Thomas de Gendt est éternel. Le coureur de la Lotto-Soudal a renoué avec le succès à Naples, au terme d’une échappée victorieuse qu’il aura conduit d’une main de maitre. Il aura suivi le bon coup à 41km, lorsque l’échappée matinale a explosé, et aura résisté aux retours des favoris Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix) et Biniam Girmay (Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux), piégés, pour s’imposer dans un sprint à quatre, en force. Il a devancé Davide Gabburo (Bardiani-CSF) et Jorge Arcas (Movistar) pour s’offrir la 25e victoire de sa carrière. Présent dans l’échappée, Guillaume Martin (Cofidis) en a profité pour reprendre trois minutes aux favoris et se retrouve ce soir 4e du classement général.
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Martin, une belle opération mais toujours pas de succès

Un tracé toboggan, des routes sinueuses, techniques, parfois périlleuses, beaucoup d’ascensions courtes, un kilométrage réduit… Il y avait tout dans cette 8e étape tracée autour de Naples pour assister à un véritable feu d’artifice, et on n’a pas été déçu. Non que les favoris aient bougé la moindre oreille, à la veille de la première grosse arrivée au sommet, au Blockhaus. Mais il n’y avait pas besoin de ça pour assister à une magnifique journée de vélo. Comme souvent finalement lorsque Mathieu van der Poel décide de faire la course.
Déjà remuant vendredi vers Potenza, le Néerlandais a remis ça samedi sur les routes napolitaines en passant à l’attaque dès les premiers kilomètres. C’est lui qui aura été à l’origine de la formation de la grosse échappée du jour, où l’on retrouvait pas moins de 21 coureurs. La présence de Guillaume Martin à l’avant a longtemps incité la Trek-Segafredo à limiter l’écart des fuyards, pour ne pas perdre le maillot rose. Mais il aura tout de même fallu un gros effort de l’équipe de Juan Pedro Lopez, attaqué en vain par Lennard Kämna (Bora-Hansgrohe) dans l’ultime ascension, pour priver le Français de la Cofidis d’un bénéfice supérieur à ses trois minutes glanées.

Martin, 4e du général : "Je me suis presque retrouvé devant par inadvertance"

Il s’en contentera et se retrouve désormais à la 4e place du général, à 1’06’’ du maillot rose et 36’’ devant le premier favori, Simon Yates. Une belle opération en espérant que les efforts du jour ne se ressentent pas trop dimanche au Blockhaus. En revanche, pour sa première victoire d’étape sur un Grand Tour, il devra repasser. Comme beaucoup, il se sera fait piéger par le premier mouvement de course au sein de l’échappée, à 41km de l’arrivée.

Van der Poel court à l’envers, de Gendt à la perfection

Alors qu’il semblait le plus fort et le plus explosif, van der Poel a étonnamment été le premier à mettre le feu aux poudres, à plus de 40km de l’arrivée. On a très vite compris que Mauro Schmid (Quick-Step Alpha Vinyl), Girmay et lui étaient les plus costauds mais la majorité du groupe est rentré après cette attaque. Et c’est finalement du contre de Gabburo qu’est venu le bon coup. Partant dans un temps de latence, l’Italien s’est isolé en tête de course avec Arcas, de Gendt et Vanhoucke (Lotto-Soudal) et l’écart s’est rapidement creusé. Et malgré les efforts des coureurs les plus forts dans le groupe de contre, et une dernière descente ultra rapide de Van der Poel et Girmay, on n’a plus jamais revu les quatre hommes de tête. Girmay laisse par ailleurs filer l’opportunité de chiper le maillot cyclamen à Arnaud Démare (Groupama-FDJ).

Van der Poel n'en fait-il pas trop ? "Il a perdu l'étape tout seul en faisant des erreurs"

Fort de deux coureurs, la Lotto-Soudal a joué un jeu dangereux en misant sur un sprint mais, bien lancé par Vanhoucke qui s’est sacrifié pour son équipier dans le final pour éviter un retour de l’arrière, Thomas de Gendt s’est facilement imposé, faisant parler sa puissance. Pourtant rapide (13e du sprint massif de Scalea), Gabburo n’a rien pu faire. Pas plus qu’Arcas. Dans un début de saison compliqué pour la formation belge, ce premier succès sur un Grand Tour depuis plus d’un an, le deuxième seulement en World Tour en 2022, leur fait un bien énorme. Au classement général, si ce n’est la remontée de Guillaume Martin, aucun changement avec Juan Pedro Lopez qui conserve le maillot rose une journée supplémentaire. Cette fois, ça devrait être la dernière.
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