Si Dylan Groenewegen espérait se faire discret, c'est raté. En assurant, via Twitter, que ce dernier n'avait pas "présenté d'excuses personnelles et n'a pas montré la volonté d'assumer la responsabilité de ses actes", Fabio Jakobsen ne lui a pas fait de cadeau, à 48 heures seulement de sa reprise. Car le sprinteur de Jumbo-Visma, suspendu de longs mois par l'UCI, a choisi le Giro pour revenir à la compétition. Ce n'était pas son premier choix mais il en est convaincu, c'est le bon, même si un soupçon d'appréhension subsiste.
"Au début, je voulais reprendre au Tour de Hongrie (du 12 au 16 mai) puis au Tour de Norvège. Celui-ci a été repoussé à cause du Covid, a expliqué Groenewegen en conférence de presse. Choisir le Giro n'était pas simple mais je pense que c'était le bon choix. Je me sens prêt à faire mon retour et voir Fabio (Jakobsen) revenir en Turquie m'a aidé." Son histoire est désormais, et pour longtemps, intimement liée à celle de celui qu'il a envoyé dans les barrières il y a dix mois en Pologne. Dans sa carrière, il y aura un avant et un après 5 août 2020. Groenewegen le sait, le sprinteur vainqueur de quatre étapes sur le Tour de France n'est plus. Lui aussi doit se reconstruire après avoir été l'acteur principal d'un drame évité de justesse et été suspendu pendant neuf mois.
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"J'ai aussi eu des moments difficiles"

"Tous les messages que j'ai reçus me font du bien. J'ai aussi eu des moments difficiles, rappelle-t-il pudiquement. Bien sûr, l'incident avec Fabio en Pologne, la grossesse difficile de ma copine, la santé de notre fils, la mort de mon grand-père, les menaces reçues à mon domicile…". En janvier, Groenewegen avait assuré avoir vécu sous protection policière après que les menaces sont devenues plus insistantes. A ce moment-là, il était loin, très loin d'être un coureur professionnel. "Je suis en Italie avec une énorme motivation", dit aujourd'hui celui qui assure que l'envie de faire du vélo est revenue.
La forme n'inquiète pas vraiment le Batave. "A l'entraînement, je me sens bien, j'ai toujours eu des bons chiffres", dit-il. Non, ce sont deux autres choses qui le taraudent. La première ? "Comment je vais tenir le coup mentalement ? Pour la première fois en neuf mois, je vais courir en peloton." Il serait très étonnant que les images de la Pologne ne lui reviennent pas en tête. Le voir en difficulté quand il faudra frotter pour se placer ne le sera, en revanche, pas.

La victoire toujours dans le viseur

La seconde ? Peut-être la plus importante, la manière dont le peloton va l'accueillir. "J'accepterai toutes les réactions", avoue-t-il, tout en parlant de cette deuxième étape où, après le chrono de samedi, il sera de nouveau au cœur de l'action et où il pourra parler avec d'autres coureurs. Il appréhende bien sûr les premiers kilomètres.

Le profil de la 2e étape : première chance pour les sprinters

"Tout dépend vraiment de comment je vais me sentir dans la course. C'est la chose la plus importante", insiste-t-il encore. S'il la réponse devait être bonne, Groenewegen se projette évidemment dans un sprint massif. Après tout, se battre face aux autres à haute vitesse est constitutif de ce qu'il est en tant qu'homme et de coureur. S'il ne l'est plus, à quoi bon continuer ? "Si je me sens bien, je vais sans doute essayer de me battre pour des victoires. Depuis que je sais que je vais courir le Giro, j'espère être le meilleur possible dans le premier sprint. Si tout se passe bien, toute l'équipe voudra tout donner pour moi. Nous saurons dimanche. J'espère revivre l'expérience d'une victoire à nouveau. Ce sera un moment incroyable émotionnellement, je pense." Réponse dans quelques heures, donc.
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