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Evans prêt pour l'histoire

Evans prêt pour l'histoire
Par Eurosport

Le 06/05/2010 à 12:18Mis à jour

Depuis son titre de champion du monde, Cadel Evans semble libéré. Il rêve maintenant de devenir le premier coureur australien à enlever un des trois grands tours. Le leader de BMC tente sa chance sur le Giro, auquel il n'avait plus pris part depuis 8 ans. Il a les moyens de le remporter.

Cadel Evans débutera le Giro avec le numéro un. Il espère le finir dans la même position. En l'absence du tenant du titre, Denis Menchov, de son dauphin, Danilo Di Luca, suspendu pour dopage et du troisième, Franco Pellizotti, qui a des soucis avec son passeport biologique, les organisateurs du Tour d'Italie ont décidé d'attribuer le dossard 1 à Cadel Evans. Privilège de champion du monde? Sans doute. Clin d'oeil annonciateur d'un futur sacre en rose, dans trois semaines, à Vérone? Peut-être. Evans est trop prudent pour déclamer aussi fort son ambition. Mais une chose est sûre: ce Giro lui fait envie.

En décrochant le titre mondial l'année dernière à Mendrisio, l'Australien a obtenu la très grande victoire qui manquait encore à son palmarès. A 32 ans, il était temps. Mais il semble aujourd'hui en mesure de rattraper le temps perdu. Son succès dans la Flèche Wallonne, à la mi-avril, lui a offert sa première classique. Maintenant, il va tenter d'accrocher un grand tour. La chance de sa vie, Evans l'a peut-être laissé filer sur le Tour de France 2008 quand, en l'absence de Contador, il avait longtemps porté le maillot jaune avant de se voir ravir la victoire par Carlos Sastre. S'il devait finir sa carrière sans remporter une des trois courses de trois semaines du calendrier, la cicatrice serait vive. Alors il veut tout donner en 2010 pour combler ce manque. En deux mois, Evans enchaînera donc Giro et Tour.

Le souvenir de 2002

Selon toute vraisemblance, c'est en Italie que ses chances sont les plus élevées. Il s'est préparé en conséquence, notamment en reconnaissant avec soin plusieurs étapes, dont celle du Plan de Corones, qui promet d'être un des points clés de la course. L'équipe BCM a organisé un stage spécial en altitude dans les Dolomites après les Ardennaises afin de permettre à son leader d'optimiser sa préparation. "J'ai fait tout ce que je pouvais pour aborder au mieux ce Giro, juge le champion du monde. Je suis en bonne condition, en confiance. Je crois que ce Guiro me convient. Il faudra être bon grimpeur mais aussi très polyvalent car il y a beaucoup d'étapes qui demandent des types d'efforts très différents les uns des autres. Mais comme toujours, pour gagner un grand tour, il faudra être bon tous les jours."

Pour lui, ce sera tout de même une forme de découverte puisqu'il n'a plus participé au Giro depuis 2002. "On m'a dit que le Giro avait beaucoup changé ces dernières années. Je vous dirai ça dans quelques jours", sourit-il. Depuis huit ans, il avait axé sa saison sur le Tour de France, choisissant de délaisser le Tour d'Italie. Sa venue cette année signifie-t-elle qu'il a renoncé à ses ambitions sur la Grande Boucle? Non. "Simplement, explique-t-il, je crois que je suis capable d'enchaîner les deux. En 2007, ça m'avait réussi de disputer deux grands tours de suite (NDLR: il avait fini 2e du Tour puis 4e de la Vuelta). Je suis capable de rester en bonne condition sur une durée très longue. C'est une de mes forces. Je sais que cela va à l'encontre de l'avis général, mais je pense pouvoir retrouver un pic de forme au mois de juillet."

De toute façon, il n'était pas question pour lui de renoncer au Giro. "Pour différentes raisons, j'avais très envie de venir. Mon coach est italien, ma femme est italienne, j'habite tout près de la frontière italienne et j'adore courir ici." Gagner ici serait encore mieux. L'enjeu, pour lui, est de devenir le premier coureur australien à s'imposer dans un des trois grands tours. En 2002, lors de sa précédente participation, il avait porté une journée le maillot rose. Le champion naissant qu'il était en avait été profondément marqué. Il se contenterait de doubler son capital cette année, pour peu que ce jour soit le bon, le 30 mai prochain. L'histoire est à ce prix pour lui.

AFP

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