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Cinq hommes, trois places, deux étapes : le Giro comme on l’aime

Cinq hommes, trois places, deux étapes : le Giro comme on l’aime

Le 31/05/2019 à 23:25Mis à jour Le 01/06/2019 à 10:31

TOUR D’ITALIE – A deux jours de l’arrivée, ils sont encore quatre à pouvoir rêver de la victoire et cinq à espérer monter sur le podium à Vérone, dimanche. Avec une grosse étape de montagne samedi puis un chrono pour terminer, ce Giro 2019 promet encore une énorme bagarre, même si tous n’ont pas les mêmes stratégies.

Richard Carapaz (Movistar)

Classement : Leader du classement général

Ce qu’il doit faire : Avec près de deux minutes d’avance sur tous ses adversaires à deux jours de l’arrivée, l’Équatorien fait un leader très solide. Surtout, il montre jour à jour une solidité à toute épreuve en montagne, même s’il n’a pas semblé aussi aérien que cela dans le Mortirolo. Il peut aussi compter sur une équipe très solide à son service et sur un équipier de luxe en la personne de Landa, si celui-ci ne lui fait pas défaut. Comme lors de la 16e étape, Carapaz et la Movistar auront tout intérêt à rester groupés plutôt que de chasser les différentes attaques.

Son "pire ennemi" : L’affolement. A la pédale, on ne voit pas vraiment comment il pourrait perdre son maillot rose, d’autant que NIbali comme Roglic ne semblent pas impériaux. Seule une franche erreur tactique des Movistar pourrait le perdre, comme celle de sauter sur chaque attaque d’un des deux hommes. Soutenu comme il l’est par ses équipiers, il doit en profiter un maximum et réguler son effort, comme dans le Mortirolo.

Notre prono : Vainqueur à Vérone, bien soutenu par la Movistar

Mikel Landa (Movistar) se retourne vers son équipier et maillot rose Richard Carapaz (Movistar) lors de la 16e étape du Tour d'Italie 2019

Mikel Landa (Movistar) se retourne vers son équipier et maillot rose Richard Carapaz (Movistar) lors de la 16e étape du Tour d'Italie 2019Getty Images

Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida)

Classement : 2e du général à 1’54’’

Ce qu’il doit faire : Il n’a plus le choix. Pour avoir longtemps sous-estimé Carapaz et la Movistar, le Requin de Messine se retrouve aujourd’hui forcé à réaliser un miracle. S’il y a quelqu’un qui en est capable, c’est bien lui. Avec le programme proposé samedi (cinq ascensions dont le Passo Manghen), il ne serait pas surprenant de le voir tenter un coup de poker, à quitte ou double. Il l’a dit plusieurs fois « seule la victoire m’intéresse, pas une 2e ou une 3e place ».

Son "pire ennemi" : Le profil de l’étape. Si les 100 premiers kilomètres de l’étape sont tout à fait favorables à une attaque prématurée de Nibali, le reste de l’étape l’est beaucoup moins. Au sommet d’un Passo Rolle déjà roulant (4,6%), il reste encore 61km dont une bonne vingtaine en faux-plats. Pas franchement idéal pour un homme seul.

Notre prono : Troisième à Vérone en ayant tenté le tout pour le tout samedi.

Vincenzo Nibali - Giro d'Italia 2019

Vincenzo Nibali - Giro d'Italia 2019Getty Images

Primoz Roglic (Jumbo-Visma)

Classement : 3e du général, à 2’16’’

Ce qu’il doit faire : Pour gagner ce Giro, le Slovène va devoir reprendre du temps à Nibali et Carapaz. Le seul chrono de Vérone, s’il peut lui permettre de reprendre entre 30’’ et 1’ aux deux hommes, ne suffira pas. Reste que le vainqueur des deux chronos de ce Tour d’Italie n’a pas forcément les meilleures jambes en cette troisième semaine, même s’il y a eu du mieux dans la montée vers San Martino di Castrozza. Sa meilleure chance réside sans doute dans une explosion des deux hommes qui se seraient fait la guerre très (trop) tôt.

Son "pire ennemi" : L’enchaînement de cols. Depuis le début de ce Giro, Primoz Roglic n’a cessé de perdre du temps sur ses adversaires dès que la pente s’est élevée. Rien qu’en montagne, il compte plus de 5 minutes de retard sur Carapaz et le Slovène n’a jamais semblé le plus à l’aise lors des enchaînements de cols comme celui proposé ce samedi.

Notre prono : Quatrième à Vérone, pour quelques secondes après une nouvelle "défaillance" en montagne.

Primoz Roglic a montré ses limites dans le Mortirolo lors de la 16e étape du Giro 2019

Primoz Roglic a montré ses limites dans le Mortirolo lors de la 16e étape du Giro 2019Getty Images

Mikel Landa (Movistar)

Classement : 4e du général, à 3’03’’

Ce qu’il doit faire : Très fort, l’Espagnol doit avant tout penser à défendre le maillot rose de son coéquipier devenu leader. Un scénario qui ne lui plait pas trop, lui à qui l’on reproche souvent d’être trop égoïste. Samedi, cela pourrait tout de même lui permettre d’aller chercher le podium. Que ce soit en suivant de loin un Lopez ou un Roglic ou en restant groupé avec Carapaz et leurs équipiers sur une tentative lointaine de Nibali pour mieux contrer l’Italien ensuite. Si la Movistar joue bien le coup, il y a largement la place pour ses deux leaders sur le podium final.

Son "pire ennemi" : Rouler pour Carapaz. Sur le papier, cela peut sembler proche de la tactique idéale, qui veut que la Movistar joue principalement le maillot rose. Mais rester avec et rouler pour sont deux choses totalement différentes. Si les équipiers venaient à exploser très tôt dans la course et que le maillot rose de Carapaz était mis en danger, l’Espagnol pourrait être – logiquement – sacrifier au profit de l’Équatorien. Et perdre toute chance de monter sur le podium.

Notre prono : Deuxième à Vérone, ayant attaqué Nibali dans le final de la 20e étape après les efforts de celui-ci.

Mikel Landa (Movistar) à l'attaque vers Ceserole Reale, lors de la 13e étape du Tour d'Italie 2019

Mikel Landa (Movistar) à l'attaque vers Ceserole Reale, lors de la 13e étape du Tour d'Italie 2019Getty Images

Miguel Angel Lopez (Astana)

Classement : 6e du général, à 5’33’’

Ce qu’il doit faire : Venu avec l’espoir de gagner le général ou, au moins, celui d’imiter sa performance de 2018 (3e), le Colombien n’a absolument plus rien à perdre à deux jours de l’arrivée. Repoussé à plus de trois minutes du podium, il se doit de tenter sa chance de loin pour espérer reprendre un maximum de temps à ses adversaires. Si le maillot rose semble improbable, Lopez peut compter sur une équipe très solide en montagne et capable d’anticiper les coups. Idéal sur les toboggans des Dolomites.

Son "pire ennemi" : Le chrono de Vérone. Sans doute le moins bon rouleur du top 10 avec Mikel Landa, le Colombien sait qu’il devra avoir une marge d’au moins 45’’ sur Nibali, 1’15’’ sur Roglic et 20’’ sur Landa avant la dernière étape pour espérer garder sa place sur le podium. Soit presque cinq minutes à reprendre à Roglic et Nibali et trois à l’Espagnol.

Notre prono : Cinquième à Vérone après avoir été sur le podium virtuel samedi.

Miguel Angel Lopez - Giro d'Italia 2019

Miguel Angel Lopez - Giro d'Italia 2019Getty Images

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