A Londres, vous aviez fait part de votre optimisme. C'est toujours le cas aujourd'hui?

Bernard HINAULT : Oui, je reste toujours optimiste. Les organisateurs ont essayé de régler les problèmes. Ce Tour s'achève avec un jeune devant. D'autres nouveaux visages ont émergé. C'est ce qu'il faut retenir.

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Contador, c'est un vainqueur qui vous convient?

B.H. : Oui, il me plait. Il a attaqué, il a du dynamisme, il est jeune. Puis il a le sourire de quelqu'un qui est heureux, et ça, ça me plait beaucoup. En connaissant ses capacités dans la montagne et compte tenu de son jeune âge, il peut sans doute en gagner d'autres. Maintenant, il faut voir si un autre coureur ne va pas arriver, avec un potentiel supérieur encore. Personne ne peut le savoir.

Vous imaginiez Contador sur la plus haute marche du podium il y a trois semaines?

B.H. : Sur la plus haute, non. Je le voyais dans els cinq premiers du classement, mais pas avec le maillot jaune à Paris. Après, ce sont les circonstances de course qui lui ont permis de gagner. Mais il ne l'a pas volée cette victoire. Il est allé la chercher. Il a beaucoup attaqué. Il mérite vraiment sa victoire.

Vous aviez dit avant le Tour; "j'espère qu'ils ont compris". Ce n'ets visiblement pas le cas pour certains...

B.H. : Manifestement, non. On a toujours dit qu'il fallait sanctionner les tricheurs financièrement. Ils ont tous signé un papier avant le Tour, où ils s'engageaient à accepter de verser de l'argent en cas de contrôle positif. Il faut aller au bout de cette logique et les pénaliser financièrement. Là, peut-être que ça en fera réfléchir certains... S'il n'y a que l'argent qui les intéresse, il n'y a qu'à leur reprendre.

Ce nettoyage, il prend tout de même beaucoup de temps...

B.H. : Oui, parce que tout le monde ne s'y est pas mis... Bien sûr, ça fait mal. On se dit, "encore une de plus". Il faut être réaliste. C'est comme ça. Il faut empêcher les tricheurs de revenir et continuer le nettoyage.

On parle d'un possible retour, partiel, des équipes nationales. Qu'en pensez-vous?

B.H. : Il faut voir. Il faut réfléchir, tirer les conclusions de ce qui s'est passé, calmement. Christian Prudhomme et Patrice Clerc ont donné des pistes. Ils ont vécu des moments difficiles pendant ce Tour. Ils ont tout notre soutien, ils le savent.

Avez-vous peut pour l'avenir du Tour?

B.H. : Je n'ai pas peur pour l'avenir du Tour de France. J'ai surtout peur pour les jeunes qui veulent faire du vélo. Quand on entend certaines personnes donner des chiffres, ne parler que de watts, de puissance, je ne vois pas comment on pourrait donner envie à un gamin de faire du cyclisme. Alors qu'on arrête un peu avec toutes ces conneries, qu'on se concentre sur le sport. Peut-être que ça ira mieux.

La magie du Tour est-elle intacte?

B.H. : Elle existe toujours. C'est le public qui rend le Tour magique. Il a été très nombreux cette année. Certains journalistes ont écrit qu'il n'y en avait pas. Je pense qu'ils n'ont pas dû prendre les mêmes routes que nous. Les gens sont heureux, enthousiastes. Ce qu'ils veulent, c'est du bonheur, rien d'autre.

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