Tour d'Espagne - 6e étape - Tadej Pogacar "J'étais choqué " : Une sortie de route par péché d'orgueil ou simple coup de mou ?

Eurosport sur Google

Les victoires se suivent, mais ne se ressemblent pas pour Tadej Pogacar. Pour sa troisième victoire d’étape sur le Tour d’Espagne ce jeudi à Castello, le Slovène de la UAE Team Emirates - XRG a vu un solide Enric Mas s’accrocher à ses basques. Il aurait pu même tout perdre avec une sortie de route dans la descente du Bartolo. Alors, péché d’orgueil du roi du peloton ou simple coup de mou ?

"Pogacar a fait n'importe quoi, il a eu beaucoup de chance"

Video credit: Eurosport

D’abord la surprise, ensuite la frayeur. En quelques minutes la Vuelta aurait pu basculer. Pourtant, l’histoire était ficelée, emballée, pliée d'avance. Comme à son habitude, Tadej Pogacar avait distancé tout le monde dans le Puerto El Bartolo, mis dans le rétro la concurrence et filait tout droit vers le succès. Mais entre son attaque et le moment où il a levé les bras ce jeudi sur la sixième étape du Tour d’Espagne, le champion du monde a traversé une petite tempête.
Sur les terribles chemins de terre du Bartolo et ses pentes à 19 %, la fusée "Pogi" a d'abord mis tout le monde d’accord. Une attaque au train, des adversaires asphyxiés, le tour semblait joué. Mais voilà qu’un certain Enric Mas (Movistar), toujours tenace sur son Tour national, est venu l'embêter. Si Pogi est une fusée, le Slovène a vu une roquette selon ses propres mots lui fondre dessus au sommet. "J’étais un peu choqué", admet le maillot rouge à l’arrivée, lui qui pensait avoir "40 secondes d'avance". Un état de choc qui s’est prolongé. 
C'était très raide, une route de merde
Dépassé au sommet par son adversaire surprise, Tadej Pogacar a entamé la descente derrière le coureur ibérique. "Enric a fait une petite erreur dans un virage, je l’ai dépassé, je suis allé à mon rythme, mais c’était une mauvaise idée, avoue le Slovène. Je n’aurais pas dû le dépasser, j’aurais dû rester dans sa roue." Le champion du monde a frôlé la correctionnelle quelques mètres plus tard, élargissant beaucoup trop en sortie de courbe pour finir son virage dans l’herbe, sur son vélo tout de même. "Je savais que c’était une descente assez compliquée, mais je ne connaissais pas la route, décrit-il. J’ai juste repéré quelques points dangereux, mais c’était très raide, une route de merde".
picture

Pogacar : "J'étais choqué de voir revenir Enric, je pensais avoir 40 secondes d'avance"

Video credit: Eurosport

Sur ce point, personne ne pourra vraiment le contredire. Mais sa responsabilité reste entière, coupable d’avoir pris trop de risques. "Il a une chance énorme, a insisté Jacky Durand dans Les Rois de la Pédale. Il ne connaît pas ce virage, et s’il y avait eu un gros trou avec des cailloux, ça aurait été le soleil assuré. Il s'est fait une grosse frayeur."
Tadej Pogacar n’en est pas à sa première acrobatie. "On l’a déjà vu partir à la faute, sur les Strade Bianche, sur le Tour de France avant la montée vers Hautacam, souligne Jacky Durand. Mais là, il fait n'importe quoi." Justement, cette chute sur le Tour de France 2022 est intéressante à pointer. Inférieur à Jonas Vingegaard sur cette édition, le Slovène avait tout (trop) tenté pour distancer son adversaire. Une sortie de route similaire, sans gravité, mais un signal important qui vient nourrir la thèse d’un ego blessé, un champion piqué dans son orgueil qui en perdrait les pédales et sa trajectoire.

Plus d’eau et une fringale dans le final ? 

Une autre thèse est également à prendre en considération. Sans bidon ni ravito depuis plus de trente minutes dans la montée, Tadej Pogacar aurait également pu souffrir d’un simple coup de moins bien. Cela expliquerait en partie la remontée supersonique d’Enric Mas sur le maillot rouge au sommet et son manque de lucidité dans la descente.
picture

Concurrence et mauvais choix, Pogacar résiste à tout : le résumé de la 6e étape

Video credit: Eurosport

Enric Mas l’a peut-être d'ailleurs sauvé, lui indiquant de lever le pied d’un geste de la main, façon poignée de main entre Vingegaard et Pogi après sa chute en 2022. "J’étais content d’être avec lui dans les dix derniers kilomètres, avoue le Slovène. Je n’avais plus d’eau, il y avait le vent de face." Un compagnon de route tombé à pic pour un maillot rouge chahuté et moins souverain qu'à l'accoutumée. Que ce soit par orgueil ou par simple coup de mou, "Pogi" a simplement été rattrapé par une réaction qui n’a rien d’anormal pour un simple humain. Sauf que lui, n’en est pas vraiment un. 
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité