Basso, maître des cols

Ivan Basso a frappé un très grand coup sur le Tour d'Italie 2006. Le maillot rose s'est imposé en solitaire au sommet du mythique Monte Bondone, lors de la 16e étape. Un tour de force et un coup de maître pour l'Italien de la CSC qui relègue la concurrenc

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"Je tiens à gagner au moins une étape avec le maillot rose, c'est tout ce qu'il me reste à faire dans ce Giro. Et cette étape, j'aimerais que ce soit celle de mardi, sur le Bondone." Il l'a voulue, il l'a eue. Rien ne semble pouvoir résister à Ivan Basso sur ce Tour d'Italie 2006. En deux arrivées au sommet, le leader de la CSC a écrasé la concurrence et imposé sa marque sur l'épreuve. Il avait dégoûté Damiano Cunego dans la montée du Passo Lanciano. Il a fini d'écoeurer ses rivaux dès les premiers hectomètres du Monte Bondone. Gilberto Simoni en tête qui pensait faire la fête sur ses terres, devant famille et supporters.
Désireux de porter l'estocade fatale au leader, le coureur de Saunier Duval, accompagné de son coéquipier Leonardo Piepoli, a vu Basso coller à sa roue, plus que jamais englué même. Sans forcer, à son rythme, le maillot rose n'a probablement pas laissé perler une goutte de sueur avant de déposer ses deux infortunés compagnons. Si l'on avait été dans les montagnes françaises et que le rose était échangé contre du jaune, le scénario aurait paru bien familier... Le palmarès de Basso n'est pas encore celui de Lance Armstrong, mais, dans l'attitude et l'approche des courses, l'Italien est en train de ressembler à l'Américain.
CSC comme Discovery
Comme lui, il sait désormais placer les piques assassines, au moment les plus marquants. S'il voulait gagner au Bondone, c'est aussi pour la portée symbolique. Une étape qui est aux Italiens ce que l'Alpes d'Huez est à l'Hexagone: une victoire de prestige pour les nationaux. Et pour l'aspect historique aussi, 50 ans après l'épopée de Charlie Gaul. Le Luxembourgeois s'était imposé contre tous et la météo surtout avant de remporter le Tour d'Italie. Un signe peut-être.
Au contact du septuple vainqueur de la Grande Boucle, Basso a indéniablement appris, pour lui, et surtout son équipe. La CSC a géré de main de maître la traversées des Dolomites. Jamais les hommes de Bjarne Riis n'ont laissé les commandes à qui que ce soit, même si Saunier Duval a tenté une approche en tête pour placer Simoni. Le train, c'est la CSC qui l'a imposé et personne d'autre. Le jeune Miguel Angel Rubiano Chavez (Panaria) a beau s'être offert une échappée au long cours en solitaire (110km), pas de quoi inquiéter l'équipe danoise. Car quand elle l'a voulue, cette dernière a haussé le rythme, ramené le Colombien à la raison et dans le rang.
A l'instar du train de la Discovery, on pourra désormais parler d'un CSC Express. Celui qu'a vu passer Rubiano Chavez. Celui qui a fait exploser les concurrents de Basso dans l'ascension finale. Un rythme d'enfer qui a fait disparaître notamment Damiano Cunego de l'horizon de Basso, et sans doute définitivement de la course au podium. Le vainqueur 2004 se retrouve à près de 14 minutes au général, autant dire une éternité. Danilo Di Luca est encore plus loin. Seul Jose Enrique Gutierrez (Phonak), surprenant dauphin, tient le choc, mais il est déjà relégué à plus de cinq minutes. La dernière marche du podium se joue elle à près de 10 minutes de l'intouchable Italien.
Gadret tient la cadence
Basso seul devant, tous les autres derrière et parmi eux Sandy Casar. Le Français a certes reculé d'un rang au général (7e), mais il a annoncé qu'il défendrait son résultat jusqu'au bout. Sur la route du Bondone, John Gadret a démontré que les Tricolores étaient bel et bien présents. Le coureur de l'AG2R a suivi la cadence imposée par la CSC dans l'ascension finale avant de prendre une excellente 5e place sur la ligne.
Basso courrait après un peu de reconnaissance que son talent mérite, mais dont le prive sans doute son caractère réservé. Le Transalpin a toujours déclaré être venu sur le Giro pour répondre aux attentes des médias italiens et des fans de cyclisme. Des tifosi de plus en plus nombreux à l'attendre et à l'acclamer le long des routes de la péninsule. Ivan est en train de devenir Le Terrible pour ses rivaux, mais le Bien-aimé pour une Italie disposée à se mettre à sa botte.
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