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Nibali a attaqué, Roglic a craqué, Ciccone a gagné

Nibali a attaqué, Roglic a craqué, Ciccone a gagné

Le 28/05/2019 à 17:24Mis à jour Le 28/05/2019 à 20:39

TOUR D'ITALIE - Primoz Roglic (Jumbo-Visma) a perdu 1'22" au train suite à un coup d'accélérateur de Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) qui a disloqué le groupe de tête, mardi sur la 16e étape. Gulio Ciccone (Trek-Segafredo) vainqueur à Ponte di Legno, Richard Carapaz (Movistar) reste en rose.

On s'attendait à une journée infernale et on n'a pas été déçu ce mardi lors de la 16e étape. L'attaque de Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) dans le Mortirolo a causé de gros dégâts parmi les favoris, à commencer par Primoz Roglic (Jumbo-Visma), une nouvelle fois en difficulté et qui perd 1'22" sur le maillot rose, Richard Carapaz (Movistar), toujours impérial. Le Slovène laisse donc sa place de dauphin au Requin de Messine, pointé à 1'47'' de l'Equatorien. Comme souvent dans cette édition 2019, la victoire est, elle, revenue à l'échappée pour la sixiième fois du Giro avec le succès de Gulio Ciccone (Trek-Segafredo) à Ponte di Legno.

Même sans le Gavia, cette 16e étape aura grandement bouleversé le classement général. Grâce notamment aux conditions climatiques qui se sont abattues ce mardi sur les Dolomites, avec de la pluie et surtout un froid terrible pour les coureurs. Grâce surtout à Vincenzo Nibali. Comme on l’attendait de sa part, l’Italien a été le premier à mettre le feu aux poudres, à huit kilomètres du sommet du Mortirolo. Une attaque tranchante que personne n’a voulu suivre.

Gestion parfaite des Movistar

L’Italien de la Bahrain-Merida a très vite pris 20’’ d’avance sur un groupe des favoris qui a explosé sur les pentes terribles (11% de moyenne) du Mortirolo. Mais il n’a jamais réussi à creuser l’écart. La faute à une Movistar très lucide autour de Richard Carapaz. Le maillot rose a de suite demandé à Antonio Pedrero de ne pas suivre Nibali et d’imposer un tempo régulier dans l’ascension pour finalement reprendre l’Italien avant le sommet, sans jamais s’affoler. Un rythme régulier mais bien trop élevé pour la majorité des leaders.

Tour à tour, Rafal Majka (Bora-Hansgrohe, 3'05'' perdus à l’arrivée), Bauke Mollema (Trek-Segafredo, + 1’22’’) et Simon Yates (Mitchelton-Scott, + 1’22’’) ont été distancés, tout comme le maillot blanc, Pavel Sivakov (Team INEOS, +2'03''). Mais la surprise est surtout venue de la défaillance de Primoz Roglic. Le leader de la Jumbo-Visma, lâché par le train de la Movistar à 6km du sommet du Mortirolo, a montré de vrais signes de faiblesse, semblant même en difficulté pour suivre Yates et Mollema dans les faux-plats vers Ponte di Legno. A l’arrivée, le Slovène concède 1’22’’ à Carapaz, Landa et NIbali qui auront cette fois su s’entendre dans le final pour creuser l’écart et enfoncer le leader de la Jumbo-Visma, désormais 3’ du général à 2’09’’ de Carapaz et 22’’ de Nibali, nouveau dauphin de l’Equatorien.

Ciccone enfin récompensé

Mais, pour la sixième fois de ce Giro, la victoire d’étape est encore revenue à l’échappée. Avec 21 coureurs à l’avant et plus de 5 minutes d’avance sur le peloton au pied du Mortirolo, on ne les pensait pas fortement capable d’aller au bout. Mais Gulio Ciccone (Trek-Segafredo) et Jan Hirt (Astana) ont réussi une montée tonitruante pour s’isoler en tête de course et perdre moins d’une minute sur les favoris. Et ils ne seront jamais revus.

Maillot azzuro de meilleur grimpeur sur le dos, sécurisé encore par ses passages en tête de toutes les ascensions du jour, l’Italien n’a eu aucun mal à s’imposer au sprint face au Tchèque pour s’offrir enfin un succès d’étape, son deuxième sur le Giro après la 10e étape de l’édition 2016. Une victoire méritée pour Ciccone, très actif depuis le départ, que ce soit dans l’optique du classement de la montagne ou pour son leader Bauke Mollema, comme il a pu le faire vers Lago Serru. Et, avec 163 points d’avance sur son dauphin, Ciccone est quasi assuré de ramener le maillot bleu à Vérone. Un Giro plus que réussi.

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