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Carapaz a décroché le jackpot

Carapaz a décroché le jackpot

Le 25/05/2019 à 17:21Mis à jour Le 25/05/2019 à 18:55

TOUR D'ITALIE – Coup double pour Richard Carapaz. Le coureur de la Movistar a remporté, samedi, la 14e étape du Giro, une levée de 131 kilomètres avec six ascensions au programme entre Saint-Vincent et Courmayeur, et pris les commandes du classement général à Jan Polanc (UAE Emirates). L'Equatorien a empêché Primoz Roglic (Jumbo-Visma) de s'emparer du maillot rose pour sept secondes.

Pour le moment, l’homme fort de ce Giro se nomme bien Richard Carapaz. L’Equatorien de la Movistar, parti en solitaire dans le Colle San Carlo, à une trentaines de kilomètres de l'arrivée, a fait mieux que résister dans la montée vers Courmayeur où il s’est imposé avec près de deux minutes d’avance sur le reste des favoris. Déjà vainqueur de la 4e étape, Carapaz a réussi la course parfaite pour s’emparer du maillot rose. Le grimpeur dispose de sept secondes d’avance sur Primoz Roglic et 1’47’’ sur Vincenzo NIbali.

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour comprendre que cette étape allait créer de gros écarts. Douze kilomètres en fait. Le temps pour les grands favoris de lancer la grande bagarre dès la première montée du jour, vers Verrayes. Deux fois, un Simon Yates (Mitchelton-Scott) revanchard a mis le feu aux poudres, toujours suivi comme son ombre par un Roglic vigilant. Même si le Britannique était hors du coup pour la victoire finale. Mais personne n’a réussi à sortir et il a finalement attendre le Colle San Carlo, à 37 km de l’arrivée pour revoir les favoris bouger.

Grosses défaillances chez les outsiders

La temporisation du peloton dans la vallée menant au pied de la montée de Verrogne et dans les deux ascensions ont alors laissé craindre pendant un temps une neutralisation des favoris dans une étape pourtant partie pour être exceptionnelle. Il n’en a rien été. A peine a-t-elle permis aux échappés de rester une cinquantaine de kilomètres en tête de la course, le temps pour Gulio Ciccone (Trek-Segafredo) de passer en tête des trois premières ascensions du jour. En forme, l'Italien a accentué son avance au classement de la montagne. Puis, il a laissé place au show des meilleurs grimpeurs.

On a très vite compris que Jan Polanc, le porteur du maillot rose, n'allait pas faire partie de cette élite. Dès le pied du Colle San Carlo et ses 10,5km à 9,8%, le Slovène, rapidement lâché, a compris qu’il ne conserverait pas sa tunique de leader. A bout de forces, le coureur de la formation UAE Team Emirates a finalement perdu 7’41’’, à peine plus que le héros de la veille, Ilnur Zakarin (Katusha-Alepcin), repoussé à Courmayeur à 7’20’’. Bauke Mollema (Trek-Segafredo), est, lui, parvenu à limiter la casse après avoir concédé plus de quatre minutes (+4'04"). Tous ces hommes ont lâché prise avant les offensives des favoris.

Une course parfaite des Movistar

Après Simon Yates dans le premier col, c’est Vincenzo Nibali qui a tenté sa chance. A deux reprises, l’Italien de la Bahrain-Merida a cherché à distancer ses adversaires. En vain. Et iI a finalement été contré par Richard Carapaz (Movistar), sorti en puissance et avec une sensation de facilité évidente à trois kilomètres du sommet. Dans sa roue, Roglic a d’abord tenté de suivre l’attaque de l’Equatorien avant de vite comprendre qu’il n’y parviendrait pas. Il s’est alors contenté d’assurer le tempo, parfois relayé par un Nibali qui a encore essayé, en vain, de piéger le Slovène dans la descente.

Longtemps pointé à 30’’ de Carapaz, le groupe des favoris a commencé à souffrir dans la montée roulante (8km à 3%) vers Courmayeur. Majka, Nibali, Roglic et Lopez ont même tenté de s’entendre pour limiter la casse, mais rien n’y a fait. Trop fort, trop puissant, Carapaz a creusé l’écart petit à petit tandis que Landa a sauté dans toutes les roues derrière. Une course parfaite réalisée par la Movistar. Une course récompensée d’un maillot de leader.

Avec 1’32’’ d’avance sur un courageux Simon Yates, mais surtout 1’54’’ d’avance à l’arrivée sur le groupe NIbali-Roglic, voilà l’Equatorien qui se pare de rose pour la première fois de sa carrière. Certes, il ne compte que sept petites secondes d’avance sur Roglic. Mais, après deux semaines de course, Carapaz est seul au monde en montagne.

Richard Carapaz sur le podium protocolaire de la 14e étape du Giro
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