Tour d'Espagne 2026 - La résurrection inattendue de la Groupama-FDJ

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Au bord du précipice au début de la Vuelta, tombée à la 22e place du classement UCI et menacée de relégation, la Groupama-FDJ a renoué avec sa grandeur passée sur les Grands Tours sur cette 81e édition du Tour d’Espagne. Une victoire d’étape, un top 10 au général et, surtout, une équipe enfin actrice au plus haut niveau.

Un beau lauréat... "Mas a bien géré et Movistar a eu des stratégies claires"

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C’est peu dire que personne, ou presque, n’attendait une telle Vuelta de la Groupama-FDJ, lorsque la course s’est élancée de Monaco, il y a trois semaines. Car si la formation française a réussi une saison 2026 consistante sur les courses d’un jour, à l’image de son leader Romain Grégoire (4e des Strade et de l’Amstel, 7e de Liège), l’équipe dirigée par Marc Madiot avait traversé les deux premiers Grands Tours comme un fantôme, comme cela était le cas pour la Groupama-FDJ depuis deux ans. Et il n’y avait pas de raison que cette 81e édition du Tour d’Espagne soit différente.

Et pourtant, il manquait les meilleures cartes…

Romain Grégoire préservé pour les classiques italiennes, Thibaud Gruel pour les canadiennes, Ewen Costiou au repos après un Tour de France à l’attaque, Paul Penhoët qui avait déjà fait le Giro… Tous les principaux hommes forts de l’équipe jusqu’ici en 2026 étaient absents de la startlist et c’est une équipe certes revancharde mais sans réelle certitude qui s’avançait à Monaco, avec Guillaume Martin et Clément Berthet en leaders.
Face aux Enric Mas, Richard Carapaz et autres Tadej Pogacar, cela ne pesait pas bien lourd et, en l’absence de Penhoët, difficile d’imaginer la formation tricolore peser dans les sprints. Il semblait loin le temps des Thibaut Pinot et des Arnaud Démare, capables d’empiler les succès en Grand Tour ou d’y jouer les classements généraux. Mais cette Groupama-FDJ, elle, avait du cœur, et surtout des jambes.
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Tronchon surprend son monde

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Clément Berthet a certes bénéficié de deux échappées, vers Loga et la Sierra de la Pandera, lors des 13e et 14e étapes, pour gagner quelques places au classement général, mais le grimpeur rhônalpin est allé chercher son top 10 comme « un grand, un très grand » comme dirait Marc Madiot. Ce week-end, il a fini dans le sillage des cadors à Penas Blancas, avant de terminer avec Oscar Onley vers Collado del Alguacil. Une performance XXL pour celui qui n’avait encore jamais fait mieux que 20e sur un Grand Tour. Un résultat qu’il n’aurait sans doute jamais réussi sans le boost de confiance qui a suivi l’inattendue victoire de Bastian Tronchon à Elche de la Sierra.

Martin, le poisson pilote symbole

On savait le Chambérien rapide. On savait qu’il aimait les arrivées difficiles, en petit comité. Et on savait également que la startlist de cette Vuelta était particulièrement légère au niveau des sprinteurs, comme souvent. Mais le Tricolore n’avait pas réussi le moindre top 10 en Grand Tour jusqu’alors et, face à lui, il y avait quand même des habitués de ce genre d’arrivées, des pointures dans ce domaine, en la personne de Wout Van Aert, Magnus Cort Nielsen ou encore Thibau Nys.
Mais ce jour-là, il y a eu Bastien Tronchon et les autres. Comme si toute la frustration accumulée depuis des mois par la Groupama-FDJ avait donné des ailes à ses coureurs, sur tous les terrains, dans une osmose collective qui a souvent fait la force de la formation tricolore. Et difficile de trouver plus beau symbole de cette osmose que le travail de Guillaume Martin, le grimpeur, en poisson-pilote de Bastien Tronchon ce jour-ci.
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"Une belle Soupe" : la victoire improbable de Tronchon décrypté dans les RP

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Un succès fondateur, un succès qui a libéré une Groupama-FDJ jusqu’ici assez discrète, en second rideau comme depuis le début de la saison et même depuis 2024 sur les Grands Tours. L’an dernier, David Gaudu avait sauvé les meubles en remportant la 3e étape de la Vuelta, après un Giro sans saveur (3 tops 10) et un Tour de France à peine plus consistant (9 tops 10).
Et cette saison était partie sur les mêmes bases (4 tops 10 au Giro, 7 sur le Tour), avant que Tronchon ne vienne à la rescousse. Mais contrairement à Gaudu l’an dernier, c’est toute l’équipe qui a profité de son succès, renouant avec le top 10 en Grand Tour pour la première fois depuis la 6e place de Gaudu en 2024. Un bel exploit, mais surtout un bon gros bol d’air après une saison compliquée.
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