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Roglic frappe d'entrée

Roglic frappe d'entrée

Le 11/05/2019 à 20:02Mis à jour Le 11/05/2019 à 21:20

TOUR D'ITALIE 2019 - C'est tout sauf une surprise. Machine à rouler, Primoz Roglic (Jumbo-Visma) a dominé samedi le chrono inaugural du Giro. Le Slovène a devancé Simon Yates et Vincenzo Nibali de respectivement 19 et 23 secondes. Tom Dumoulin, 5e, accuse déjà 28 secondes de retard. Mais tous les grands favoris de cette 102e édition sont déjà aux avant-postes.

Il y avait Primoz Roglic et les autres, samedi à Bologne. Le Slovène de l’équipe Jumbo-Visma a remporté le chrono inaugural du Giro, avec 19 secondes d’avance sur Simon Yates (Mitchelton-Scott), seul favori qui avait décidé de partir parmi les derniers concurrents. Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida, +23") complète le podium de ce contre-la-montre de 8 bornes comprenant une bosse finale de 2,1 kilomètres à 9,7% de pente moyenne. Miguel Angel Lopez (4e) et Tom Dumoulin (5e) cèdent tous les deux 28 secondes à Roglic, seul homme sous les treize minutes (12'54"), qui frappe un grand coup.

Pour Tom Dumoulin, lauréat du Tour d’Italie 2017 et spécialiste de l’exercice, cet écart a des airs de camouflet. Le leader de la Sunweb a choisi de partir prudemment, ou a eu du mal à se mettre dans le rythme. Premier coureur à s’élancer, il a en tout cas établi un temps intermédiaire de référence qui a immédiatement été effacé. Outre Roglic, qui a fait mieux de 11 secondes, ou Nibali, devant pour 7, Lopez, le grimpeur colombien de l’équipe Astana, a notamment mis 2 secondes de moins que le Néerlandais à parcourir les 5,9 premiers kilomètres, pourtant plats.

Nibali montre les dents, Yates pari "gagnant"

Si la performance de Dumoulin, qui a encore le temps de monter en puissance dans ce Giro, peut être considérée comme préoccupante, celle de Nibali est à saluer. Le Requin de Messine, dont la forme est parfois fluctuante en amont des Grands Tours, a dû agréablement surprendre ses "tifosi". Le double vainqueur de l’épreuve (2013 et 2016) semble prêt à lutter pour un nouveau sacre, même s'il a souffert de la comparaison face à un Roglic dans son élément et impérial depuis le début de la saison, comme en attestent les trois courses par étapes auxquelles il a participé (UAE Tour, Tirreno-Adriatico, Tour de Romandie), qu'il a remportées.

Nibali a longtemps occupé le fauteuil de dauphin de ce Roglic stratosphérique, avant que Yates ne vienne donc l’en déloger. Le coureur britannique, qui a affiché une grande confiance en conférence de presse cette semaine, antépénultième des 176 coureurs à entrer en lice, avait tablé sur un départ tardif malgré les risques de pluie qui planaient au-dessus du sanctuaire Madonna di San Luca en fin d’après-midi. Bien lui en a pris, étant donné que le ciel est resté clément et qu’il a pu compter sur les temps de passages de ses adversaires, a réalisé un début de parcours moyen (+18") avant de faire quasiment jeu égal avec Roglic sur la fin.

Landa et Zakarin ont (déjà) perdu gros

Parmi les autres satisfactions à noter : Rafal Majka (Bora-Hansgrohe), 6e à 33", alors qu’il en comptait déjà 22 de retard au pied du mur, Tao Geoghegan Hart, 7e à 35" et meilleur représentant de la jeune garde Ineos ce samedi, ou encore Bauke Mollema, 9e à 39". Le coureur de la Trek-Segafredo est le seul membre du Top 10 à avoir opté pour un changement de vélo, en vue de l’ascension finale.

Au contraire, Mikel Landa, 36e à 1’07" – à 20" de son coéquipier chez Movistar et 4e sortant du Giro, Richard Carapaz (14e) – et Ilnur Zakarin (Katusha-Alpecin, 55e à 1’20") ont pris un bel éclat. La montagne leur laissera beaucoup d’occasions de se rattraper, mais le message envoyé n’est pas des plus rassurants. Dimanche, lors de la 2e étape, ce sont les sprinteurs qui vont sans doute avoir l'opportunité de s’expliquer une première fois sur ce 102e Tour d’Italie.

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