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Pellizotti ne comprend pas

Pellizotti ne comprend pas
Par Eurosport

Le 05/05/2010 à 10:52Mis à jour

Trahi par les variations anormales de ses paramètres sanguins de son passeport biologique, Franco Pellizotti a été interdit de Tour d'Italie, le grand objectif de sa saison, qui débutera sans lui samedi. L'Italien clame son innocence et veut prouver qu'il n'a absolument rien à se reprocher.

Ce Giro devait être le couronnement de sa carrière. Du moins l'espérait-il. Après sa troisième place sur le podium final l'an dernier (transformée en place de dauphin après le déclassement de Danilo Di Luca), Franco Pellizotti se sentait capable de franchir les dernières marches qui le séparaient encore du maillot rose. Peut-être l'était-il, mais il n'aura pas l'occasion de le démontrer puisque l'Italien a été privé de départ en raison de valeurs anormales sur son passeport biologique.

Mercredi, c'est donc un Pellizotti abattu qui s'est exprimé devant les journalistes italiens. "J'aurais préféré donner une autre conférence de presse, peut-être à Amsterdam", a-t-il soufflé. Le coureur de l'équipe Liquigas a fait part de son écoeurement, s'estimant victime d'une injustice. "Quand je pense à tous les sacrifices que j’ai fait, tout le travail effectué, tous ces moments où j’ai dû négliger ma famille, et maintenant, je ne peux plus courir..., a-t-il déclaré au quotidien la Repubblica. Je ne veux pas parler du coureur que je suis, mais de l’homme que je suis. Je tiens à affirmer que je suis propre. Je ne suis pas inquiet mais c’est très ennuyeux, car je devrais être aux Pays-Bas pour le Giro. C’est pourquoi je pense que tout cela est une plaisanterie.”

"Ils auraient du me contrôler davantage"

Pellizotti veut maintenant essayer de prouver son innocence. Son avocat, Rocco Taminelli, et le docteur de l'équipe Liquigas-Doimo, Roberto Corsetti, ont tous les deux remis en cause la façon dont les experts ont analysé les données du passeport biologique du coureur pour l'interdire de s'aligner au départ du Giro. "Nous ne contestons pas le passeport biologique, a expliqué l'avocat dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport, c'est le bon instrument pour le cyclisme professionnel. Mais en l'occurrence, dans ce cas, il a été mal appliqué." "Ce qui ressort de ces analyses ne mènent pas selon moi à une évidence de dopage", souligne de son côté Roberto Corsetti.

Le meilleur grimpeur du dernier Tour de France a également trouvé un appui de poids auprès du professeur Giuseppe Banfi, un éminent hématologue italien. "Les données de Pellizotti sont très stables et lorsqu'il y a des variations, elles ne peuvent être avec certitude être attribuées à un comportement frauduleux au plan sportif. Elles peuvent très bien s'expliquer par une perte de liquides." Et Pellizotti de s'insurger qu'une décision aussi brutale et lourde de conséquences ait pu être prise sur la base de simples soupçons. “Je n'arrive pas à comprendre pourquoi d’autre tests n’ont pas été faits, s'interroge-t-il. S’il y a des doutes, ils auraient du me contrôler davantage.

En attendant, au lieu de préparer sa quête du maillot rose, Pellizotti doit préparer sa défense. Il a été convoqué mardi par le procureur antidopage du Comité olympique italien et devra s'expliquer lors d'une audience le 17 mai sur les anomalies de son passeport biologique. Quoi que choisisse de décider le CONI, Pellizotti pourra faire appel auprès du Tribunal Arbitral du Sport, lequel devra déterminer si les résultats du passeport biologique sont suffisants pour suspendre un coureur pour une durée pouvant aller jusqu'à deux ans.

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