Basso: "Pas de cadeau"

Ivan Basso s'est encore rapproché de la victoire finale dans le Giro 2006 mardi en survolant le Monte Bondone. L'Italien s'est imposé en patron, presque en tyran, en laminant une concurrence déjà désabusée. Aussi prudent dans ses paroles que sûr de son fa

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Crédit: Eurosport

On a souvent comparé Ivan Basso à Miguel Indurain. Par son caractère effacé, son allure majestueuse en montagne, l'Italien rappelle effectivement le quintuple vainqueur du Tour de France. Mardi, sur les pentes du Monte Bondone, c'est pourtant davantage à Lance Armstrong qu'au Navarrais que le maillot rose a fait penser. Cette manière d'écraser la course et ses adversaires avait comme un air de déjà-vu. "Lui è fuoriclasse, stesso Lance Armstrong" , tonnaient d'ailleurs les commentateurs de la RAI. Traduction: "il est hors concours, comme Lance Armstrong."
Là où Indurain laissait volontiers des poussières de gloire à ses rivaux par mansuétude, Basso a choisi de suivre les traces du Texan. "Je n'ai pas à faire de cadeaux, assène-t-il d'emblée. Mes résultats sont le fruit de sacrifices, d'efforts, de travail. Si je peux gagner, je gagne". On comprend d'autant mieux sa position que jusqu'à un passé récent, le Varésan était raillé pour la maigreur de son palmarès. "Pour moi, ajoute-t-il, c'est important de gagner car je n'en ai pas souvent l'occasion, je ne suis pas très rapide aux arrivées."
Sauf catastrophe...
Le meilleur moyen de triompher est donc encore d'arrivée en solitaire. Ce fut le cas au Passo Lanciano voilà neuf jours, lorsqu'il avait endossé le maillot rose. Personne n'avait pu le suivre. Il a remis ça dans le Monte Bondone, une pente de légende où Basso a écrit la sienne mardi. Conscient du poids de l'histoire, il voulait cette victoire, surtout avec le paletot sur le dos: "C'est certainement ma plus belle victoire. Gagner ici, ça représente beaucoup pour moi, et on n'a pas tous les jours l'occasion de s'imposer en étant porteur du maillot rose."
S'il n'est pas victime d'une catastrophe dans les jours à venir, Ivan Basso remportera dimanche le premier grand Tour d'une carrière où le meilleur reste certainement à venir. Loin d'une éclosion précoce et spectaculaire à la Cunego, le Lombard a pris son temps pour atteindre les sommets et donner sa pleine mesure. Dire que ces trois semaines de course ont changé la manière dont l'Italie le perçoit relève de l'euphémisme. On le respectait sans l'admirer. Désormais, public et médias ne jurent plus que par lui. Parce qu'il gagne, bien sûr. Mais aussi parce qu'il dégage une certaine aura.
"Je sais comment on me voit"
Basso sent bien les regards changer autour de lui. Dans le peloton, ses congénères ne sont pourtant pas étonnés. "Je sais comment on me voit, reprend l'intéressé. Les gens ne se font pas un avis sur une seule journée, cela fait des années qu'ils me connaissent. Je pense avoir l'estime de mes collègues." Il suffit d'écouter Gilberto Simoni pour s'en convaincre. "On ne peut que saluer Ivan. Il est vraiment très, très fort. Il n'y a rien à faire contre lui", estime le Trentinois, qui fut le plus résistant dans le Bondone, sans pouvoir rivaliser.
Malgré les éloges et les succès, le maillot rose, lui, ne change pas. Humble dans la victoire, il refuse de se départir de sa prudence habituelle. "Cette victoire d'étape et le temps que j'ai gagné au général me rendent plus confiant mais il reste quatre étapes redoutables bourrées d'ascensions difficiles" , rappelle-t-il. "Tout peut arriver. Je crains le final à Plan de Corones sur une route en terre, mercredi, l'arrivée en altitude à San Pellegrino vendredi et le Mortirolo samedi. On a toujours un peu peur avant les grandes montées." Mais la peur, aujourd'hui, c'est lui qui l'inspire...
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