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"J'ai su gérer"
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Publié 30/05/2005 à 18:30 GMT+2
Personne ne l'attendait vraiment. Pas même sa propre mère. Mais Paolo Savoldelli, revenu de nulle part, a déjoué tous les pronostics pour s'offrir sa deuxième victoire dans le Tour d'Italie. Un succès qu'il doit à sa parfaite gestion de la course, plus qu
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Crédit: Eurosport
Paolo Savoldelli était-il le meilleur coureur de ce 88e Tour d'Italie? Pas sûr. Mais peu importe. Ivan Basso pourra toujours prétendre qu'il était le plus fort, et que sans un virus tombé au pire moment, il aurait survolé l'épreuve. Gilberto Simoni peut bien se targuer d'avoir sans cesse fait la course en montagne, où il était globalement supérieur. Sur le podium milanais, il n'y avait de place que pour un seul maillot rose et il enserrait bien les épaules de Savoldelli.
Sans jamais avoir développé une domination propre aux vainqueurs des grands Tours, le Bergamasque s'en est donc sorti. "J'ai gagné ce Tour d'Italie parce que je savais pouvoir le perdre , expliquait le Transalpin dimanche dans la capitale lombarde. Je suis un coureur qui raisonne beaucoup, et je connais mes limites. Dans ce Giro, j'ai su bien gérer ma course." Tout simplement.
Bruyneel y croyait
Ses trois semaines ne furent pourtant pas un long fleuve tranquille. "A l'arrivée à Frosinone, je suis tombé et j'ai perdu 43 secondes, rappelle-t-il. J'y ai pensé dans le col de la Finestre, samedi. Dire que je risquais de perdre le Giro à cause de cette chute idiote. Et puis, j'ai eu aussi une petite faiblesse dans le final de Livigno." Le mérite de Savoldelli est d'autant plus grand qu'il a dû se débrouiller vraiment tout seul en montagne, faute d'une équipe suffisamment solide autour de lui.
D'où son ambition pour le moins modérée voilà trois semaines. Conscient de ne pas avoir bâti une équipe pour gagner, Johan Bruyneel se voulait pourtant optimiste. "J'ai toujours cru que le podium était envisageable, et même la victoire si les circonstances nous étaient favorables, explique le manager de la formation Discovery Channel. C'est dans cette optique que nous avions recruté Paolo."
Le Tour pour aider Armstrong
Avec deux Giro dans sa musette, Savoldelli rejoint au palmarès plusieurs de ses compatriotes, dont Gibo Simoni et Ivan Gotti, les deux derniers doubles lauréats italiens avant lui. Comme eux, son palmarès aura du mal à s'étoffer en dehors des frontières italiennes. Le modeste Paolo le sait, mais son sort le comble de bonheur. "Je gagne peut-être peu, mais je gagne les bonnes courses. Pour moi, c'est le Giro de la confirmation. Elle aurait pu venir plus tôt si je n'avais pas été blessé pendant deux ans ", note-t-il à juste titre.
Et maintenant? Ce retour au premier plan va-t-il changer son statut, dans le peloton comme au sein de son équipe? Peu probable. Le Tour de France, il le disputera dans la peau d'un équipier, de luxe certes, mais au service de sa majesté Lance Armstrong, comme tout le monde. "Le Tour, j'y vais pour aider Lance. Il est le plus fort, je travaillerai pour lui. Je ne pense pas au maillot jaune", assure l'Italien. Puis, pour le moment, je veux savourer ce maillot rose. "
"Il a besoin de récupérer"
Johann Bruynel se veut dans le même état d'esprit. "Ce ne sera pas du tout la même approche pour lui que sur le Giro, reprend le Belge. D'abord, il a besoin de récupérer et de se reposer. Je vais le laisser tranquille une semaine et le laisser déguster sa victoire. Ensuite, nous penserons au mois de juillet. Mais il n'aura aucune pression. Il a rempli son contrat. S'il est en bonne condition, il fera son job".
Après tout, Savoldelli n'est plus à une surprise près. Le mois dernier, il n'apparaissait pas dans la liste des favoris du Giro. Tout juste dans celle des outsiders. Sa propre mère n'osait croire en ses chances. Lui-même ne savait trop quoi penser après ses deux saisons noires. En trois semaines, son horizon s'est sérieusement éclairci. Le Faucon à la gueule d'ange fait à nouveau parler de lui. A 32 ans, il n'était donc pas trop tard.
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