L'affaire Rumsas s'enlise

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Dix jours après l'interpellation en possession de produits dopants d'Edita Rumsas, l'épouse du lituanien Raimondas, troisième du dernier Tour de France, aucun élément concret ne permet de mettre en cause le coureur ni d'affirmer qu'il s'agit de la mise à jour d'une affaire de dopage organisée par l'équipe italienne Lampre.

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Dix jours après l'interpellation en possession de produits dopants d'Edita Rumsas, l'épouse du lituanien Raimondas, troisième du dernier Tour de France, aucun élément concret ne permet de mettre en cause le coureur ni d'affirmer qu'il s'agit de la mise à jour d'une affaire de dopage organisée par l'équipe italienne Lampre.
Demande de mise en liberté d'Edita Rumsas
Edita Rumsas est écrouée depuis le 30 juillet à Bonneville (Haute-Savoie) pour "administration, offre, cession et aide à l'usage de produits dopants" après la découverte de nombreux produits suspects dans sa voiture le 28 juillet.
Rumsas réticent
Ses avocats ont demandé mercredi une mise en liberté sous contrôle judiciaire, et le juge Franck Guesdon a un délai de cinq jours pour se prononcer, même s'il apparait probable qu'il optera pour le maintien en détention dans l'attente de l'audition de Raimondas Rumsas. Devant le refus du juge Guesdon de l'entendre comme témoin assisté, sur la base de la loi du 15 juin 2000 lui offrant des garanties supplémentaires sur le plan juridique, le coureur, qui nie avoir utilisé des produits dopants, a refusé de venir déposer en France.
En revanche, il s'est déclaré prêt à répondre depuis son domicile en Italie aux questions des enquêteurs mandatés par la commission rogatoire du juge qui est en cours de délivrance. "J'attends maintenant qu'ils m'entendent en Italie dans le respect des procédures internationales et de mes droits", a précisé le coureur Lituanien en insistant sur le fait que son Tour de France "est propre".
Selon les divers défenseurs intervenant dans ce dossier, seule la performance réussie par Rumsas au dernier Tour de France peut expliquer, sans le justifier, le battage médiatique entretenu autour de cette affaire. "Nous sommes dans un dossier dans lequel il n'y a pas d'autre charge sérieuse qu'un délit douanier. La détention de ces médicaments n'est pas un délit. Le délit, c'est de les trafiquer, les acheter et les vendre, ce qui n'est pas le cas", a insisté Me Varaut.
Les produits saisis dans la voiture de Mme Rumsas sont en cours d'analyse. Il s'agirait notamment de corticoïdes, de testostérone, d'EPO, d'anabolisants, d'hormones de croissance et de nombreuses seringues, soit la panoplie parfaite du parfait dopé. Officiellement, selon les douaniers, "la voiture (de Mme Rumsas) comportait une série d'éléments et de critères qui étaient bons pour effectuer un contrôle anti-stupéfiants" et "ce contrôle était aléatoire, de routine" affirment les douaniers qui démentent que l'opération ait été montée sur la base d'une dénonciation.
Prise de risque
L'interpellation de six Italiens de l'équipe Lampre, le 28 juillet dans un hôtel de Mâcon-nord en bordure de l'autoroute A6, comme le révèle jeudi France-Soir, n'a pas apporté d'eau au moulin des enquêteurs. Bien sûr, dans le bus de l'équipe, il y avait des produits divers, dont des corticoïdes dans la valise personnelle du docteur Jose Ibarguren, le médecin de l'équipe qui a communiqué le code d'ouverture du bagage aux enquêteurs.
"Il n'y a pas de produits anabolisants parmi mes valises car je n'en utilise pas. Je n'ai rien à cacher. Sachez que tous les médecins du Tour possèdent, comme moi, en petite quantité, des corticoïdes dans leur valise, Je suis prêt à m'expliquer avec la police française", affirme le Dr. Ibarguren en soulignant que "toutes les factures d'achat des médicaments étaient jointes". Au cours du Tour de France, Rumsas a subi deux contrôles antidopage négatifs, dont le dernier le lundi 22 juillet, soit six jours avant l'arrivée aux Champs Elysées.
La prise d'EPO, laissant des traces pendant trois ou quatre jours, ou d'autres produits dopants dans la dernière semaine aurait constitué une énorme prise de risque en raison de sa position au classement, estime-t-on de source proche du dossier. Loin de la fameuse affaire Festina qui avait défrayé la chronique, la pseudo affaire Rumsas semble donc s'enliser doucement, sauf rebondissement surprise dans les prochains jours.
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