Historique Biniam Girmay. Le coureur d’Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux est devenu le premier Noir africain à remporter une étape sur un Grand Tour, ce mardi, en levant les bras sur la 10e étape du Giro. Il a devancé au sprint Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix) qui leva le pouce au moment de franchir la ligne, battu mais beau perdant. L’Erythréen prend ainsi sa revanche sur le Néerlandais, qui l’avait battu de justesse lors de la 1re étape à Visegrad. Présent dans le groupe d’une trentaine d’unités qui s’est jouée la victoire à Jesi, Juan Pedro Lopez (Trek-Segafredo) conserve son maillot rose.
Longue de 196 kilomètres, cette 10e étape se divisait en deux parties bien distinctes, la première complètement plane et la seconde très vallonnée jusqu’à l’arrivée. La bataille pour la première échappée a duré une dizaine de kilomètres et accouché d’un trio de tête composé d’Alessandro De Marchi (Israël-Premier Tech), Lawrence Naesen (AG2R Citroën) et Mattia Bais (Drone Hopper-Androni Giocattoli). Le peloton leur a laissé un peu plus de six minutes d’avance.
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Trop dur pour les purs sprinteurs

La pente a commencé à se dresser à la mi-course et Caleb Ewan a été le premier grand sprinteur distancé sous l’effet du tempo des équipiers de Van der Poel (Alpecin-Fenix) et Girmay. L’Australien a rapidement été imité par Mark Cavendish. Et on a craint un temps pour Richard Carapaz, en queue de paquet après avoir été victime d’une chute. Mais le leader d’INEOS Grenadiers a pu rallier l’arrivée dans le peloton.

De Marchi a fait de la résistance

Le trio de tête a fait de la résistance malgré le final difficile. A 32 km de l’arrivée, alors que l’écart n’était plus que d’une minute, De Marchi a distancé ses deux compagnons de route. L’Italien a réalisé un petit numéro mais a finalement été revu à 20 km du but. La troisième et dernière du jour, la côte de Monsano faisait figure d’épouvantail avec ses 4,1km à 4,2% (dont un passage à 10%) et son sommet à 9km de l’arrivée. Montée à grand train, elle a été fatale à Arnaud Démare, à qui il n'a pas manqué grand-chose pour viser une 3e victoire sur ce Giro.
Au sommet, après de nombreuses attaques dont celle d’Alessandro Covi (UAE Emirates), le peloton ne comptait plus qu’une trentaine d’unités. Un joli chaos a alors régné. Il ne restait plus que les cadors du général - qui se sont tous classés dans le même temps - et une poignée de sprinteurs-puncheurs.

Van der Poel a tout tenté

Dans la descente vers Jesi, ville natale du regretté Michael Scarponi, Vincenzo Nibali a tenté de rendre hommage à son ancien coéquipier. Mais comme Hugh Carthy et Van der Poel, également à l’attaque, l’Italien a rapidement été revu. Finalement, tout s’est joué sur un sprint en faux-plat montant. Lancé par son équipier Pozzovivo, Girmay a résisté au retour de Van der Poel, revenu à hauteur de son pédalier avant de s’incliner dans les derniers mètres. A 22 ans, Girmay s’offre ainsi une première victoire sur un Grand Tour. La première aussi pour l’Erythrée. Il s’agit, évidemment, de la plus belle de sa carrière, près de deux mois après avoir déjà fait sensation en remportant Gand-Wevelgem.
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