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Viviani déchu, Gaviria et Démare en profitent

Viviani déchu, Gaviria et Démare en profitent
Par Julien Chesnais via AFP

Le 13/05/2019 à 18:11Mis à jour Le 13/05/2019 à 18:47

TOUR D'ITALIE - Elia Viviani (Deceuninck-Quick Step) a perdu sa victoire dans la 3e étape du Giro, lundi, pour un écart lors du sprint final. Fernando Gaviria (UAE Team Emirates) a été déclaré vainqueur par les commissaires à Orbetello, devant Arnaud Démare (Groupama-FDJ). Primoz Roglic (Jumbo) reste en rose.

Elia Viviani pensait avoir pris sa revanche. Battu la veille par Pascal Ackermann, le champion d'Italie pensait tenir la victoire ce lundi en remportant le sprint massif de la 3e étape, à Orbetello. Mais une vingtaine de minutes après l'arrivée, le jury a finalement disqualifié le sprinteur de Deceuninck-Quick Step, sans doute pour un changement de trajectoire jugé dangereux lors de l'emballage final. Initialement deuxième, Fernando Gaviria (UAE Emirates) est ainsi déclaré vainqueur, sur tapis vert, devant Arnaud Démare. Le maillot rose, lui, reste sur les épaules de Primoz Roglic.

Viviani avait tout juste jusqu'à 75m de la ligne. L'homme le plus prolifique de la saison dernière (18 succès) attendait patiemment dans la roue d'Ackermann, qui avait lancé le sprint de trop loin vu le vent de face. Mais au moment de surgir du sillage du champion d'Allemagne, Viviani a trop sèchement dévié de sa trajectoire, manquant de peu de mettre par terre Matteo Moschetti (Trek-Segafredo), qui se trouvait sur sa gauche.

eam Deceuninck rider Italy's Elia Viviani (2nd R) during final sprint in the stage three of the 102nd Giro d'Italia - Tour of Italy - cycle race, 220kms from Vinci to Orbetello on May 13, 2019

Gaviria, à une longueur de Herrera

La manœuvre n'a pas été du goût du jury. Et après visionnage de la vidéo, ce dernier a décidé de déclasser Viviani. Quatrième dimanche, Gaviria en profite pour signer sa première victoire sur ce Giro (il en avait récolté quatre en 2017) et sa 7e en Grand Tour, à une longueur du record colombien détenu par Luis Herrera. Démare se classe 2e et égale lui son meilleur résultat sur le Giro (deux fois 2e en 2016).

Jusqu'à ce dénouement renversant, on s'était franchement ennuyé au cours de cette 3e journée, la deuxième en ligne de ce Giro. Au départ de Vinci, ville natale du génie éponyme il y a 567 ans, il y avait pourtant matière à être créatif. Un vent soutenu a balayé la course 220 kilomètres durant. Mais cela n'a pas inspiré grand monde, si ce n'est le quasi-inconnu Sho Hatsuyama.

Fernando Gaviria (Team UAE Emirates) sur le podium dela 3e étape duTour d'Italie 2019

Hatsuyama, seul dans sa galère

Le Japonais, champion national en 2016, a été l'unique attaquant du jour. Pour son premier grand tour, le coureur de Nippo-Vini Fantini-Faizane a passé 144 kilomètres seul à l'avant, à 38km/h de moyenne, sans aucune chance d'aller au bout. Son avance maximale a tout juste dépassé les sept minutes. Il a logiquement été repris loin de l'arrivée, à 75 kilomètres du but.

Placé à 38 kilomètres de l'arrivée, la seule ascension du jour, le Poggio l'Apparita (4e catégorie), n'a pas réveillé le peloton. Avalée sur un train de sénateur, elle a au moins permis à Giulio Ciccone (Trek-Segafredo) de conforter son maillot bleu de meilleur grimpeur, sans que l'Italien n'ait eu besoin de batailler. Le final, qui empruntait le bord de mer, n'a pas non plus vu de tentative de bordures. Mais il a fini par piéger, de manière accidentelle, quelques outsiders dans la course au maillot rose.

Victime d'un incident mécanique, Richard Carapaz (Movistar) a dû emprunter le vélo de son coéquipier Antonio Pedrero à 8 kilomètres du but. Le grimpeur équatorien, 4e du Giro l'an dernier, est vite rentré sur le peloton. Mais il n'a pas eu le temps d'être repositionné à l'avant lorsqu'une chute, impliquant notamment Enrico Battaglin et James Knox, s'est produite à 5 kilomètres du but.

Carapaz et Geoghegan Hart piégés

Relégué dans un second groupe, Carapaz a ainsi déboursé 46 secondes sur ses rivaux. Un membre du top 10 a également été piégé par la chute. Tao Geoghegan Hart, le nouveau prodige anglais d'Ineos, a franchi la ligne avec 1''28 de retard, entouré par quatre équipiers. Le voilà relégué à deux minutes au général, laissant ainsi le leadership provisoire de son équipe au Franco-russe Pavel Sivakov, 19e à 1'01'' du maillot rose Primoz Roglic.

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