Vuelta 2026 - 20e étape | Des attaques de Richard Carapaz, un Enric Mas bien trop fort finalement : Tout ça pour ça ?

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La 20 étape de la Vuelta, annoncée journée-reine de ces trois semaines, n'aura pas tenu toutes ses promesses, ou du moins ne les aura-t-elle pas tenues au regard du classement. Les leaders se sont attaqués, ont même un temps évolué sans équipiers très loin de l'arrivée mais personne, pas même Enric Mas, n'était au-dessus du lot. Le cyclisme est ainsi, parfois. On l'avait un peu oublié.

L'étrange course de lenteur entre Mas, Roglic, Gall et Carapaz au Puerto Del Duque

Video credit: Eurosport

Ne leur dites surtout pas que cette 20e étape n'a servi à rien. Ni aux vainqueurs évidemment - les Mikel Landa, que l'on ne pensait plus revoir à pareille fête après tant de malheurs, les Enric Mas, pas vraiment bousculé par ses plus proches rivaux -, ni aux vaincus - les Tobias Haaland Johannessen, privé d'un magnifique succès d'étape, et tous ceux qui ont vu Sepp Kuss leur chiper une place au général -, ni tous les autres, simples équipiers utiles ou anonymes dans une journée où on ne savait plus du tout où chaque groupe évoluait. On ne trouvera pas un coureur qui n'a pas souffert mais beaucoup d'observateurs pour se demander si cette 20e étape n'était finalement pas une immense déception.
À quoi reconnaît-on une belle étape ? Faut-il absolument que le classement général soit chamboulé ? Peut-être. La chevauchée de Marco Pantani vers Les Deux-Alpes sur le Tour 1998 vaut autant pour l'entreprise dingue dans laquelle le Pirate s'était lancé sous une météo apocalyptique que pour les écarts, finalement décisifs pour son sacre final, d'un autre temps sur la ligne d'arrivée. Richard Carapaz, le plus remuant (comme souvent) dans cette 20e étape, aurait pu être le Pirate de ce Tour d'Espagne mais nul ne croyait vraiment que ses attaques, à plus de 90 kilomètres de l'arrivée pour la plus précoce, portaient en elle l'espoir de renverser le général.

Roglic et Gall, trop sages vraiment ?

Pour autant, lui reprocher de ne pas avoir été assez fort pour laisser sur place ses rivaux et s'envoler a minima vers le podium, ressemblerait à un comportement d'enfant gâté. C'est précisément parce que l'on a pu constater que Carapaz n'avait pas tout à fait les jambes qu'il faut saluer sa manière de courir, ce samedi et quasiment sur toute la Vuelta. N'est-ce pas ça le vrai panache ?
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Un coup de folie ? Carapaz part en contre-attaque à 94 km de l'arrivée

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L'Equatorien n'a rien perdu finalement mais il a pris de vrais risques, tout comme Sepp Kuss, sauf que plus malin, plus fort et mieux aidé (par Wout van Aert évidemment), lui a réussi une partie de son entreprise, passant de la 11e à la 5e place du général, ce qui à l'échelle de l'histoire du cyclisme, ne vaut pas pour grand-chose mais qui n'en demeure pas moins une grande performance physique tout en le ravissant ce samedi, ce qui reste le plus important.
Il y avait sur cette Vuelta un petit paquet de coureurs à peu près au même niveau et un, un tout petit peu au-dessus de la mêlée. Il était clair qu'Enric Mas n'avait pas vraiment à craindre de voir Primoz Roglic attaquer ce samedi, ce que le Slovène n'a pas fait, déjà occupé à sauver sa deuxième place face à Félix Gall. L'Autrichien n'a pas non plus tenté le diable et si c'est un peu décevant peut-être au regard du suspense, ça n'a rien de surprenant. Rappelons qu'en trois semaines, Roglic n'a jamais repris de temps à Mas en montagne et que Gall l'avait fait une fois, pour un gain de 10''. Auraient-ils dû croire que la 20e étape serait différente des 19 premières et tout risquer ce samedi pour qu'on ne soit pas déçu de l'issue ?

Les défaillances n'existent plus en 2026

Tous les ingrédients étaient pourtant là avec un début d'étape fou, une bordure qui a même fait naître tous les fantasmes pendant un court laps de temps, des attaques très lointaines et des leaders esseulés. Tout était là, ou presque. Même sur une Vuelta courue dans une chaleur étouffante, les vraies défaillances n'existent plus dans le cyclisme de 2026, en tout cas pas chez ces leaders-là, or la possibilité, et seulement la possibilité, est parfois une condition sine qua non au spectacle. Comment croire que l'on pourra reprendre deux, trois, quatre ou cinq minutes au maillot rouge quand on sait qu'il restera en gestion, les yeux rivés sur l'écart et son capteur de puissance ?
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Allez, c'est parti : Kuss premier à attaquer, dans le Puerto d'El Purche

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Il n'y avait plus Tadej Pogacar depuis deux semaines sur ce Tour d'Espagne mais l'on a assisté peu ou prou à ce à quoi nous aurions eu droit en sa présence, c'est-à-dire à un cavalier seul. L'unique différence fut que Mas n'était pas quatre ou cinq jambes au-dessus des autres, ce qui a changé les choses dans notre esprit, pas sur la route.
L'abandon du Slovène avait fait naître beaucoup d'espoirs, notamment celui de retrouver un cyclisme à l'ancienne où tout est possible. Espoir déçu qui va de pair avec la sensation que cette Vuelta, privée des quelques aliens du moment, ressemblait à une chance qui ne repassera pas de sitôt. Tant pis pour le suspense, plus victime que ne le fut finalement le spectacle lui-même.
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