Tour d'Espagne 2026 - Les coureurs ont été entendus : la 15e étape raccourcie en raison d'une chaleur extrême prévue à Cordoue
Publié 05/09/2026 à 20:02 GMT+2
Cela faisait plusieurs jours que le peloton de cette Vuelta demandait des étapes aménagées en raison des fortes chaleurs et les organisateurs ont fini par entendre leurs prières. La 15e étape ce dimanche fera non pas 189,7 kilomètres, mais seulement 110,2 kilomètres. Une adaptation sans doute nécessaire alors que l'Andalousie attend plus de 40°.
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"Qu'attendons-nous? Que quelqu’un fasse un arrêt cardiaque? Je trouve étrange que l'organisation ose prendre autant de risques". Les propos de Sander De Pestel, recueillis par le Het Nieuwsblad, étaient forts, mais le Belge de la Decathlon CMA CGM ne faisait que mettre des mots sur l'impression générale d'un peloton épuisé par la chaleur espagnole, de pire en pire au fil des jours. "Vendredi, chaque descente donnait l'impression d'entrer dans un sauna, poursuit-il. Plusieurs coureurs ont été victimes d'insolation, j'ai déjà moi-même vomi…". Car se rafraichir en cours d'étape est une mission quasi impossible et le peloton ne peut que subir.
Des coureurs sont allés à l’hôpital
"Cette chaleur extrême vous prend à la gorge, déclarait vendredi Thibau Nys au quotidien belge. J'essaie tout pour me rafraîchir : boire beaucoup, mettre de la glace sur mon cou... Mais ça ne suffit pas". Une chaleur insoutenable qui rendrait presque le peloton nostalgique de la tempête de grêle du 3e jour. "C'était moins violent que ces conditions", assure Gianni Vermeersch (Red Bull - BORA-hansgrohe), comme tout le peloton assez estomaqué par la passivité des organisateurs ces derniers jours. "À un moment donné, l’organisation doit prendre ses responsabilités, expliquait Maxime Monfort à la RTBF. Il y a des choses à adapter. On est dans un cyclisme moderne, des coureurs sont allés à l’hôpital hier, mais on n’en parle pas. Il faut être davantage dans la prévention qu’autre chose, et je trouve que l’organisation est un peu lente là-dessus".
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D'autant que le règlement de l'UCI explique pour ce genre de situation et qu'il est assez clair sur la nécessité d'adapter les étapes par de telles températures. "L'UCI utilise un code couleur, et si le code est rouge, trois options s'offrent à nous : modifier l'heure de départ, raccourcir l'étape ou l'annuler, rappelle De Pestel. Pour l'instant, rien n'est décidé. À mon avis, dimanche, l'étape doit être raccourcie, voire annulée". Visiblement, l'organisation a fini par être du même avis que les coureurs.
L'Andalousie, à bannir de la Vuelta ?
Alors que l'on attend une nouvelle fois 40 degrés dimanche du côté de Cordoue, la direction de course a activé le protocole températures extrêmes, après une consultation auprès des commissaires, des équipes et des coureurs. Résultat, la 15e étape, initialement longue de 189,7km a été raccourcie à seulement 110,2km, avec un départ repoussé à 14h50. Une solution qui ne changera rien, si le peloton n'adapte pas non plus sa manière de courir. "Si on raccourcit la course, les coureurs ont parfois tendance à se surpasser, ce qui n'arrange rien, tempère Vermeersch. L'idéal serait que les coureurs s'entendent pour lever le pied, mais cela n'arrivera pas non plus". Au moins, ils ne pourront plus blâmer l'organisateur de ne pas réagir.
Reste qu'à terme, il faudra peut-être penser à adapter la Vuelta dès la réflexion sur le parcours, à l'image de l'édition 2025, qui était restée dans le Nord du pays, à l'abri des très fortes chaleurs du Sud de la péninsule ibérique. "Les organisateurs devraient en tenir compte, estime Lars Craps dans l'Het Nieuwsblad. Ce ne sont pas des endroits où l'on a envie de courir à cette période de l'année". Et qu'importe que l'Andalousie soit un passage traditionnel de la Vuelta. Le monde change, les conditions climatiques aussi et c'est au cyclisme de s'adapter. Et les organisateurs ont (enfin) fait un premier pas ce dimanche.
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