Damiano Caruso (Bahrain-Victorious, 33 ans)

Comment évoquer ce Giro et ses révélations sans évoquer la performance complètement inattendue de Damiano Caruso ? Oui, l’Italien a déjà 33 ans au compteur et avait réussi plusieurs top 10 en Grand Tour auparavant mais absolument personne – pas même lui sans doute – n’aurait imaginé le Sicilen sur le podium final. D’une régularité parfaite, Caruso aura même enflammé la fin de Giro avec cette chevauchée lors de la 20e étape, conclue par la victoire d’étape. Le troisième succès seulement de sa carrière, le premier en World Tour. En l’absence de Landa, tombé en cours de Giro, on attendait forcément beaucoup de l’Italien. Mais pas autant.

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Attila Valter (Groupama-FDJ, 22 ans)

Pour son deuxième Grand Tour après sa 27e place l’an dernier, déjà sur le Giro, le Hongrois a fait son entrée dans la cour des grands dès la 6e étape, en s’emparant du maillot rose de leader au sommet du San Giacomo. Une tunique récupérée en grande partie grâce à son échappée vers Sestola (4e étape) mais que le grimpeur de la Groupama-FDJ aura défendu vaillamment par la suite. Il n’aura perdu le maillot rose que trois jours mais n’a jamais lâché complètement, tentant d’accrocher le meilleur classement général possible. Les étapes de Montalcino et de Sega di Ala l’ont toutefois vite privé du rêve d’un top 10 à Milan (14e au final). Qu’importe : le rendez-vous est pris.

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Tobias Foss (Jumbo-Visma, 24 ans)

Il n’aurait pas dû être le leader de son équipe, mais George Bennett a vite coincé et le Norvégien a parfaitement répondu présent. Deux ans après son succès sur le Tour de l’Avenir, Foss est monté en puissance tout au long de l’épreuve, après avoir connu une première semaine compliquée (18e après 11 étapes). S’il n’a jamais vraiment été au niveau des meilleurs (9e au mieux en montagne), le Norvégien s’est accroché en second rideau pour conserver un prometteur top 10 (9e), pour son premier Grand Tour terminé (il avait abandonné le Giro l’an pass). Très solide sur les chronos (3e et 12e), doté d’une bonne récupération, il a démontré toutes les qualités d’un futur vainqueur de Grand Tour.

Tobias Foss (Jumbo-Visma)

Crédit: Getty Images

Lorenzo Fortunato (EOLO-Kometa, 25 ans)

Au départ de Cittadella le 22 mai, il est bien probable que la majorité des suiveurs de ce Giro ne connaissait pas Lorenzo Fortunato. Mais l’Italien a bouleversé sa popularité et sa carrière en s’imposant avec brio au sommet du mythique Monte Zoncolan. Une victoire de prestige en échappée qui sublime une fin de Giro bluffante à la pédale : 12e à Sega di Ala, 19e à Alpe di Mera, l’Italien est encore meilleur à l’Alpe Motta en prenant la 9e place de l’étape-reine. Devant des grimpeurs comme Foss ou Martin ! S’il a perdu sa place dans le top 15 à l’issue du chrono (16e), Fortunato s’affiche comme un leader en puissance dans cette équipe EOLO-Kometa qui, elle-même, monte.

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Michael Storer (Team DSM, 24 ans)

Lui n’a ni brillé au classement général, ni accroché de maillot de leader ou de victoire d’étape, mais Storer restera comme l’un des hommes forts de ce Giro. Lieutenant de Romain Bardet (7e), l’Australien a réalisé un Tour d’Italie de très haut niveau en soutien du Français, notamment en troisième semaine. Après avoir aidé le Tricolore à limiter la casse vers Sega di Ala, c’est lui, avec Hamilton, qui part en compagnie de Bardet lors de la 20e étape et c’est lui qui est le dernier des DSM à s’écarter, au pied de la montée finale. La victoire d’étape n’a pas été au rendez-vous mais l’Australien a rappelé qu’on ne terminait pas dans le top 10 du Tour de l’Avenir à deux reprises sans raison.

Michael Storer (DSM) travaille pour son leader Romain Bardet lors de la 20e étape du Giro 2021

Crédit: Getty Images

Mauro Schmid (Qhubeka-Assos, 21 ans)

Il est rare, lorsque l’on est néo-pro, de participer à un Grand Tour, et encore plus d’y briller. C’est pourtant ce qu’est parvenu à faire Mauro Schmid, vainqueur de l’une des plus belles étapes de ce Tour d’Italie, à Montalcino. Présent dans une échappée trop solide où l’on retrouvait des coureurs comme expérimentés comme Battaglin, de Bondt ou Van der Hoorn, le Suisse a parfaitement manœuvré avant de s’imposer au sprint. Doté d’une bonne capacité de récupération, on l’a régulièrement vu tenter des échappés avant de prendre une surprenante 32e place à l’Alpe Motta, à la pédale. Preuve que le coureur est des plus complets.

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Matteo Sobrero (Astana-Premier Tech, 24 ans)

A l’image de son compatriote Caruso, l’Italien de 24 ans n’est pas totalement une surprise. Ses références dans le contre-la-montre, notamment sur le Giro l’an passé (7e, 11e et 18e), le plaçaient dans les hommes à suivre dans les deux épreuves chronométrées de cette 104e édition. Mais voir Sobrero faire jeu égal avec les Ganna, Cavagna et Affini sur les 30 kilomètres entre Senago et Milan n’était pas attendu. Très régulier dans ce chrono, l’Italien a fini très fort pour prendre la 4e place, à 14’’ du champion du monde, certes ralenti par une crevaison. Une performance de choix pour celui qui est conseillé dans la discipline par … Ganna lui-même. Et l’élève compte bien dépasser le maître.

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