Des coins de ciel bleu

Même s'il manque, contrairement à l'année dernière, une victoire d'étape, le cyclisme français fait plutôt bonne figure sur le Tour d'Italie 2006. Sandy Casar (Française des Jeux) est solidement installé dans les dix premiers, alors que John Gadret (AG2R)

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Crédit: Eurosport

On se plaint trop souvent, et à juste titre, de la faiblesse d'ensemble du cyclisme français, pour ne pas se réjouir quand le ciel s'éclaircit, au moins partiellement. Avant les quatre dernières étapes, le bilan tricolore dans ce Giro 2006 est plutôt encourageant. Bien sûr, il manque le succès d'étape qui laisse une empreinte durable dans les livres, comme celle acquise par Christophe Le Mével la saison passée, à Varazze. Toutefois, à moins d'une catastrophe d'ici Milan, le cru 2006 a tout pour s'avérer de bonne qualité.
Parmi les motifs de satisfaction, Sandy Casar figure en bonne place. Le Francilien a désormais toutes les chances de terminer dans les dix premiers du général. Propulsé à la sixième place dimanche à la faveur d'une des rares échappées qui soit allée au bout, même s'il n'en sortit pas vainqueur, le protégé de Marc Madiot n'était pourtant pas très heureux de son sort. "Sixième du Giro, d'accord c'est bien mais ce n'était pas le but recherché , grognait-il comme pour souligner ce paradoxe. Je voulais gagner une étape et ne pas me griller."
Une trop belle occasion
Un sentiment partagé par le manager de l'équipe Française des Jeux, échaudé par l'édition 2003, que Casar avait disputé à fond pour terminer 13e. Il avait payé très cher cette débauche d'énergie par la suite, notamment sur le Tour de France. "L'idée de départ de ce Giro, c'était d'aller chercher une étape, sans trop se soucier du général, expliquait Madiot sur l'antenne d'Eurosport. C'est raté. On ne voulait surtout pas que ça recommence comme il y a trois ans. C'est pourquoi nous voulions qu'il fasse un Giro assez tranquille, sans se mettre dans le rouge, en visant une victoire d'étape. Malheureusement, on se retrouve dans une situation exactement inverse."
Au vu de l'effrayante dernière semaine de ce Giro, s'accrocher à tout prix à cette place d'honneur comportait effectivement quelques risques. Mais la tentation était trop forte, l'occasion trop belle. Comme souvent, Sandy a donc couru à l'instinct. Il a joué sa carte, sans chercher à suivre à tout prix les meilleurs. C'était sans doute la meilleure solution. "Quand j'ai vu que je ne pouvais pas suivre, j'ai préféré décrocher pour monter à mon rythme ", expliquait-il mardi à l'issue de la première grande étape de montagne des Dolomites.
Pas de fatalité
Résultat, après les deux redoutables étapes du Monte Bondone et du Plan de Corones, même si celle-ci a été sérieusement escamotée, Casar n'a reculé que d'un petit cran dans la hiérarchie. 7e à 14 minutes d'Ivan Basso, il est juste devant Damiano Cunego au général. Une jolie référence. Avec près de quatre minutes de marge sur Jose Luis Rubiera, le voilà bien parti pour rester dans le Top 10. Or il faut tout de même remonter à 1999 et la quatrième place de Laurent Jalabert pour trouver trace d'un classement aussi flatteur pour un Français. Ce n'est donc pas rien.
Outre Casar, l'autre belle surprise de ce Tour d'Italie, c'est évidemment John Gadret. Plus en retrait au général (27e), le Champenois, Nordiste d'adoption, est une vraie révélation à ce niveau en montagne. Lors des trois arrivées au sommet, il a terminé 7e, 5e puis 6e. Quasi novice sur la route malgré ses 27 ans, ce cyclo-crossman de formation épate par sa lucidité en course et son endurance, lui qui n'a guère l'habitude des épreuves de trois semaines. Le coureur AG2R a de belles années devant lui. Casar et lui sont la preuve que le cyclisme français n'est pas condamné à la médiocrité. Il n'y a pas de fatalité.
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