"Pour le maillot rose, je ne savais pas, c'est mieux de rester en retrait encore". Privé de victoire de justesse, dimanche, au sommet du Blockhaus, Romain Bardet s'est pourtant rapproché du si précieux maillot rose qu'il lorgne encore plus cette année que les précédentes. Si la déception a prédominé après cette terrible 9e étape du Tour d'Italie, l'Auvergnat a profité de sa journée de repos, lundi, pour relativiser autour d'un programme placé sous le signe de la détente : "Un tour de vélo le matin, le massage et un petit barbecue".

Bardet s'en veut : "C'est difficile à accepter..."

Troisième du classement général, le Français de la DSM aurait effectivement pu s'emparer de la tunique rose dimanche, mais 14 secondes le séparent encore de la place de leader de ce Giro. Après une semaine de course, il est évident que Romain Bardet est dans le coup, mais le natif de Brioude est aussi très lucide : "Je me sens bien, tout se passe bien, c'est un très bon début, mais on n'est pas encore à la moitié du Giro !".
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Le général... mais aussi une étape !

"Je pense que [la 9e étape] était la première étape vraiment dure du Giro, le premier test", a-t-il assuré en conférence de presse. Mais l'Etna et le Blockhaus passés, les principales étapes de montagne ne se sont néanmoins pas encore présentées. Ces opportunités donneront évidemment l'occasion à Romain Bardet de prendre la mesure de ses principaux concurrents au général (Joao Almeida, 2e ; Richard Carapaz, 4e ; Jai Hindley, 5e ; Guillaume Martin, 6e...), tout en essayant de décrocher une victoire d'étape qui lui manque encore sur le Giro.

Bardet si près, Yates naufragé, Lopez opiniâtre : le résumé de la 9e étape

"On a toujours dit qu'on venait là pour le classement général", rappelle le Français. "Mais si je peux gagner une étape en passant... Je suis passé près, j'espère que j'aurai une autre opportunité pour lever les bras", a-t-il ajouté. En cas de victoire, Bardet s'offrirait le fameux tryptique avec un succès sur chaque grand tour, une performance que 21 coureurs encore en activité ont réussie.
Pour l'instant, tout va bien et je me fais plaisir
Car, à 31 ans, Romain Bardet bénéficie désormais d'une expérience précieuse qui lui fait dire que ses objectifs sont toujours bien en vue : "J'ai vécu beaucoup de choses sur les grands tours, des grandes joies, des déceptions, je prends maintenant les choses comme elles viennent, sans me prendre la tête. J'ai plus de dix grands tours maintenant derrière moi. Je sais à quoi m'attendre, je sais que tout peut basculer. Pour l'instant, tout va bien et je me fais plaisir."

"Ce Giro peut être la chance de la vie de Bardet"

Deux fois sur le podium du Tour de France (2e en 2016, 3e en 2017), l'ancien coureur d'AG2R-La Mondiale est revenu fort cette saison en remportant le Tour des Alpes en avril. Depuis, son début de Tour d'Italie est tout en maîtrise et il a prouvé qu'il faisait partie des meilleurs sur les pentes du Blockhaus, surtout lorsque les équipiers de ses concurrents, certainement mieux armés que la DSM, ne sont plus là.

Un classement général "toujours très serré"

"On peut voir que les équipes ont peut-être moins de contrôle sur la course que sur le Tour de France. C'est plus ouvert et jusque-là sur les neufs premiers jours le classement général est toujours très serré. C'est assez intéressant", a reconnu le Français. Désormais, les montagnes vont laisser place à quelques étapes pour sprinteurs dans les jours qui arrivent. Avant de retrouver les sommets.
"Les quatre prochaines étapes peuvent comporter des pièges, il faudra rester attentif", a-t-il indiqué, en pensant ensuite à l'étape de samedi (Turin), selon lui "plus dure que l'étape de montagne du lendemain".
Aucun Français n'a plus remporté le Tour d'Italie depuis 1989 et Romain Bardet est assurément celui qui peut le plus s'en approcher cette année. Reste cependant à éliminer notamment Richard Carapaz et Mikel Landa qu'il considère, avec lui, comme les "trois meilleurs" de cette course au maillot rose.
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