L’histoire d’amour entre l’Italie et Arnaud Démare se poursuit. Déjà auteur d’une razzia il y a deux ans, le Français de la Groupama-FDJ a remis ça sur cette 105e édition. Une performance exceptionnelle réalisée par ses équipiers et lui-même au cours de ces trois semaines hongro-italiennes, qui tranche avec un début de saison qui avait pourtant été délicat (aucun succès en 2022 jusque-là).
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"Je n’aurais jamais imaginé ça au départ à Budapest, avouait d’ailleurs le Tricolore, qui a attendu le dernier jour pour avoir la certitude de finir ce Giro. Honnêtement, j’ai eu peur jusqu’au bout en montagne, c’était un gros soulagement d’arriver hier à Marmolada". Mais Démare a retrouvé son meilleur niveau sur le Giro, en montagne comme en sprint, pour s’offrir trois victoires d’étapes (Messine, Scalea et Cuneo) et le maillot cyclamen de meilleur sprinteur. Ce qu’il aura été, de manière incontestable.
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Peut-être mon Grand Tour le plus accompli, vu le chemin parcouru
Vainqueur devant Caleb Ewan, Mark Cavendish, Phils Bauhaus, Fernando Gaviria ou encore Giacomo Nizzolo, assuré du maillot cyclamen depuis longtemps, le Français a pu profiter à 100% du dernier chrono à Vérone. "J'ai couru cette dernière étape avec beaucoup de plaisir, racontait-il. J'avais de bonnes sensations, mon épouse et mon père étaient dans la voiture, on a terminé dans les arènes, c'était un beau chrono, il fallait seulement faire attention dans la descente qui était un peu humide". Mais si le plaisir est aussi grand, c’est aussi que le Tricolore revient de loin, d’une année 2021 pourrie, où il avait été transparent ou presque sur le Tour avant d’abandonner. Mais ce Giro a remis les choses à leur vraie place.

Trois victoires pour un maillot cyclamen : revivez le Giro de Démare

"C’est peut-être mon Grand Tour le plus accompli, vu le chemin parcouru, expliquait Démare. On venait pour une victoire d’étape - et on aurait déjà été très heureux avec ça - mais on repart avec beaucoup plus". La récompense pour toute une équipe, tout un train qui a travaillé pour se retrouver. "Depuis décembre, on est à la planche, raconte le Picard. On n’a pas eu la réussite que l’on voulait en début de saison, avec tous les pépins qu’il y a pu avoir mais sur ce Giro, avec la persévérance, on a réussi collectivement à tous être présent, à tous accomplir notre travail, notre mission". Et le symbole de ce collectif retrouvé, c’est aussi le fait que la Groupama-FDJ ait terminé ce Tour d’Italie au complet, alors qu’elle ne possédait qu’un seul grimpeur (Attila Valter) dans ses rangs.
Si je dois ressortir une seule victoire, c’est celle à Cuneo
"Nous terminons à huit ce Giro, c’est aussi une grosse satisfaction, tenait à rappeler le Tricolore. Je le répète souvent mais je veux encore mettre l’accent sur notre collectif. Nous avons un groupe international, avec des personnalités différentes mais ça marche ! Nous avons tous le même objectif, ils sont toujours là pour m’épauler. Je sais qu’Attila était déçu après sa quatrième place vendredi mais il ne faut pas oublier qu’il avait aussi roulé la veille pour revenir sur l’échappée. On était vraiment une équipe". Une équipe qui a régulièrement endossé la responsabilité de la poursuite derrière l’échappée, étant l’une des rares formations tournées complètement vers le sprint. Mais la Groupama-FDJ a toujours assumé son statut, à l’image de la masterclass réalisé lors de la 13e étape.

"Démare a sauvé le bilan français"

"Si je dois ressortir une seule victoire, c’est celle à Cuneo, raconte Démare. Cette journée a marqué tout le peloton, même ceux qui n’ont pas gagné. Sur le papier, ce n’était pas la plus difficile mais ça a roulé tellement vite. C’était dur, intense et finalement, nous gagnons ! Nous sommes allés la chercher". Un succès qui avait alors quasi assuré mathématiquement le gain du maillot cyclamen à Arnaud Démare, son deuxième sur les routes du Giro après celui acquis en 2020. Une victoire qui compte beaucoup aux yeux du Picard. "Je l’ai porté durant 16 étapes, c’était ma tenue du Giro, cette couleur faisait un peu partie de moi, explique-t-il dans un sourire. Pour remporter le classement par points, il faut forcément être performant sur les sprints mais il faut aussi gérer la montagne, être patient et surtout être solide dans la tête". Et c’est encore plus vrai cette saison, où rien ne l’y prédestinait.
Jamais évident d’aligner une équipe complète pour le sprint sur le Tour
"C’est différent de 2020 où tout nous réussissait, avoue le Français. Cette année, on s’est présenté après avoir subi un échec collectif en début de saison, et je dirai même depuis l’année dernière. On a tous beaucoup travaillé et la roue a fini par tourner. L’image qui illustre cela est peut-être ma deuxième victoire qui se joue au lancer de vélo. La photo-finish a basculé en notre faveur". Et Arnaud Démare est redevenu un cador du sprint. Mais il ne sera pas présent sur le Tour, puisque la Groupama-FDJ y enverra ses grimpeurs. Rééditer ses performances sur la Grande Boucle est toutefois l’ambition du sprinteur picard à terme. Quand bien même le Giro et le Tour n'aient pas grand-chose à voir.

Un souffle pour un doublé : Comment Démare a coiffé Ewan

"Sur le Tour, ce n’est jamais évident d’aligner une équipe complète pour le sprint, c’est encore un autre événement, explique-t-il. La pression est différente. Ici, on peut plus facilement se concentrer sur notre travail. Après, oui, évidemment que l’an dernier je rêvais de faire sur le Tour ce que j’ai fait sur le Giro 2020 … Et ce que j’ai fait là, je rêve de le faire un jour sur le Tour. Mais il y a du travail, je reste humble". Humble mais conscient des succès accomplis. "Il va falloir savourer et réaliser ce qu’on a fait". Car la performance est de taille. Avec ces trois succès d’étapes, Arnaud Démare est devenu le Français le plus victorieux sur les routes du Tour d’Italie. Plus que Bernard Hinault. Plus que Jacques Anquetil. Plus que Laurent Jalabert. Pas mal, non ?
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