Eurosport
Armstrong en politique ?
Par
Publié 25/07/2005 à 18:00 GMT+2
Lance Armstrong a achevé sa vie de champion de manière magistrale. A bientôt 34 ans, l'Américain est un jeune retraité qui rêve de calme, mais aussi de nouveaux défis. Certains lui prêtent, à terme, des ambitions politiques. Fidèle à lui-même, le septuple
Eurosport
Crédit: Eurosport
Tout est parti d'une interview parue dans l'édition de juillet du magazine de sports et loisirs Outside. Entre autres choses, Lance Armstrong y affirmait qu'après avoir été invité par le Gouverneur du Texas, il avait trouvé sa maison "très jolie". De la simple boutade au message subliminal, il y avait une brèche dans laquelle s'est engouffrée la presse américaine. Et si Armstrong, au terme de sa carrière, se lançait dans la politique?
Dimanche, l'intéressé s'est montré amusé par la question, qu'il a préféré tourner en dérision. "Peut-être vais-je être candidat pour le poste de gouverneur. Mais il y a beaucoup de choses que je voudrais faire. Faire de la moto dans mon ranch, descendre en kayak les Pedernales jusqu'au lac Travis et appeler quelqu'un pour dire: 'eh, pouvez-vous me ramener ?'", a-t-il lancé dans un grand sourire.
Un personnage important et adulé
Armstrong a pour lui son exceptionnelle popularité. Difficile de mesurer de Paris l'incroyable crédit dont il jouit dans son pays. Le natif d'Austin est une véritable star. Avant lui, le cyclisme n'était qu'un loisir outre-Atlantique. Désormais, c'est un sport à part entière, pris au sérieux. Désigné à deux reprises sportif américain de l'année par Sports Illustrated au cours de son règne, Armstrong est adulé. Pour son palmarès, mais aussi (surtout?) pour avoir vaincu le cancer.
Aujourd'hui, il vit avec une chanteuse. Les vedettes d'Hollywood, les mêmes qui n'avaient jamais entendu parler du Tour de France jusqu'à récemment, se pressent désormais sur les Champs-Elysées pour se faire photographier auprès de lui. Même les anciens candidats déchus à la présidence des Etats-Unis, comme John Kerry samedi à Saint-Etienne, viennent lui rendre visite. Pourquoi? Tout simplement parce que Lance Armstrong est un personnage important.
L.A., libéral à l'américaine
S'il se lançait un jour dans le combat politique, il bénéficierait donc à coup sûr d'un a priori favorable. A condition de ne pas attendre trop longtemps. La rumeur est également crédibilisée par le vif intérêt que le Texan a toujours porté aux questions de sociétés et aux grands débats qui animent la vie quotidienne des Américains. Armstrong a un avis sur tout et il ne s'est jamais privé pour le donner.
On le sait très apprécié du président Bush. Mais s'il partage les mêmes racines que le pensionnaire de la Maison Blanche, L.A. n'en épouse pas forcément ses convictions. De sensibilité plutôt démocrate, le recordman des victoires sur le Tour est un libéral au sens américain du terme. Son engagement contre la guerre en Irak, ou en faveur du droit à l'avortement est loin du conservatisme en vogue à Washington.
"Prendre du recul"
Qu'il soit tenté par l'aventure, personne n'en doute vraiment. Mais il est certainement prématuré d'affirmer que Lance Armstrong suivra les traces d'un Bill Bradley ou d'un Arnold Schwarzenegger. Lui-même ne le sait sans doute pas. "J'aimerais ne plus être un personnage public pendant quelques temps. Je vais prendre un an ou ce dont j'ai besoin pour prendre du recul par rapport au sport, décompresser, réfléchir à où j'en suis dans ma vie, où en sont mes enfants dans leurs vies", confie le néo-retraité.
Seule certitude, dans six mois, un an ou plus, Armstrong aura besoin d'un nouveau challenge à relever. "Je suis quelqu'un qui a besoin de projets, qui a besoin de travailler et de construire quelque chose ou essayer de bâtir quelque chose. Sinon, je vais devenir fou", conclut-il. En politique ou ailleurs, on entendra alors parler à nouveau de lui.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité