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Bilbao l'opportuniste, Gallopin trop juste

Bilbao l'opportuniste, Gallopin trop juste

Le 17/05/2019 à 16:48Mis à jour Le 17/05/2019 à 17:38

TOUR D'ITALIE - Après avoir surpris ses derniers compagnons d'échappée dans les deux derniers kilomètres, l'Espagnol Pello Bilbao (Astana) a remporté vendredi la 7e étape après 185 kilomètres entre Vasto et L'Aquila. Il a devancé de cinq secondes le Français Tony Gallopin et l'Italien Davide Formolo. L'Italien Valerio Conti (UAE-Team Emirates) a conservé son maillot rose de leader.

Pello Bilbao a attaqué au bon moment. Le puncheur de l’équipe Astana a remporté vendredi la 7e étape du Giro, à L’Aquila, déposant ses compagnons d’escapade à un peu moins de 1500 mètres de la ligne d’arrivée. Le Français Tony Gallopin (AG2R-La Mondiale, 2e à 5") a sauté sur la ligne l’homme fort de cette échappée, Davide Formolo (Bora-Hansgrohe, 3e à 5"), pour prendre la deuxième place. Mis en difficulté par la présence de José Joaquin Rojas à l’avant, Valerio Conti et son équipe UAE Emirates ont conservé le maillot de leader, au prix d’une belle bataille, le peloton terminant à un peu plus d'une minute de Bilbao.

Cette étape, longue de 185 kilomètres entre Vasto et L’Aquila, a été courue sur un rythme effréné (44,68 km/h de moyenne pour le vainqueur). L’échappée avait de grandes chances d’aller au bout et beaucoup de coureurs candidataient ainsi pour l’intégrer. Alors qu’un premier groupe d’une vingtaine d’hommes - au sein duquel se trouvait notamment le 5e du classement général Valentin Madouas (Groupama-FDJ), en plus de Rojas (Movistar) - a été repris sous l’impulsion de la Bahrain Merida, le bon coup est parti à 100 kilomètres de l’arrivée.

Rojas persévérant

Douze hommes ont alors pris une minute d’avance sur un peloton emmené par le seul Diego Ulissi, coéquipier du maillot rose, Conti. Rojas, décidément intenable après sa première tentative du jour et sa longue échappée de la veille, a pu compter sur un équipier (Antonio Pedrero), tout comme Bilbao (Andrey Zeits) et Formolo (Jay McCarthy). Parmi ses douze coureurs, figuraient également Tony Gallopin, Sebastian Henao (Ineos), Mattia Cattaneo (Androni Giocattoli - Sidermec), Lucas Hamilton (Mitchelton-Scott), Thomas De Gendt (Lotto Soudal) et Ruben Plaza (Israel Cycling Academy).

UAE Emirates a dû temporiser, pour que Conti retrouve des forces vives autour de lui. Dans la seule côte répertoriée du jour, le Svolte di Popoli (8,9 km à 5,6% de moyenne), l’écart a presque atteint les 2 minutes, Ulissi et Polanc semblant bien seuls pour limiter les dégâts tout en gardant sous le pied de quoi rouler durant les 46 kilomètres encore à parcourir au sommet. De Gendt et Plaza ont sauté, mais à dix, les hommes de tête ont pu renforcer leur matelas à l’approche du final.

UAE Emirates a trouvé un allié

C’est finalement la Trek-Segafredo - peut-être inquiète à l’idée de voir Formolo (maintenant 13e du général, dans la même seconde que Primoz Roglic) réaliser une trop belle opération - qui a volé au secours de la formation du leader. Alors que l’écart était passé au-dessus de 2’10" à 25 kilomètres du but, l’équipe de Bauke Mollema a vissé pendant une dizaine de bornes. Pas de quoi reprendre l’échappée, mais de quoi limiter la perte de temps sur le 10e des deux dernières éditions du Giro… et préserver le maillot de Conti, au passage.

Lorsque les gregari se sont écartés, cinq hommes se sont détachés à l’avant, dans une bosse : Formolo, qui semblait très fort, Cattaneo, Bilbao, Gallopin et Hamilton, premier coureur à passer à l’offensive. Rojas, dont l’entreprise a finalement doublement échoué, est revenu puis a contré, sans réussite. L’Espagnol a dû se contenter de gagner deux places au général (2e, à 1’32" de Conti).

Gallopin un peu court, Madouas décidément remuant

A l’approche de ce final pour puncheurs (1 km à 7,6% de moyenne), Formolo a pris les choses en main, répondant à toutes les attaques. Le récent 2e de Liège-Bastogne-Liège a fini par céder quelques mètres sur celle de Bilbao. Il a pris ses responsabilités à la flamme rouge, menant tout le long la poursuite… sans parvenir à recoller. Gallopin, trop juste, n’a donc pu que le régler au sprint pour la place de dauphin, échouant dans son entreprise d’entrer dans le club des vainqueurs sur les trois Grands Tours. Mais ce n’est peut-être que partie remise.

Derrière, dans le peloton, aucun cador n’a bougé. Seul Madouas, encore lui, a tenté de glaner quelques secondes précieuses dans les ultimes hectomètres, mais il a été repris sur la ligne (9e de l’étape, à 1’07", dans le temps de tous les favoris). Samedi, le profil vallonné de la 8e étape pourrait encore convenir aux baroudeurs, d’autant plus que les candidats au sacre en garderont sans doute sous la pédale en vue du chrono de dimanche et que le contingent des sprinteurs a perdu sur abandon, ce vendredi, l’un de ses plus éminents représentants, en la personne du Colombien d’UAE Emirates, Fernando Gaviria.

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