Vuelta 2026 | Temps gelés, course niée : Une 21e étape, à quoi bon ?

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Comme sur les deux derniers Tours de France, les organisateurs de la Vuelta ont décidé que les temps seraient gelés avant la véritable ligne d'arrivée de la dernière, à 10 kilomètres précisément en ce qui concerne ce dimanche à Grenade. Une volonté des coureurs qui ont invoqué, comme toujours, des questions de sécurité. Si l'argument est entendable, la répétition de son utilisation interroge.

"Du bricolage", "l'image des coureurs n'en sort pas grandie" : le gel des temps surprend

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Le cyclisme est-il une version moderne des jeux du cirque ? A l'évidence, non et quand les coureurs évoquent leur sécurité, il convient l'immense majorité du temps de les écouter, les leurs ayant parfois payé de leur vie pour les erreurs des autres. Le circuit de Grenade est peut-être dangereux mais aurait-on imaginé geler les temps au classement général à 10 kilomètres de l'arrivée si la Vuelta n'en était qu'à la 12e étape ? Bien sûr que non mais la 21e sert souvent de prétexte aux décisions faciles et à la négation de la course.
Voilà plusieurs jours que les coureurs discutent via les canaux de communication qui sont les leurs pour demander à l'organisation de geler les temps au classement général, et ainsi figer les positions, dès le premier passage sur la ligne à Grenade, soit à 42 kilomètres de l'arrivée. La poire fut en quelque sorte coupée en deux puisque c'est à l'avant-dernier passage sur la ligne qu'Enric Mas saura qu'il a effectivement remporté la Vuelta. En cause, une descente à affronter à quatre reprises et jugée trop dangereuse par la quasi-intégralité du peloton, seules deux équipes n'étant pas en phase avec la décision du peloton.
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Un beau lauréat... "Mas a bien géré et Movistar a eu des stratégies claires"

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"On n'a pas besoin d'un parcours technique sur la dernière étape, et de tout ce stress", répondait Félix Gall à notre micro quand on lui demandait samedi si avec 31 secondes de retard sur Primoz Roglic, il avait encore l'espoir de grimper sur la deuxième marche du podium. Ainsi, tous les coups, ou presque, seraient permis jusqu'au samedi mais le dernier dimanche, sorte de jour saint, ne serait pas concerné par l'affaire. Drôle de manière de voir les choses, d'autant que la décision actuelle ne dit pas tout à fait son nom.

La mauvaise habitude

Imaginez donc que Félix Gall pointe avec 32 secondes d'avance sur Primoz Roglic à l'avant-dernier passage sur la ligne, il deviendrait de facto le dauphin officiel d'Enric Mas et le Slovène pourrait toujours revenir dans le dernier tour que ça ne servirait à rien. En fait, chacun a compris que les coureurs du général se sont mis d'accord pour ne pas faire la course sur un parcours qui le permettait pourtant, au moins un peu. 
C'est leur droit le plus précieux mais la manière de maquiller leurs envies a de quoi déranger, d'autant que ceci devient une (mauvaise) habitude du cyclisme. Ce fut notamment le cas sur les deux dernières éditions du Tour de France, depuis que Montmartre a été ajouté, changeant totalement la face de cette dernière journée. Évidemment, les 21e étapes de 2025 et 2026 furent de magnifiques moments de vélo, probablement aidés par le fait que les coureurs du général ne risquaient rien, mais c'était un peu nier ce qu'est un grand tour, à savoir une bataille longue de 21 étapes, pas 20. Si ce qu'on veut, c'est une classique, autant en créer une, à Paris, à Rome ou ailleurs.

À force de crier au loup...

A force de demander le gel des temps, les coureurs vont peut-être perdre le droit d'une dernière étape en forme de semi-défilé. Personne ne souhaite à Enric Mas de perdre la Vuelta sur une chute le dernier jour, puisque c'est l'un des arguments avancés, mais si quelqu'un le souhaitait à Tadej Pogacar au bout d'une semaine, qu'il lève la main et s'avance. Faut-il finir les grands tours par une étape de montagne pour "forcer" les leaders à se battre jusqu'au bout ? Faut-il les achever systématiquement par un contre-la-montre pour éviter les risques tout en maintenant le suspense ?
Le risque de demander le gel des temps quand le parcours est jugé trop dangereux, pour une dernière étape de grand tour censée être "tranquille", sans que l'on sache bien qui a décidé ceci, c'est de perdre un peu de crédibilité et beaucoup de soutien. Comment réagiront les observateurs quand la demande sera légitime, à cause notamment de conditions météorologiques extrêmes, et plus important encore, le public ? À force de crier au loup, on pourrait un jour ne plus les croire sur parole…
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