Sale journée pour les Jumbo-Visma. Au sommet de l’Etna ce mardi, aucun coureur de la formation néerlandaise ne figurait dans le peloton des cadors, riche pourtant de 17 éléments. Si Tobias Foss a relativement limité la casse en déboursant 2’15” sur Carapaz and co, Tom Dumoulin a subi une véritable douche froide. Distancé à plus de dix kilomètres de l’arrivée, le co-leader des Jaune-et-Noir a concédé plus de six minutes à ses rivaux et terminé 53e du premier rendez-vous en altitude. Un dur retour sur terre pour le vainqueur du Giro 2017, qui sortait d’une encourageante 3e place sur le chrono de Budapest dimanche.

Dumoulin a dit adieu à ses ambitions : "Ça n'allait pas, tout simplement"

Cette première arrivée au sommet s’est révélée pour lui tristement révélatrice. “Ca n’allait pas, tout simplement, a réagi Tom Dumoulin, abasourdi. J’ai travaillé dur, j’ai tout fait pour arriver en bonne forme. Et voilà, je n’ai pas d’explication. Je n’avais pas les jambes, je ne sais pas pourquoi. Les choses sont ainsi.” Là est sans doute le pire. A première vue, rien n’explique sa contre-performance du jour. Pas de maladie. Pas de jour sans. Demeure juste ce constat que les autres vont plus vite, beaucoup trop vite pour le Néerlandais de 31 ans.
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Trop court même pour le Top 10

“C’est mon objectif en 2022 : je veux juste savoir si j’ai encore ça en moi, les moyens de décrocher un bon classement général” s’interrogeait-il dans le dernier numéro de Vélo Magazine. Après seulement quatre jours de course, la réponse de l’Etna est cinglante. Non, Dumoulin n’est pas armé pour remporter ce Giro. Ni même pour signer un top 10. Désormais relégué à 6’38” de Simon Yates, premier des grands favoris au général, il pointe actuellement au 49e rang.
Se pose donc cette question : quel avenir pour Tom Dumoulin ? Il avait plutôt réussi son come-back l’an passé, après quelques mois de coupure nécessaires pour soigner son spleen de coureur professionnel. Le goût du vélo retrouvé, il avait montré que ses qualités dans l’effort solitaire étaient intactes en remportant le titre national et une médaille d’argent olympique en chrono. Restait la montagne. Ce Giro était son premier grand tour de l’après break-down. “Je ne peux pas garantir que Tom sera au top de sa forme au départ du Giro” disait son directeur sportif Merijn Zeeman. Une précaution de langage qui n’était donc pas seulement une manière de le dégager de toute pression.

Tom Dumoulin

Crédit: Eurosport

Voilà désormais quatre ans que Dumoulin n’a plus été à la bataille pour un podium sur un Grand Tour. Le "Papillon de Maastricht" a comme plié les ailes. Depuis sa 2e place sur le Tour 2018, il a enchaîné avec un abandon sur le Giro 2019, une 7e place sur le Tour 2020 puis un abandon sur la Vuelta 2020. Bien sûr, des problèmes de dos puis la contraction du Covid-19 ont quelque peu contrarié sa préparation pour le Giro 2022. Mais tous les feux semblaient avoir viré au vert au moment de rejoindre la Hongrie. Surtout après sa 3e place sur le chrono de Budapest. Il serait prématuré d’enterrer définitivement un champion de sa trempe. On ne serait ainsi pas tellement étonné de le voir remporter une étape en se glissant dans une échappée. Mais la probabilité de le voir retrouver, un jour, son niveau de prétendant à la victoire d’un Grand Tour est peut-être plus que jamais remise en cause ce mardi soir.
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