas a repris 46 secondes à ses principaux concurrents pour le podium et s’est affirmé comme le candidat le plus sérieux à la deuxième place derrière l’intouchable Slovène. Voilà ce qu’Enric Mas a gagné à Castelló de la Plana. Et ils étaient peu nombreux, au départ de cette Vuelta, à parier là-dessus.
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Surprise ! Mas rattrape Pogacar au sommet du dernier col de Bartolo
Video credit: Eurosport
Deux années (très) compliquées
Et pour cause. À 31 ans, l’Espagnol sort de deux saisons particulièrement compliquées sur les Grands Tours, lui qui avait pourtant pris l’habitude de jouer les premiers rôles et de se montrer régulier sur trois semaines. Depuis deux ans, Mas n’avait plus vraiment retrouvé son niveau. Victime d’une phlébite lors du Tour de France l’an dernier, il avait été contraint de renoncer à la Vuelta, sa course de prédilection. Son retour à la compétition, quelques mois plus tard sur le Giro, n’avait pas vraiment rassuré. Traversant la course comme un fantôme, il avait terminé à une anonyme 32e place, très loin du vainqueur Jonas Vingegaard et de la bataille pour le classement général.
L’intéressé l’avait lui-même reconnu auprès de Marca avant le départ de cette Vuelta : "Rejoindre le Giro a été difficile après une longue période sans compétition et sans savoir où j'en étais. Ici, le retour est plus facile, je suis plus détendu." Une approche qui semble porter ses fruits.
Dès le contre-la-montre inaugural, Mas avait donné quelques signes encourageants en terminant à 33 secondes de Pogacar. Il a ensuite évité les premiers pièges, notamment lors de la deuxième étape, où il est resté dans le premier groupe. Puis il n’a cessé de monter en puissance. À Andorre, mercredi, il avait encore réussi à rester accroché au groupe des favoris. Jeudi, il est passé à la vitesse supérieure. Les voyants sont désormais au vert pour la suite.
Home sweet home
Et puis il y a cette Vuelta. Cette course qui, année après année, semble toujours parvenir à réveiller quelque chose chez Enric Mas. Quatre fois monté sur le podium, dont trois fois à la deuxième place (2018, 2021, 2022) et une fois à la troisième (2024), le Majorquin n’a jamais vraiment retrouvé cette régularité ailleurs. L’Espagne reste son terrain d’expression privilégié, celui où il semble courir avec un supplément de confiance.
"Les fans sont spéciaux. À chaque fois que je cours en Espagne, je ressens tellement leur affection, c’est toujours spécial ici", expliquait-il avant cette édition. Une affection qui fonctionne visiblement dans les deux sens. Mas y est attendu, encouragé, parfois critiqué aussi, mais surtout porté par un public qui connaît parfaitement son histoire.
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Enric Mas en 2022 face à Remco Evenepoel
Crédit: Getty Images
Son histoire, justement, est celle d’un grimpeur capable de rivaliser avec les meilleurs lorsqu’il est dans le bon état de forme. Il est, faut-il le rappeler, l’un des rares coureurs à avoir déjà réussi à battre Pogacar sur une course d’un jour ces dernières années, lors du Tour d’Émilie en 2022. Certes "Pogi" n’était pas encore le monstre qu’il est aujourd’hui mais c’est une référence qui rappelle, à ceux qui l’auraient oublié, le niveau qu’il est capable d’atteindre lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens.
La chaleur à son avantage
Et la chaleur, omniprésente sur cette Vuelta, ne devrait pas forcément lui faire peur. Bien au contraire. Alors que le peloton s’apprête à retrouver des températures particulièrement élevées, notamment plus tard en Andalousie, Mas assume : "J’espère que nous aurons cette chaleur chaque jour et que nous pourrons en profiter même lorsque le thermomètre affichera 40 degrés."
Ce vendredi, il retrouvera un terrain qui devrait encore lui convenir. L’arrivée sera jugée à Aramón Valdelinares, au sommet d’une ascension de 8,5 kilomètres à 6,5 %, avec une arrivée à près de 2 000 mètres d’altitude. Un endroit chargé de souvenirs pour la Movistar : lors de la dernière arrivée à Valdelinares en 2014, Winner Anacona s’était imposé avant de rejoindre la formation espagnole quelques mois plus tard, tandis que Nairo Quintana avait récupéré le maillot de leader aux dépens d’Alejandro Valverde.
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Même au sprint, Pogacar est imbattable : son 3e succès en 6 étapes en vidéo
Video credit: Eurosport
Un autre temps, une autre Movistar. Mais Mas, lui, pourrait avoir envie de prolonger l’histoire. Après deux années à chercher son meilleur niveau, le Majorquin semble enfin avoir retrouvé quelques-unes de ses vieilles certitudes, en y ajoutant une dose inattendue de panache. Et à l’heure où Pogacar semble encore jouer dans une autre catégorie, c’est peut-être suffisant pour faire de lui le principal candidat à la place juste derrière.
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