Le Giro a décidément l’art de révéler les talents venus d’Equateur. Après Richard Carapaz, vainqueur surprise du Tour d’Italie l’année dernière, après Jonathan Caicedo lors de la 3e étape de cette édition, c’est le jeune Jhonatan Narvaez (Ineos Grenardiers) qui a remporté jeudi une victoire de prestige sur les routes du Giro lors de la 12e étape autour de Cesenatico. Le coureur de 23 ans, présent dans l’échappée matinale, a porté l’attaque décisive à 55 kilomètres de l’arrivée en compagnie de Mark Padun (Bahrain-Merida). L’Ukrainien, victime d’une crevaison à 25 kilomètres, a vu son compagnon d’échappée filer vers la victoire sous le déluge pour remporter sa première victoire en World Tour.

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Pourtant, rien n’indiquait que cette étape disputée autour de la ville natale de Marco Pantani allait accoucher d’un scénario rocambolesque. Dès le début de course, une échappée de 14 coureurs - Padun (Bahrain-Merida), Benedetti (Bora-Hansgrohe), Hansen (Cofidis), Narvaez (Ineos), Richeze (UAE), Bidard (AG2R), Pellaud (Androni Giocattoli), Boaro (Astana), Rosskopf (CCC), Clarke (EF) Carretero et Torres (Movistar), Campenaerts (NTT) et Van Empel (Vini Zab) - a compté jusqu’à 10 minutes d’avance. On pouvait alors imaginer une course à deux vitesses sur cette étape dessinée pour les baroudeurs, avec cinq difficultés de 3e et 4e catégorie répertoriées.

Padun, la tuile

Mais passé la mi-course, la formation NTT a mis en marche pour mettre Domenico Pozzovivo, 4e du général, sur orbite. Les hommes en bleu ont fait fondre l’écart à grande vitesse mais la météo s’en est mêlée : la pluie a détrempé la route et le vent de côté a fait des dégâts, reléguant les sprinteurs comme Peter Sagan et Arnaud Démare ou d’autres comme Ilnur Zakarin loin de la victoire. Devant, Narvaez et Padun ont repris Simon Clarke (EF) à 55 kilomètres de l’arrivée, avant de s’échapper à deux et filer vers l’arrivée à Cesenatico, le long de la côte adriatique.

Les deux hommes allaient se disputer la victoire lorsque l’Ukrainien a dû changer de vélo pour une crevaison à 25 kilomètres, s’engageant ensuite dans un bras de fer avec Narvaez pour faire la jonction, mais jamais il n’a pu le rattraper. Pour Narvaez, c’est la 4e victoire de sa carrière, la première en World Tour. C’est la troisième victoire pour l’équipe Ineos Grenadiers après les deux de Filippo Ganna. Orpheline précoce de son leader Geraint Thomas, la formation britannique a déjà sauvé son Giro avec trois bouquets en 12 étapes.

NTT, coup d’épée dans l’eau

Parmi les favoris, après l’énorme travail de son équipe, on attendait une estocade de Pozzovivo dans la dernière difficulté, mais le vétéran italien n’a pu placer qu’une timide attaque au sommet. Aucun favori piégé ce jeudi, et il faudra noter un enseignement dans l’optique du classement général : João Almeida est un solide leader, puisque le Portugais avait encore trois équipiers (Masnada, Knox et Honoré) dans la dernière ascension. Il sera difficile de le décramponner.

Il conforte son maillot rose, qu’il porte depuis la 3e étape, et montre qu’il sera difficile de le décramponner dans les prochains jours. Cette étape confirme elle encore une impression : aucun favori n’est réellement au dessus des autres sur ce Giro. Des prochains jours qui sont d’ailleurs comptés. En exclusivité pour Eurosport UK, la formation EF a demandé à ce que ce Giro s’arrête lors de la deuxième journée de repos prévue lundi, après le retrait de deux équipes - Jumbo-Visma et Mitchelton-Scott- suite à des cas positifs au Covid-19.

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