Tour d'Espagne 2026 - "La Vuelta est loin d’être terminée", et c’est tant mieux
Mis à jour 31/08/2026 à 14:54 GMT+2
Sur les pentes d’Aitana, Enric Mas a affirmé sa domination sur la concurrence, illustrée par le maillot rouge qu’il porte depuis l’abandon de Tadej Pogacar. Mais à l’inverse du Slovène, qui avait maté des adversaires déjà résignés, l’Espagnol de la Movistar est loin d’avoir autant de marge, malgré sa supériorité actuelle. Et on ne peut que s’en réjouir.
Sivakov a essayé de prendre la relève de Pogacar, Mas a frappé du poing sur la table
Video credit: Eurosport
Un maillot de leader qui s’impose au sommet et renforce sa domination mathématique au classement général, c’est devenu une vieille habitude du cyclisme actuel. Que ce leader soit Jonas Vingegaard, Primoz Roglic ou Tadej Pogacar, qu’il porte une tunique jaune, rose ou rouge, il a plus souvent gagné que laissé la concurrence récupérer du temps ces dernières saisons. Il n’y a guère que le Tour d’Italie 2025 qui ait échappé à cette tendance, logique sur le papier mais ô combien déprimante. Et le Tour d’Espagne aurait dû en être de même.
Un maillot rouge dominateur à coup de secondes et non de minutes
Non en raison de la victoire, maillot rouge sur le dos, d’Enric Mas ce dimanche à l’Alto d’Aitana, mais plutôt à cause de la domination précoce de son prédécesseur en tête du classement général, Tadej Pogacar, qui possédait plus de 3' d’avance au départ samedi matin. "Pour la plupart des coureurs, Pogacar avait gagné cette Vuelta", expliquait notre consultant David Moncoutié. Pour tous les suiveurs, aussi. Heureusement pour le suspense, et malheureusement pour lui et le cyclisme, en un sens, le Slovène a lourdement chuté sur la 8e étape et quitté la route de la Vuelta. Le maillot rouge a donc changé d’épaules, mais il a quand même gagné dimanche. Comme si rien n’avait vraiment changé. Alors que tout a changé.
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Un duel pour finir : l'irrésistible Mas écoeure Onley à l'arrivée
Video credit: Eurosport
Tout avait déjà changé hier, mais il fallait bien qu’Enric Mas accepte de porter cette tunique de leader pour que l’on s’en rende mieux compte. Alors, oui, le leader a encore gagné. Oui, il a encore creusé son écart au classement général. Mais dans des proportions qui ne changent finalement pas grand-chose. "Quand on voit les écarts sur la ligne, il n’y a rien de définitif", confirme notre consultant Jacky Durand. Et difficile de lui donner tort à la vue des résultats. À Aitana, Mas, Onley, Roglic, Gall et Skjelmose se sont tenus en 25''. À Andorre, sur la 4e étape, seul le Danois avait été distancé (+ 38''), alors que les quatre premiers s’étaient encore tenus en 23'' à Valdelinares.
De l’avance, mais tout reste à faire
Au terme de cette première semaine, l’Espagnol possède 1'18'' d’avance sur Primoz Roglic (RedBull-Bora Hansgrohe) et 1'39'' sur Felix Gall (Decathlon CGA CGM). C’est beaucoup et peu à la fois. "Enric Mas est maillot rouge et a repris du temps à ses principaux adversaires, mais la route est encore très longue", estime Jacky Durand. Surtout à la vue du rapport de force assez équilibré entre les principaux favoris. Car c’est finalement le point important de ce week-end : Enric Mas n’est pas Tadej Pogacar et c’est ce qui change toute l’analyse de la "domination" du (nouveau) maillot rouge. Là où le Slovène écrasait la course à coups de minutes, l’Espagnol a creusé l’écart à coups de secondes et de mètres. Assez pour réaffirmer son maillot rouge, mais loin de tuer l’espoir de ses rivaux.
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À 10 km de l'arrivée, Sivakov se débarrasse de Camprubi et part seul devant
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"Mas était le plus fort à Aitana, c’est indéniable, explique David Moncoutié. C’est la preuve qu’on a du grand Enric Mas. Mais pour avoir commenté quelques Vueltas, on a déjà vu Mas être très fort puis connaître des jours de moins bien sur certaines étapes. Il a aussi quelques lacunes, à l’image du chrono qui n’est pas vraiment sa spécialité". Un contre-la-montre de 32 kilomètres où il pourrait bien perdre une minute sur un coureur comme Primoz Roglic, ce qui est plus ou moins son avance actuelle. Enric Mas est maillot rouge, mais il a besoin de creuser sur la concurrence, encore. "Le général est encore assez resserré, poursuit Moncoutié. Donc, oui, Mas va bien, mais la Vuelta est loin d’être terminée, c'est certain". Et à l’exception de la formation UAE Emirates-XRG et de ses supporters, personne ne s’en plaindra.
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