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Pétard mouillé
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Publié 14/07/2009 à 19:15 GMT+2
Triste 14 juillet sur les routes du Tour de France. La fête promise a été pourrie par la polémique sur les oreillettes. Résultat, une course tronquée. Mais Mark Cavendish s'en moque. Le Britannique de l'équipe Columbia a mis à profit l'arrivée massive à Issoudun pour signer sa 3e victoire d'étape.
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Que dire sur cette 10e étape? Y a-t-il vraiment eu étape, d'ailleurs? Pas vraiment. Dans un climat de tension, une atmosphère presque délétère, ce 14 juillet, jour de fête, s'est transformé en jour de farce. La course a donné lieu à un mouvement de protestation larvé de la part d'une majorité d'équipes qui n'étaient pas d'accord avec l'obligation de déposer pour cette journée les oreillettes, outils permettant une liaison radio entre les coureurs et leurs voitures d'équipes.
Conformément à la mesure adoptée par l'Union cycliste internationale à la demande des organisateurs du Tour pour deux journées (dont cette 10e étape) à titre expérimental, l'ensemble des coureurs se sont présentés au départ de Limoges sans oreillettes. Le président du jury, représentant l'UCI sur la course, avait signifié aux équipes récalcitrantes (14 sur 20) qu'aucun coureur ne pourrait prendre le départ s'il était équipé d'une oreillette. Les réfractaires ont alors trouvé un moyen de gâcher la fête. D'abord en demandant à leurs coureurs de ne pas se mettre dans les échappés. Ou alors, d'y aller, mais sans jamais collaborer. Ce fut ainsi l'attitude de Mikhail Ignatiev, qui s'est retrouvé à l'avant, sans jamais prendre un relais avant les tous derniers kilomètres.
Prudhomme: "Les dés étaient pipés"
L'échappée en question s'était formée peu après le départ à l'initiative du Français Thierry Hupond, bientôt suivi de ses compatriotes Samuel Dumoulin (Cofidis) et Benoit Vaugrenard (française des Jeux). Trois coureurs issus d'équipes favorables à l'abandon des oreillettes. Eux ont donc fait la course, au contraire du quatrième larron, Mikhail Ignatiev, qui les a rejoints quelques instants plus tard. Un renfort bien inutile... . Ignatiev n'a pas collaboré dans l'échappée sur l'ordre de son équipe Katusha et l'écart a oscillé aux alentours de deux à trois minutes durant l'essentiel de ce parcours de plaine. Derrière, toutes les équipes ayant signé la pétition initiée par Johan Bruyneel contre la suppression des oreillettes ont collaboré en tête du peloton pour faire avorter l'échappée. Ce n'est qu'en toute fin d'étape que les formations de sprinters, les seules qui avaient objectif un intérêt sportif à mener la chasse, ont pris seules les choses en main.
Le quatuor, avantagé par le vent favorable et le concours d'Ignatiev (enfin !), a malgré tout défendu son avance jusqu'au bout, de 33 secondes encore aux 10 kilomètres. Hupond a été le dernier à être repris à 1400 mètres de la ligne. Si le déroulement de cette étape a eu de quoi dérouter, le dénouement, lui, était prévisible. A double titre: un sprint, et un sprint remporté par Mark Cavendish. Parfaitement emmené par l'équipe Columbia, l'Anglais a encore surclassé la concurrence. Thor Hushovd, trop juste en vitesse pure, n'a jamais pu revenir à hauteur de la terreur du sprint, se contentant de la deuxième place. C'est la troisième victoire de Cavendish sur ce Tour, la septième en cumulant avec les quatre succès en 2008.
Christian Prudhomme a peu goûté cette mascarade. Fait unique, le patron du tour s'est senti obligé d'intervenir sur le podium protocolaire après l'arrivée, pour venir féliciter Thierry Hupond, désigné coureur le plus combatif du jour. "Il faut remercier les animateurs de l'échappée, Hupond, Vaugrenard et Dumoulin. Il y avait avec eux une sangsue bien malgré lui. Ignatiev a pris quelques relais au début et a cessé de rouler à la seconde même où son directeur sportif s'est porté à sa hauteur. Je trouve que c'est dommage", a estimé Prudhomme. "Les équipes se sont coalisées pour faire en sorte qu'il y ait un sprint massif et le moins de spectacle possible. Les dés étaient pipés ", a-t-il estimé. Ce devait être une journée de fête, placée sous le signe de l'audace. Ce fut une journée de dupes. Ce Tour 2009 file un mauvais coton. Après l'offense faite aux Pyrénées, voilà le 14 juillet escamoté. Il est des traditions qui se perdent. Et des claques, aussi.
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