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"J'ai l'habitude d'être patient, j'ai su garder le cap et rester calme"

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Arnaud Démare vainqueut de la 10e étape du Giro

Crédit: Getty Images

ParAFP
21/05/2019 à 17:47 | Mis à jour 21/05/2019 à 19:23

TOUR D'ITALIE - Arnaud Démare s'est imposé au sprint lors de la dixième étape du Tour d'Italie, mardi, au sprint. Interrogé après sa victoire, le Picard de 27 ans, qui n'avait jamais remporté d'étape en 2019, a affirmé qu'il n'avait jamais douté.

Arnaud Démare a doublement ouvert son compteur, mardi à Modène. A l'occasion du sprint qui a conclu la 10e étape, le Français a enlevé son premier succès de l'année et décroché ses premiers lauriers sur le Tour d'Italie. Cette fois-ci, rien - ou presque - n'est venu perturber sa course. "On savait qu'on était bon mais manquait de réussite jusqu'à présent. (...) On était toujours dans les 5-6 premiers des sprints. (...) Je savais que ça allait le faire aujourd'hui ou demain. J'ai su garder mon calme, je savais que ça allait s'ouvrir à un moment donné", a souligné le Picard de l'équipe Groupama-FDJ, au micro de l'Equipe TV.

Jusqu'ici, le vainqueur de Milan - San Remo 2016 avait cumulé les places d'honneur dans les sprints depuis le départ du Giro : 5e de la deuxième étape, 2e de la troisième, 3e de la cinquième et 6e de la huitième, Démare était resté sur sa faim. Cette fois, il a imposé sa puissance sur la longue ligne droite de plus de deux kilomètres. Il a devancé le champion d'Italie Elia Viviani, une nouvelle fois deuxième, et l'Allemand Rudi Selig, qui a suppléé son sprinteur, l'Allemand Pascal Ackermann.

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"Cela va lui apprendre qu'il faut rester humble"

Victime d'une chute sous la flamme rouge du dernier kilomètre, Ackermann a perdu gros. Non seulement l'éventualité d'un troisième succès d'étape mais aussi la quasi-totalité de son avance au classement par points sur… Arnaud Démare, revenu à seulement une longueur du porteur du maillot cyclamen qui a franchi la ligne, le cuissard déchiré laissant voir les plaies sur le côté droit.

Et Démare n'a pas compati bien longtemps. "C'est malheureux pour lui", a commenté le Français qui s'est souvenu d'une anecdote survenue au sprint intermédiaire : "Il a eu l'arrogance de me dire : 'Tu fais le sprint pour deux points puisque je serai derrière toi'. Mais, je ne voulais pas lui laisser prendre les points facilement. Un maillot par points se joue chaque jour et dans chaque sprint. Cela va lui apprendre qu'il faut rester humble." Démare n'est plus qu'à un point que son adversaire, avant le sprint de mercredi.

Vainqueur de deux étapes du Tour de France mais encore à la recherche d'un succès au Giro auquel il participe pour la troisième fois, le Picard (27 ans) a expliqué avoir cherché à rester devant, pour éviter la chute. Quitte à dépenser plus d'énergie que ses rivaux enclins à s'économiser. "Sur une étape comme aujourd'hui on sait que les 20 derniers kilomètres vont être très violents parce qu'on sait que c'est une étape de lendemain de repos de 140 kilomètres. (...) J'ai l'habitude de rester dans les 10-15 premières positions pour éviter les vagues, les mouvements qui me déplaisent", a-t-il souligné, lui qui préfère les sprints rectilignes, en puissance, derrière son "lanceur" italien Jacopo Guarnieri.

Arnaud Démare

Crédit: Getty Images

Il a été servi puisque l'étape présentait un tracé presque entièrement plat et ne s'est animée que dans les derniers kilomètres. "On a eu le timing parfait : j'avais la puissance et l'ouverture", a souri Démare qui a assuré avoir toujours gardé confiance malgré l'absence de victoires en 2019. "J'ai l'habitude d'être patient, j'ai su garder le cap et rester calme. Merci au groupe qui n'a pas perdu confiance."

Martial Gayant, le directeur sportif de la formation Groupama-FDJ, a témoigné sur L'Equipe TV de son soulagement après la victoire d'étape de son coureur : "Qu'est-ce que ça fait plaisir d'avoir gagné aujourd'hui ! Je pense à Thibaut Pinot. L'année dernière, je suis parti de Rome très triste. Pour moi, c'est une bonne revanche. Pour Groupama, aussi, c'est un soulagement. On a fait énormément de travail depuis le départ sans être vraiment récompensé. Là, on a remis les pendules à l'heure."

L'équipe, organisée autour de Démare pour le Giro, avait préparé l'étape de longue date. Avant le départ de l'épreuve à Bologne, la semaine passée, elle était venue reconnaître le final pour mettre toutes les chances de son côté, jusqu'au dernier détail. Ce qui a permis à Démare de devenir le 10e Français vainqueur sur le Giro depuis vingt ans. Loin d'être un détail, ça.

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